Music connection, épisode 1

Manque d'envie, manque de temps, oreilles saturées... ces derniers temps, j'ai sérieusement freiné mes achats de CD. Mais celui-ci m'a accrochée :






Cette demoiselle a un MySpace où l'on peut écouter quelques uns de ses titres. Alors certes, ce qu'elle fait n'a rien de révolutionnaire. Certes, elle a un pseudo mièvre à souhait (mais quand elle sera riche et célèbre, elle pourra s'offrir un conseiller en communication). Et certes, ses vidéos sur YouTube sont bif bof, à éviter à tout prix lorsqu'on a déjà des tendances dépressives.

Mais les chanteuses au style sobre, qui ne hurlent pas, se font rares, ces temps-ci. Celle-ci penche indéniablement du côté du minimalisme acoustique, c'est tout doux pour les oreilles.


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Rien à voir, sinon, mais toujours dans la catégorie musique, Africamix a attiré mon attention sur une soirée consacrée par Radio Nova à l'excellent Gil Scott Heron. Si vous ne connaissez pas, il vaut la peine d'être découvert... L'article d'Africamix est fort complet.


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Edit : il semblerait que je sois réllement parvenue (au terme d'une lutte épique et de plusieurs plantages d'Internet Explorer, allez savoir pourquoi) à intégrer un fichier mp3 à un post. Lecteur bien-aimé, sache que je suis trop fière de moi.

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Frites et chocolat

Déjeuner au resto avec The Man (pour qui je finirai bien par trouver un surnom digne de ce nom), Frère L., son épouse (Belle-soeur A.) et leur petite fille de 20 mois (Nièce M.).

13h10 : Le serveur apporte une assiette de frites pour Frère L. ; Nièce M. ouvre grand ses yeux pétillants et murmure "ffffffrites" en esquissant un large sourire.

13h30 : Belle-soeur A. sort le petit dessert chocolaté de la miss, Nièce M. se met à scander avec enthousiasme "colacola !" en tapant avec sa cuillère sur sa chaise haute.

Je suis rassurée, cette enfant a tout compris.
JHJHJHJHJHJH



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Fin de semaine

Fin de semaine, chuis lessivée, moi, tiens...

Encore une nuit blanche comme je les aime, reflet de mon mode de vie passablement débile et de mon organisation inexistante. Les deux derniers jours ont donc été un peu asphyxiants et ça ne va pas s'arranger ce week-end ni dans les deux semaines qui viennent.

A venir : un docu sur les paradis fiscaux, un livret de CD, un long article sur le droit d'auteur et les musiques de films, un docu sur les critiques de cinéma et le festival de Cannes (miam !), et peut-être quelques petites bricoles à caser ici ou là... Plutôt sympa, tout ça, je ne me plains pas.

Des choses à faire pour l'Ataa, également, ainsi que les récapitulatifs de l'année passée que me réclament divers organismes sociaux et fiscaux, et dont il faudrait que je commence à m'occuper.

Sans oublier les films à voir que je ne verrai sans doute pas pour cause de canapite aigue, le dernier numéro du Believer (spécial cinéma !) arrivé il y a quelques jours, mes bonnes résolutions cuisine à mettre en oeuvre...

Et puis accessoirement, ce ne serait pas plus mal de passer un peu plus de temps avec The Man, de voir Frère L. qui prend des jours de congés ces temps-ci pour garder ma nièce et future filleule, d'aller voir et écouter une vieille connaissance-copine du lycée dans Cosi fan Tutte au Théâtre de l'Athénée, bref, de respirer un peu...

Hier, j'ai commencé à mettre en oeuvre la dernière partie de ce vaste programme en allant prendre un pot avec Cousine A., une parente assez éloignée qui est au moins autant une amie de longue date qu'une cousine, à vrai dire. J'étais ravie d'échapper pour quelques heures aux griffes diaboliques de Stockhausen, mais en plus, il faut bien dire que Cousine A. a une super actu, comme on dit, puisqu'elle se marie dans quelques mois. C'est chouette, les copines qui se marient. J'ai beau être moyennement attirée par le mariage pour ma pomme, ça fait chaud au coeur quand c'est les autres.

