"Sehnsucht" est l'un de mes mots préférés de la langue allemande en tant que germanophile. Et l'un de ceux que je redoute le plus en tant que traductrice. Ce mélange de désir et de nostalgie ne se traduit jamais deux fois de suite de la même façon - et il est parfois carrément impossible à traduire dans toute sa richesse, à mon grand regret.

Mais c'est vrai, les signes sont là : tout me ramène à Berlin, ces temps-ci.

Ça a commencé par la nouvelle traduction de Berlin Alexanderplatz par Olivier Le Lay, parue au printemps. Pour ceux qui ne connaîtraient pas ce monument de la littérature allemande, c'est en deux mots un roman foisonnant, fabuleux et à première lecture intraduisible (encore un). Assouline en a parlé il y a quelques mois dans un billet fort joliment intitulé Retour en majesté d'Alfred Döblin.

Ça a continué avec un article paru dans Télérama (personne n'est parfait) qui décrivait avec une grande justesse la déception du lecteur fan de Berlin Alexanderplatz arrivant de nos jours sur cette place mythique : disparu, le fourmillement pittoresque décrit dans le roman. Ne reste aujourd'hui qu'une place immense, un peu impersonnelle, reconstruite à la mode socialiste après les bombardements de la deuxième guerre mondiale.


Se remémorer en vrac des bribes de pages lues et sentir le poids de l'histoire alentour. Essayer, en vain, d'apprécier cette architecture ex-futuriste, roide, grandiloquente. Et marcher encore. Lentement. S'imprégner des sons, de cette lumière si vive en cette fin de printemps resplendissant. S'interroger sur ce que l'on va découvrir, sur ce que l'on sera capable d'entrapercevoir, là-bas, sur cette place au nom emblématique - gens, ambiances. Espérer y capter une image des années 30, de ce Berlin de l'entre-deux-guerres bouillonnant, entre misère, révolte et nazisme bientôt triomphant. Et, pour corser l'improbable aventure, s'imaginer y croiser des êtres et des personnages de fiction, tous fantômes liés par une même humanité tenace, si fragile.

Article "Les fantômes de l'Alexanderplatz", Martine Laval, Télérama n° 3106

Puis il y a eu l'exposition consacrée au Bauhaus dont j'ai entendu parler à la radio début août. Ayant pris l'émission en cours, j'ai eu l'espoir un court instant que cette expo se passe à Paris... et puis non, bien sûr. Elle n'a pas lieu à l'habituel musée du Bauhaus de Berlin (musée que j'avais trouvé un peu décevant quand je l'avais visité en 2003 en raison d'un accrochage bien poussiéreux), mais dans le Martin-Gropius-Bau, autre lieu d'exposition berlinois.




Le Bauhaus, c'est la grande passion de mes 18 ans, un courant novateur du début du vingtième siècle qui a révolutionné les conceptions du design et de l'architecture en son temps (en me relisant, je me rends compte qu'on pourrait comprendre que j'avais 18 ans au début du vingtième siècle : il n'en est rien). Une école où enseignèrent Oskar Schlemmer, Vassily Kandinsky, Paul Klee, Mies van der Rohe ou encore Walter Gropius himself. Un petit coin de progressisme et de modernité extrême, une étrange communauté baba-cool avant l'heure dans une Allemagne qui était sur le point de très mal tourner. Bref, un mouvement et un phénomène qui continuent de me fasciner pour diverses raisons - et une expo que je rêve de voir.

Oskar Schlemmer, Bauhaustreppe (l'escalier du Bauhaus)

N'oublions pas la P'tite Maikress qui annonçait fin juillet sur son blog qu'elle partait bosser son allemand à Berlin pendant un mois. Ouais ! Tout un grand mois ! A Berlin ! Franchement, y en a qui ont de la chance.

Et puis mine de rien, on approche de la commémoration des vingt ans de la chute du Mur. La liste des manifestations organisées à cette occasion est longue comme le bras, il y a de quoi faire.

Berlin me manque, quoi.

Malheureusement, pas de week-end en vue pour partir à Berlin. Pour l'instant, Angoulême, Quimper et Hambourg sont mes priorités - et encore, je ne suis pas sûre d'arriver à concrétiser ces trois déplacements, rapport à ma léthargie habituelle et aux mangeurs de temps qui m'a déjà rattrapée, à peine rentrée de vacances.