Je pourrais vous raconter que Cousine A. avait les yeux qui brillaient et la voix qui tremblait. Qu'elle m'a détaillé la composition précise de sa pièce montée et raconté par le menu l'épisode de la demande en mariage (une alliance cachée dans une verrine de tiramisu au resto, son cher et tendre un genou à terre, ce genre de choses...). Que je me suis pâmée et ai ponctué son récit de gloussements, comme il se doit, en m'exclamant toutes les trois minutes : "Oh my God, that is soooo sweeeeeet!". Mais ce serait un peu exagérer, et puis la vie n'est pas une série américaine, non mais.

Malgré tout, c'était quand même l'occasion d'être un peu fleur bleue pour une fois et d'avoir une vraie discussion de fifilles (j'assume, si si) :

et les alliances ?

et la robe ?

t'invites qui ?

machin sera là ?

DJ ou pas DJ ?
(mental note : penser aux boules Quiès)

diacre ou curé ?
(oui, ben, ça compte pour certains...)

et ton témoin ?

et le témoin de ton mari ?
(ah, ce sera moi ? eh ben, pourquoi pas, hein, tu me diras... je suis ravie, bien qu'un peu étonnée, ayant rencontré son futur une fois dans ma vie et n'ayant depuis échangé qu'un ou deux mails avec lui !)

Et comme ça pendant deux petites heures à la terrasse ventée d'un café. Vous savez quoi ? J'ai beau ne pas être très mariages, j'ai quand même hâte d'y être (poil aux guêtres). Du coup, j'ai entamé ma nuit blanche avec Stockhausen l'esprit plus serein et réjoui que ce que je m'étais imaginé. J'vous dis, ça fait chaud au coeur quand c'est les autres.
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Perplexité

Notre recherche a développé l'idée d'une nouvelle morphologie du temps musical. On a étudié d'abord jusqu'à quel point les méthodes de structuration du temps pratiquées dans le domaine des durées seraient conciliables avec les méthodes de la composition sérielle des hauteurs de son. Nous nous sommes heurtés à une contradiction entre la composition des hauteurs et celle des durées. Il est apparu une deuxième contradiction fondamentale entre le matériau et la méthode, c'est-à-dire, en fin de compte, entre la musique instrumentale et la musique sérielle. Par-delà cette seconde contradiction nous avons tenté de conformer la méthode de composition des durées à celles des hauteurs. Il a été tenu compte toutefois des conditions naturelles d'une mise en oeuvre du temps (Zeitdarstellung) par des instrumentistes. Il en a résulté l'idée d'une polytemporalité (Vielzeitlichkeit) simultanée ou (sic) les strates de tempi pouvaient être réalisées par des groupes orchestraux dirigés séparément ou par de petits groupes instrumentaux indépendants. Il reste à savoir quelle sera l'attitude du compositeur de musique instrumentale sérielle face à la seconde contradiction, insoluble celle-là ; composera-t-il à nouveau de manière "tonale" ? ; acceptera-t-il la contradiction et cherchera-t-il à ce rapport dialectique une issue compositionnelle, dans la mesure où il s'avère souvent plus fructueux de partir d'une contradiction que de la définition "2 fois 2 font 4" ; rejettera-t-il l'ensemble de la musique instrumentale et ne composera-t-il plus que de la musique électronique ? ; ou bien cherchera-t-il à imaginer une manière d'amorcer une toute autre voie dans la composition pour les instruments, et cela à partir d'une conception fondamentalement nouvelle du temps musical ? L'évolution actuelle semble faire de ce dernier point le plus vraisemblable.

"... comment passe le temps...", Karlheinz Stockhausen. Article reproduit dans la revue Contrechamps n°9, "Karlheinz Stockhausen", éditions L'Age d'Homme, Paris, 1988. Traduction : Christian Meyer.


Ce bouquin est l'un des quatre ouvrages que j'ai empruntés à la biblio dans l'espoir qu'ils m'aident à comprendre ce foutu cet intéressant docu sur Stockhausen et à en restituer la substantifique moelle sous une forme claire, élégante et accessible en français.

Mais...

Comment vous dire ?

D'ici vendredi, c'est pas gagné.