Affaire Sehnsucht à suivre, donc...




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Ô joie


En explorant les archives de la chouette émission sur les séries télévisées proposée par France Culture cet été, j'ai entendu une info essentielle qui a achevé de me réconcilier avec la vie et qu'il me faut partager avec toi, bien cher lecteur de ce blog amateur sans nul doute du meilleur des années 80.

tilidom.com

Sur ce, je vous laisse : j'ai une horrible crampe à l'index du pied gauche (mais sans doute pas pour longtemps, puisque le chevalier (et sa monture), nouveau héros des temps modernes, dernier recours des innocents et des sans-espoir victimes d'un monde cruel et impitoyable (voui voui), est de retour).

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Quelle délicate attention


Ce blog a tous les défauts du monde, j'en conviens bien volontiers, mais tu avoueras, lecteur décidément toujours aussi sévère de ce blog, que j'y frime assez rarement en parlant de mes potes people ou de mes dernières acquisitions de maquillage. Sans doute parce que j'ai finalement assez peu de contacts dans le show-biz et encore moins d'affinités avec les cosmétiques.

Donc pour une fois que j'ai l'occasion de faire les deux, tu penses bien que je ne vais pas me priver, hé hé, lecteur certes sévère mais un rien midinette de ce blog (ouais, ouais, ça va, pas la peine de le nier, on l'est tous un peu - et puis on est entre nous, quoi).

Car sache que pendant que je me la coulais douce sur les plages de sable fin sous les marronniers strasbourgeois, il y avait quelqu'un qui occupait mon appartement : une tante de The Man qui est en fait la Claire Chazal du Sénégal. Si si. Mais en plus sympa (enfin chais pas, parce que si Claire Chazal était la tante de mon cher et tendre, je la trouverais peut-être moins antipathique, hein, c'est difficile à dire, tout est possible, y a plus de saisons, passe-moi le sel et tout et tout).

Voilà pour la partie "people".

(Nan parce que tu t'attendais à quoi, hein, lecteur ParisMatchoCloserophile de ce blog ? Tu es comme les autres, finalement, un vrai vautour à l'affût de ragots sordides dont tu pourras te repaître en toute quiétude, dans l'anonymat confortable que t'offre ton écran d'ordinateur. Tu me déçois un chouia, je le dis comme je le pense.)

Or cette dame fort sympathique, donc, était semble-t-il ravie de son séjour dans mon humble demeure sans doute en raison de la fenêtre bouchée dans le bureau, qui confère désormais à cet appartement un charme si particulier. Du coup, en partant, elle m'a laissé un paquet de noix de cajou sénégalaises (terribles pour la ligne, mais trop bonnes, d'ailleurs y en a plus) et une petite merveille, un truc que j'avais jamais vu (ce qui n'a rien d'étonnant, à bien y réfléchir, vu que je ne lis pas Biba et que je ne mets les pieds dans le Sephora des Champs-Elysées qu'une fois par an environ pour renouveler mon stock d'Eau d'Issey, avant de ressortir fissa parce que ça cocotte et qu'il y a à mon goût beaucoup trop de touristes au mètre carré) :






(Note aux mâles peu versés dans le maquillage Dior qui passeraient par ici : le truc à l'intérieur, c'est du blush, un machin qu'on se met sur les joues pour se donner bonne mine, notamment lorsqu'on a naturellement un teint cadavérique, comme votre blogueuse dévouée).


C'est mignon comme tout (l'expression exacte qui retentit dans ma tête est même : "sssoooo precious!"), on dirait un vrai petit bijou sauf qu'il y a du maquillage dedans, ce qui en fait serait un peu bizarre pour un bijou. A tel point que je ne suis pas sûre que j'aurai le coeur d'utiliser un jour cette petite chose ravissante et délicate (ouais, mais en même temps, je ne vais pas non plus la mettre dans une vitrine et me prosterner devant dix fois par jour, hein).

Bref, je suis tout attendrie.


Et je viens de faire une note 100% girly. Hi hi. Enfin, 80% girly et 20% midinette, mais on ne va pas chipoter.
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Ouf

J'ai trouvé un site qui allait me permettre de perdre plusieurs heures de façon totalement futile avant de me remettre à mes traductions.

Ouf.

Chuis pas passée loin d'une vraie après-midi de boulot, moi...
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Il y eut...



... la lecture obligatoire à Nièce M., TOUS LES JOURS (avec parfois un bis avant le coucher), de deux ouvrages littéraires essentiels et visiblement fort populaires parmi la jeune génération.

Malgré plusieurs tentatives de diversification (vers d'autres classiques aux doux titres de Allons, Grison et Une histoire de souris, par exemple), la demoiselle n'en a pas démordu.

Si votre curiosité est en éveil et que vous vous demandez où est, dans les faits, la maison des trois petits cochons, sachez qu'on la trouve à la fin du livre, mais qu'elle est "interdite au loup" (ou "atadilolou", pour citer Nièce M.).


... le concert de l'homme au chapeau, sympatoche, relativement intimiste et chaleureux malgré le cadre peu glamour du parc des expositions de Colmar (l'Alsacienne à coiffe qui figure sur le billet n'était fort heureusement pas de la partie).




... la plongée dans les papiers de famille germano-lorrains, toujours intrigants. Et la résolution prise, cette fois, d'écrire à l'état civil et aux archives de Mannheim pour en savoir un peu plus sur cet arrière-grand-père allemand disparu on ne sait trop comment en 1921 et longtemps demeuré un tabou dans la famille de mon père (Ein Deutscher in der Familie? Ach, unvorstellbar...).




... dans la foulée, la numérisation systématique d'une pile de photos d'un autre temps, depuis les mariages des arrière-grands-parents dans les années 1910 (époque où la moustache était visiblement top fashion, en Normandie comme en Lorraine) jusqu'aux vacances ensoleillées des grands-parents, 60 ans plus tard. Curieux visages, inconnus pour la plupart, et bizarrement familiers tout de même, puisqu'on y retrouve le sourire d'un oncle, la moue boudeuse d'une nièce ou le nez d'un frérot.


... quelques films, trop peu nombreux à mon goût.



...la relecture approfondie, crayon à la main le feuilletage de l'autre ouvrage essentiel de l'été, celui qui inspirera ma plume alerte pour participer aux Harlequinades 2009 (Cousine A., puisque tu passes parfois par ici, ce serait-y pas toi qui aurais gardé mon exemplaire de cette passionnante bluette ?). J'y ai trouvé les germes d'une comédie humaine à l'américaine, je ne vous dis que ça.



... d'innombrables après-midi en terrasse, et autant d'occasions de papoter et de cancaner, le tout en revoyant de vieilles copines pour certaines presque perdues de vue mais pas tout à fait. Et en goûtant un peu au soleil chaud de ce beau mois d'août.

Miam.


Demain ou après-demain, je reprends vraiment pied, c'est promis.

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Le bleu de l'été...

The green leaves of summer...


C'est fini.



Il est temps de défaire les valises, de commencer à voir peler misérablement le bronzage doré léger hâle acquis de haute lutte au prix d'une allergie au soleil, de rebrancher la box toute moche qui me connecte au monde, de rouvrir les dictionnaires qui dorment sous une épaisse couche de poussière (comment ça, j'en fais trop ?) et de retrouver mon bureau slash sauna slash cellule monacale slash chambre noire.

Côté "verre à moitié vide", j'ai trop pas envie d'être rentrée (zavez remarqué qu'on oublie aussi comment écrire en français, pendant les vacances ?). Mais personne ne veut me faire de mot d'excuse pour la maîtresse, j'en déduis que je n'ai pas tellement le choix et qu'il faut reprendre le quotidien parisien.

Côté "verre à moitié plein", je cherche encore, mais je ne désespère pas de trouver.


On dirait, comme ça, que j'ai passé six mois de foooooolie super dépaysants en Australie ou au Yémen, hein ? Ben nan, pas vraiment. Pas du tout du tout, en fait. Mais c'était bien quand même. And it sucks to be back.

Na d'abord.


Notez que les vacances n'ont en rien émoussé mon talent, que dis-je, mon don inné pour les conclusions percutantes. Ouf et autres interjections soulagées.



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Blog en (vraies) vacances


Rare lecteur de ce blog, sache que si je ne disparais pas d'ici samedi matin sous un amas de papelards, de dictionnaires, de mégots de cigarettes et de caféine, je devrais normalement fermer boutique et partir au soleil pour une grosse semaine. Voire carrément 10 jours. Ou plus. Unbeulivèbeul, hein ?

Enfin.

Enfin la vraie pause tant attendue. Sans boulot !