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Rangement du dimanche

Le seul avantage à ranger, de mon point de vue, c'est de retrouver des babioles oubliées (et accessoirement, ma déclaration de TVA qui s'était glissée au milieu d'une pile d'articles sur le cinéma, quelle drôle d'idée).

L'apéro aux Buttes ayant été annulé pour cause de météo incertaine, j'ai entrepris de déblayer la couche supérieure du désordre qui recouvre mon bureau et suis retombée sur plein de petites choses qui m'étaient sorties de l'esprit.



Mon briquet moutons ! Que j'étais sûre d'avoir perdu à Noël...






Ce tout petit livre rigolo offert je-ne-sais-plus-quand-mais-ça-fait-un-bail par ma copine A. (qui me connaît bien, visiblement, et qui a toujours de bonnes idées) :




















Une perforeuse décorative utilisée pour la dernière fois en ... juillet 2007 pour les faire-part de naissance de ma nièce (j'ai honte, j'ai honte...).















Deux pin's La Fraise reçus avec une commande de T-shirts il y a... au moins un an. Ils étaient encore dans leur sachet d'origine (sans commentaire).



Sans oublier ce souvenir parfaitement inutile rescapé de ma semaine à Berlin l'an dernier, qui lui, va aller rejoindre un nombre de trucs incalculables dans le grand sac poubelle qui se remplit depuis deux heures...



Fin de la pause, j'y retourne...

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Voici ce que j'ai dans la tête tous les dimanches, la faute au générique de l'ami Philippe Collin et de son Mangin Palace dont la panique foutraque finit généralement par me sortir du lit quand je ronronne sous ma couette dominicale avec Inter en bruit de fond.









Je n'arrive pas à me décider : colorisé ou pas, ce clip ? Ce jaune, ce gris indéfinissable... Et puis ces vestons boutonnés trop haut, ce faux air de mauvais garçons bien peignés, ces franges, ce côté "j'ai avalé un manche à balai" (ou un pied de micro, allez savoir)... C'est sûr, c'est pas M6 Music Hits.

Savez-vous qu'il existe environ mille et une versions de cette chanson dont l'origine se perd dans la nuit des temps (j'exagère un poil, notez l'efficacité incontestable de cet effet de style rare) ? Je ne vous ferai pas le coup de la culture musicale incommensurable, j'avoue que j'ai découvert ça assez récemment - jusque là, j'en étais restée à une seule et unique autre version bien connue, rapport à ma copine d'enfance C. qui écoutait Johnny en boucle à l'aube des années nonante.

Parmi les autres, donc, il y en a plein qui sont au moins aussi chouettes que celle des Animals - celle de Nina Simone, qui donne des frissons, celle d'EverEve dont le début réveille en moi un vieux fond gothique (inexistant, en réalité), celle de Dolly Parton, qui me sert d'antidépresseur (les années 80, leurs arrangements pourris et leurs paillettes ont tendance à me rendre hilare, je ne sais pas pourquoi), sans oublier Frijid Pink qui, il faut l'avouer, déchire relativement sa race. On dirait que tout le monde ou presque est passé par ce pénitencier de la Nouvelle-Orléans : de Bob Dylan à Bon Jovi (raccourci osé, ma foi), en passant par Toto, Scorpions, Idris Muhammad, Duran Duran, Muse, Sinead O'Connor, Joan Baez et les Beatles.

Mais allez savoir pourquoi, je reste fidèle à celle des Animals. Il faut dire qu'elle est liée pour moi à la BO de Casino, et la BO de Casino, c'est tout un truc. Un double CD que j'ai écouté et réécouté pendant pas mal d'années, une trentaine de titres qu'on a dans les oreilles pour 8 jours une fois qu'on les a entendus.
Dans le film, c'est facile : la chanson des Animals se fait entendre au moment où tout commence à partir en couille pour à peu près tout le monde, à 10 minutes de la fin environ. Sauf qu'au lieu de finir à la maison du soleil levant, ces gens se font tabasser à coups de batte, exécuter à bout portant ou cramer dans leur voiture. That's rehabilitation for you. Le côté dark romantic et moralisateur de la chanson n'en est que plus délectable, je trouve, surtout avec cette sonorité d'écho qui accompagne sa diffusion, comme une vieille mise en garde que ces personnages peu recommandables auraient entendue dans leur jeunesse et qu'on leur balancerait à la figure (ensanglantée) now that it's payback time. Petit extrait choisi totalement au hasard (mais totalement) :