Sauf s'il y a des corrections à faire sur le docu rendu hier matin. Sauf si le nouvel épisode de la nouvelle série que je traduis pour un nouveau client en alternance avec une consoeur arrive dans les jours qui viennent. Et sauf si le client qui ne m'a pas répondu au sujet des schémas et des tableaux manquants dans ses textes se réveille et me les envoie par mail la semaine prochaine.

Mais je ne vois pas pourquoi je laisserais ces hypothèses fantaisistes me gâcher le plaisir dans l'immédiat.

Et dans l'immédiat, justement, j'ai suffisamment de trucs/soucis/boulot/bazar à faire/traiter/terminer/ranger pour occuper à plein les 48h qui me restent. Je mets donc ce blog officiellement en (vraies) vacances.

Très belle fin de mois d'août à toi, lecteur estival de ce blog, et à dans quelques jours ou semaines.



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Ayé.

La trêve estivale est terminée, les étranges bonshommes en short ont recommencé à donner des coups de crampons destructeurs dans des pelouses bien entretenues.

Et la lutte pour le contrôle de la télécommande a repris entre votre blogueuse dévouée et sa moitié.

Mais alors que la rentrée approche à grands pas, tentons de positiver, envers et contre tout : après Friends et l'accord du participe, hier, les éliminatoires du Mondial 2010 sont l'occasion, aujourd'hui, de réviser un peu de géographie et de vérifier l'emplacement exact des îles Féroé (emplacement quelque peu approximatif dans mon esprit, jusqu'à ce matin), où l'équipe de France joue ce soir cet après-midi je sais pas quand.

Ô, gente chaîne franco-allemande qui me fais vivre ! Quand me proposeras-tu de traduire un beau documentaire sur lesdites îles, leurs millions d'oiseaux marins, leur lointaine histoire celtico-norvégienne, leurs fjords spectaculaires et... leur équipe de football ?


Bon, là j'ai fait le maximum. Si vous réussissez à trouver d'autres aspects positifs à la reprise du foot, be my guest(s).


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Un bon exemple de franche camaraderie confraternelle


Quand on est auteur de sous-titres et qu'on en informe le quidam lambda que l'on vient de rencontrer dans un cocktail mondain, il n'est pas rare d'entendre en retour la remarque suivante :


"Ah ben y a du boulot, hein. Les sous-titres à la télé/sur les DVD/au cinéma (rayer la mention inutile), ils sont souvent nuls. Y a plein de fautes d'orthographe. Et pi vous traduisez pas tous les mots. D'ailleurs justement, l'autre jour..." (Suit une anecdote fort émouvante sur le dernier film qu'a vu le quidam lambda au cinéma, dans lequel il a repéré une erreur de traduction qui n'en est pas une, ou un sous-titre de cinq mots destiné à traduire une longue phrase prononcée à toute allure).

Mais plus le temps passe, plus je m'aperçois que les pires languedeputages sur le boulot des traducteurs audiovisuels n'émanent en fait pas des spectateurs (ces sympathiques profanes), mais plutôt des autres traducteurs.

Et votre blogueuse dévouée ne fait pas exception à la règle, malheureusement. Certes, comme je ne suis qu'amour gloire et beauté, j'envoie de temps en temps un mail enthousiaste aux copines/pains dont j'ai vu le nom à la fin d'un sous-titrage vraiment chouette. Il m'arrive même de pondre une ode vibrante à la gloire du doublage de certains films.

Mais le plus souvent, il faut bien l'avouer, c'est quand même beaucoup plus marrant de chercher la petite bête et de pousser des soupirs d'exaspération en prenant à témoin The Man (qui, en sympathique profane, veut bien être de mon avis, mais ne se sent pas particulièrement concerné par la question). Le tout, bien sûr, en étant persuadée que j'aurais forcément fait mieux si on avait eu le bon sens de me confier cette traduction. Il est d'ailleurs relativement facile de s'en convaincre quand on fait soi-même très peu de sous-titrage de fiction, puisqu'on sait pertinemment qu'on a assez peu de risques de sous-titrer un jour le même film. Comme tu le vois, lecteur atterré de ce blog, ta blogueuse dévouée est non seulement aigrie, prétentieuse et médisante, mais en plus, elle ne se mouille pas (bientôt, un billet sur ma gentillesse naturelle, mon grand coeur et mon audace légendaire).

Bon, mais au-delà de cet aveu, où vais-je, en réalité ? Et à quoi nous mène ce passionnant développement ?