Ce rouge, ce rose indéfinissable... Et puis cette cravate ton sur ton et ce ridicule pantalon blanc, ce trop-plein de gomina, cette clope brandie ostensiblement, ce côté "je suis cool et je le sais"... C'est sûr, c'est du Scorsese, et Bob a la classe. Envers et contre tout.

Voilà donc l'état de mes réflexions quand se termine le générique de "Panique au Mangin Palace", légèrement étouffé par un bout de couette et un oreiller qui recouvrent le radio réveil. Mon lit est douillet, il ne me reste qu'un peu de boulot sur le docu "Jeffrey Tate", un apéro aux Buttes-Chaumont se profile en fin de journée... Vous savez quoi ? Je crois que la journée sera faste.

Bon dimanche !
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Ecouter Jeffrey Tate

Je travaille ces jours-ci sur un documentaire de 52 minutes ("un 52 minutes", quoi - tiens, à l'occasion, je ferai un petit glossaire des expressions typiques de la traduction audiovisuelle) sur le chef d'orchestre Jeffrey Tate. Je ne connaissais pas du tout ce monsieur, qui est pourtant une sommité, dans son genre. Il n'est ni chaleureux ni particulièrement sympathique, mais curieusement, il me plaît beaucoup.

Déjà, c'est un Anglais pur jus de Salisbury, avec un accent très marqué (mais pas snob pour deux sous, hou-hou) et une façon inimitable de dire des choses du style "it's absolutely fascinating" ou "I am a nut for Strauss". Et ça, j'adore. Parce qu'à force de traduire de la téléréalité américaine et des intervenants allemands, turcs ou islandais qui s'expriment dans un global English certes correct mais profondément dénué de charme, j'en oublierais presque comment parlent les vrais-de-vrais Anglais.

Mais en plus, il dit des choses intéressantes (et ce n'est pas toujours le cas en documentaire...) Par exemple, il compare la porcelaine de Meissen du début du XVIIIe siècle à la musique de Bach (1685-1750, donc). Ça a l'air moyennement groovy, présenté comme ça, mais en fait, c'est très bien vu (et puis je vous rassure, sur les 52 minutes, la digression "porcelaine" dure 3 minutes tout au plus) : fin connaisseur, mister Tate a tout de suite détecté une parenté entre ces deux arts, dans la maîtrise technique absolue, la simplicité des lignes alliée paradoxalement à une surcharge d'ornement(ation)s et à d'extravagantes courbes (sur les soucoupes)/envolées (dans les fugues)...

J'aime bien les documentaires bien fichus qui mettent en lumière, comme ça, des parallèles, des parentés inattendues, des petits détails éclairants. Ça m'amuse aussi de voir comment le réalisateur fait ses choix : il a suivi le personnage principal de son docu pendant plusieurs jours, et il garde au montage cette petite séquence sur la porcelaine, parce qu'elle lui paraît plus qu'anecdotique. C'est l'occasion de révéler une autre facette du bonhomme et de le faire parler de son propre rapport à l'art en empruntant des chemins détournés. Rien d'inhabituel dans ce procédé, sans doute, mais ces petits moments-là sont toujours une bouffée d'air frais appréciable entre repères biographiques et blablas sur les mérites respectifs de Wagner et de Britten.

Par ailleurs, Jeffrey Tate a eu une vie pleine de chemins de traverse aussi : une enfance passée entre un fauteuil roulant et un corset pour cause de malformation de la colonne vertébrale. Une découverte de, puis une rencontre avec Britten dans ses jeunes années. Une première carrière dans la chirurgie oculaire, puis un virage à 180° vers la musique à 35 ans. Des débuts comme répétiteur au Royal Opera House et accompagnateur de Georg Solti (il pensait alors rester un "homme de l'ombre", le naïf !). La révélation Wagner. Etc, etc. Pour la suite de sa carrière, voyez par exemple cette page biographique factuelle sur le site de France Musique. Pour le reste, l'homme, l'artiste, son énergie, tout est dans le docu...

Après ça, j'enchaîne sur un 52 minutes consacré à Karlheinz Stockhausen. Je vous en dirai des nouvelles (aïe, les oreilles).


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A supporter définitivement (whatever that means)

Au programme aujourd'hui, shopping de traductrice. Voici ce que j'ai reçu ce matin au courrier :

Un sympathique petit volume de 200 pages environ découvert sur Internet un peu par hasard, publié par les Presses de l'Université de Laval (les "PUL", donc !) et commandé d'un clic sur le site d'une grande-enseigne-qu'il-est-de-bon-ton-de-dénigrer-mais-bon-qui-rend-bien-service-quand-même (surtout quand on a un DVD à acheter en même temps, en l'occurence celui des Prédateurs, l'excellente série de Canal sur l'affaire Elf).

Ce bouquin est une bonne occasion de "sarcler [son] jardin langagier", comme le suggère la quatrième de couverture, avec plein d'expressions inexactes qu'on entend souvent à droite à gauche - et qu'on finit par utiliser les jours de fatigue, de "déménager à...", à la "pointe de l'iceberg", en passant par le fameux "bloc d'appartements".

En même temps, malgré les multiples imperfections de mes traductions, jamais je n'aurais imaginé utiliser des expressions du style...

"C'est la paille qui a cassé le dos du chameau" (la goutte d'eau qui a fait déborder le vase - celle-là, elle est facile)

"Pousser l'enveloppe" (to push the envelope? Oh my God, what is that? "Repousser les limites du possible, forcer la dose", me dit-on. Bien-bien, comme quoi on en apprend tous les jours...)

"Se mettre le pied dans la bouche" (j'essaie de visualiser... non, vraiment, j'vois pas... ah, "mettre les pieds dans le plat", d'accord...)

"Faire un fou de soi" (hmm, let me guess... to make a fool of oneself? Ah ouais, quand même, y en a qui n'ont peur de rien...)

"Faire face à la musique" (to face the music, faire front, prendre le taureau par les cornes... Sérieux, vous vous voyez dire : "J'ai su faire face à la musique et prendre les décisions qui s'imposaient" ? Noooon, j'y crois pas une minute... )

Et une petite dernière qui me plaît beaucoup :
la "cueillette des vidanges".

La QUOI ?

Le ramassage des ordures ménagères.

Ach so... Tout ça me laisse songeuse, je vous l'avoue.


Deux grands absents à signaler, tout de même.

D'abord, ce définitivement qui a le don de me hérisser à chaque fois que je l'entends. Du genre : "L'arbitre confirme, la balle est définitivement sortie du court." Merde, elle reviendra plus, alors ? Dites, comment on continue le match ?

Et bien sûr, le merveilleux verbe supporter, mis à toutes les sauces depuis quelques années et qui au passage peut donner lieu à de jolies ambiguïtés, comme dans la phrase suivante, que m'inspire un rapide zapping sur la Nouvelle Star en ce mardi soir placé sous le signe de la rigueur intellectuelle et de la culture exigeante : "Ma fille veut devenir chanteuse. Je la supporte depuis 3 ans."

Tu l'as dit, bouffi !

Hi hi hi.
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Un week-end dans la ville rose

Retour d'un week-end à Toulouse, donc. Soleil au rendez-vous, température supérieure à 20°, flâneries dans les rues bondées (mais de gens pas stressés), première(s) terrasse(s) de l'année, bronzette express sur le bord de la Garonne, déjeuner dominical qui se transforme en réunion de famille... Le tout, sans allumer un seul ordinateur, sans consulter nos mails (enfin juste une fois, mais on est restés 10 minutes montre en main au cyber-café, donc ça compte pas) et sans penser aux traductions en cours ou à venir.


Bilan, conclusions, et autres enseignements :

1. On devrait prendre des week-ends plus souvent.

2. On devrait prendre des week-ends au soleil plus souvent.

3. On devrait déménager.


Petit album photo, pour compléter ce mini-récit.

La tempête de janvier a laissé des traces dans le jardin de mon oncle :



Les mimosas étaient en fleurs :


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Découverte d'une belle photo de mon grand-père (que je n'ai pas connu) sur le piano de la chambre d'amis :


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Promenade du samedi...

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C'était bien, quoi.
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Jour de souffrance


Il était une fois un bureau - petit, certes, mais fort pratique et carrément indispensable - doté d'une fenêtre - en hauteur, certes, mais fort pratique et carrément indispensable quand on travaille 10 heures par jour dans le bureau en question. Jugez plutôt (comme on dit) :



Or il advint qu'un méchant promoteur immobilier décida de construire un immeuble de luxe devant ladite fenêtre. Pas à 20 centimètres du mur, hein, vraiment tout contre. Il paraît qu'il est dans son droit, que la fenêtre n'est pas une fenêtre, mais ce qu'on appelle un "jour de souffrance". "Jour de souffrance" ? Moi non plus, je n'y croyais pas, au début. Il y aurait de quoi disserter des heures sur la beauté du jargon juridique - ce "jour de souffrance" a un double entendre (as the English say) que je trouve absolument délicieux, malgré les circonstances.

Je vous passe les détails juridiques, une procédure est en cours, c'est très long et pas marrant du tout.

Toujours est-il qu'il y a trois semaines, j'ai vu les premiers échafaudages apparaître devant ma fenêtre. Et ça ressemblait à ça :



Je ne sais pas pourquoi, cette photo grisâtre, ces chaînes et ce truc indéfini sur la droite m'évoquent Brel et le Port d'Amsterdam. Je ne suis pas une ingrate, je reconnais que cette ambiance "cale de navire" donne un petit charme maritime supplémentaire au quartier. D'autant qu'il y a l'ambiance sonore qui va avec : les cris des mouettes des ouvriers, le fracas des vagues des perceuses qui a remplacé celui des marteaux-piqueurs du début, et les murs qui vibrent comme la salle des machines d'un porte-conteneurs. Une invitation au voyage digne des plus grands.

"Un bateau, mené à la mer par les marins qui sur la jetée tiraient la corde, partait. Un beau mousse d'une quinzaine d'années se penchait à l'avant, tout au bord ; à chaque vague, un croyait qu'il allait tomber dans l'eau, mais il se tenait ferme sur ses jambes solides. Il tendait le filet pour ramener le poisson et tenait une pipe chaude entre ses lèvres salées par le vent. Et le même vent qui enflait la voile venait rafraîchir les joues de Baldassare et fit voler un papillon. dans la chambre. Il détourna la tête pour ne plus voir cette image heureuse des plaisirs qu'il avait passionnément aimés et qu'il ne goûterait plus. Il regarda le port : un trois-mâts appareillait. 'C'est le bateau qui part pour les Indes', dit Jean Galeas. Baldassare ne distinguait pas les gens debout sur le pont qui levaient des mouchoirs, mais il devinait la soif d'inconnu qui altérait leurs yeux ; ceux-là avaient encore beaucoup à vivre, à connaître, à sentir. On leva l'ancre, un cri s'éleva, et le bateau s'ébranla sur la mer sombre vers l'occident ou, dans une brume dorée, la lumière mêlait les petits bateaux et les nuages et murmurait aux voyageurs des promesses irrésistibles et vagues."

Marcel Proust, Les plaisirs et les jours (de souffrance ? Meuh non, enfin, faut suivre un peu).


Fin de la digression. 48 heures plus tard, les échafaudages ont disparu de mon champ de vision. Fausse alerte ? Arrêt du chantier ? Faillite du promoteur ? Refonte totale des plans ? L'espace de quelques jours, je me suis fait des films, prise d'un espoir fou, j'ai confectionné un autel païen et récité 150 "I believe (I can fly)"...

Bah non, faut pas rêver. Une semaine plus tard, j'ai vu poser la première rangée de parpaings. Et maintenant, la fenêtre est comme ça :



Là, je ne sais même plus ce que ça m'évoque. Des barbelés sur un champ de bataille, peut-être ? Cela fait quelques jours que c'est comme ça. J'attends la suite avec une impatience non dissimulée.
(Dans le prochain épisode : début de claustrophobie, enquête sur les murés vivants et dissertation sur la forme des briques.)


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Voir un génie au travail

Bien qu'étant une inconditionnelle de Scott Ross et du Fandango du Padre Soler depuis de longues années, je n'avais jamais eu l'occasion de voir ce document vidéo. C'est pour moi une découverte toute récente et très émouvante. Tout le monde n'est pas amateur de clavecin, je comprends qu'on n'en apprécie pas la sonorité parfois un peu ingrate. Mais je t'en prie, cher lecteur, si ce son métallique n'est pas à ton goût, persévère quand même, ne serait-ce que quelques minutes, le temps de voir un de ces plans des mains de Scott Ross filmées du dessus. Fabuleux, non ?




J'ai tenté de contacter M. Bessonnet/G. B. Productions pour savoir d'où sortait cet enregistrement vidéo et s'il était possible d'en avoir une copie un peu plus officielle, mais point de réponse à ce jour.
Des infos à ce sujet ? Balancez, je suis preneuse...

Si vous ignorez tout de Scott Ross, merveilleux claveciniste disparu trop tôt, consultez par exemple cette page qui présente une biographie complète, et surtout, la liste de ses enregistrements.

Le clavecin à l'image est l'oeuvre de David Ley.


En prime, une version inattendue du même Fandango, mais interprété à deux guitares. Une découverte faite au fil de mes flâneries youtubesques.


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Voyages et rêves d'une traductrice


Cette semaine, destination Istanbul (et le tunnel sous le Bosphore). La semaine dernière, c'était la Grèce (antique), celle d'avant, la Tchécoslovaquie (des années 30-40) et l'Islande (et ses chevaux).

L'avantage de traduire des documentaires, officiellement, c'est qu'on enrichit constamment sa culture générale.

Le gros inconvénient... c'est qu'on ne choisit pas ses sujets.

Récemment, j'ai beaucoup souffert avec un animalier insipide sur les pigeons ; un programme décortiquant un opéra de Janacek (j'aime pas Janacek) ; une télé-réalité indigeste mettant en scène des pseudo-spécialistes de la personnalité ; un docu touristique sur les îles danoises un peu plan-plan.

Mais pour tout vous dire, je n'ai pas vraiment le choix. Je me farcis donc de passionnants sites consacrés au pigeons rouleurs et autres gouras de Victoria, écoute consciencieusement (et plusieurs fois, si-si, j'vous jure) La petite renarde rusée, potasse des guides touristiques sur les îles danoises et me renseigne avec intérêt sur le mode opératoire des pêcheurs desdites îles.

Pourtant, j'ai des rêves...

Des rêves de beaux documentaires sur la musique baroque, sur les débuts du jazz, sur l'Art nouveau, sur l'Irlande, sur l'Afrique de l'ouest, sur les claquettes, sur les auteurs allemands du début du XXe, sur l'Expressionnisme, sur le cinemaaaaaaa, sur la danse classique, sur Max Sebald, Gustav Klimt, Kafka, Ingeborg Bachmann ou Albrecht Dürer.

Des rêves de vieux films américains à sous-titrer.

Des rêves d'opéras.


(sauf Janacek)


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Je suis une spécialiste des piles intermédiaires.

Vous connaissez ?

Non ?

C'est que vous n'êtes pas un(e) bordélique pathologique. Moi oui. Quand je range, ce qui m'arrive au mieux une fois par mois, je fatigue très vite. Alors je fais des piles intermédiaires pour les trucs qui ne sont pas vraiment rangés, mais plus vraiment en bazar non plus, puisqu'ils sont en pile.

J'aimerais que ce blog soit à cette image : des liens, des réflexions, des articles plus ou moins futiles qui ne seront pas vraiment classés, pas vraiment rangés, pas trop bordéliques non plus.
Quelques "piles intermédiaires" pour ranger provisoirement ce qui me viendra à l'esprit.

Ce qui me viendra à l'esprit sera sans aucun doute modeste et aussi vite oublié que lu. C'est normal, ce ne seront que des piles intermédiaires, destinées à disparaître un jour de grand ménage de printemps.

Bonne lecture.


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