A ceci : pour me remonter le moral - un peu en dents de scie ces temps derniers - j'ai ressorti l'arme fatale : ma pile de DVD de Friends. Jusqu'à présent, je n'avais jamais regardé les sous-titres français (reformatés par SDI pour la sortie DVD) et comme j'ai déjà entendu divers confrères le dire, il est vrai qu'ils laissent une impression un peu mitigée. Mais en même temps, qui suis-je pour critiquer (hein, je vous le demande) ? Les sitcoms sont typiquement des programmes difficiles à sous-titrer : ça jacte sans arrêt, il y a plein de références 100% américaines impossibles à laisser en l'état, les jeux de mots fusent, tous plus débiles et intraduisibles les uns que les autres, et le rythme des dialogues est épuisant. Pas la peine d'être inutilement sévère, donc.

Mais quand même, quand j'ai vu ça, j'ai fait un mini-gloups :






Touche "pause".

Doute.

Ouverture de mon fidèle Grevisse, jamais bien loin.





Hmm, oui, c'est bien ce que je me disais. Ce qui me permet d'écrire la réponse pas très sympa qui s'était imposée à moi en lisant cette réplique :



Et tes sous-titres, tu les as fait relire ?



Décidément, il est temps que je parte en (vraies) vacances. J'ai trop de venin et d'énergie négative à évacuer.


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Trois + un


Pas beaucoup de temps cette semaine pour griffonner mes niaiseries habituelles sur ce blog (mais est-ce vraiment une grande perte ?).


Je me contenterai donc de signaler trois petits sites inutiles et rigolos sur lesquels je suis tombée ces derniers temps :

Si vous vous êtes souvent demandé qui était numéro 1 au hit-parade le jour de votre naissance, Kakophone est pour vous. Perso, le résultat m'a comblée de joie (et encore, je n'avais jamais vu le clip).

Si vous avez toujours rêvé d'avoir un photomaton chez vous (et que votre ordinateur est équipé d'une webcam), la Photocabine est pour vous. Perso, j'aime me prendre en photo au sortir d'une nuit blanche et contempler ces visions d'horreur clichés plus tard, quand j'essaie de me convaincre de mieux organiser mon boulot.

Si vous être déprimé(e) et que vous manquez d'affection, ce générateur de mots d'amour est pour vous. Perso, je me fais une petite séance de gonflement de chevilles de temps en temps quand j'ai un coup de blues. C'est tout à fait chou et sympathique.


Par ailleurs, mam'zelle Titane a signalé récemment sur son blog le très amusant "Write or Die", qui permet d'améliorer sa vitesse de frappe tout en faisant sortir des tas de choses de ses petits doigts.


Amusez-vous bien !


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Merci, Miss Gally

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Le dernier billet dessiné de Miss Gally me "parle", pour diverses raisons. Je trouve qu'il traduit bien, entre autres choses, le bizarre sentiment de malaise qu'on peut parfois avoir en tant que traducteur face aux documentaires historiques de la chaîne franco-allemande (toujours elle)... Comme elle m'y a fort aimablement autorisée, je le reproduis ici.

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Y a pas photo


Un beau jour de l'an 2006 (ou était-ce en 2007 ?), dans une traduction pour une chaîne de djeunz qui diffuse par ailleurs beaucoup de clips, j'ai écrit cette réplique inoubliable :


"Je kiffe trop les yeux verts."

Saisie d'un léger vertige puis d'un fou rire nerveux, j'ai reculé ma chaise à roulettes de quelques dizaines de centimètres et contemplé un instant cette phrase incomparable, fruit de cinq ans d'études et de trois ans d'expérience en traduction audiovisuelle.


Il y a quelques jours, dans une traduction pour la chaîne franco-allemande intello-bobo qui me fait vivre actuellement, j'ai tapé cette autre phrase mythique :


"Il reste que Damien Hirst est un artiste fondamentalement baroque."

Sentant monter un nouveau fou rire face à cette docte affirmation, j'ai mis quelques instants à comprendre à qui elle me faisait penser : à Mme B., bien sûr, mon exubérante prof de français de Première, dont les envolées lyriques et les exposés passionnés sur la nature BAROQUE (faire une pause avant "baroque", insister sur la première syllabe, rentrer le menton et accompagner le tout d'un geste vertical de la main) du Lorenzaccio de Musset m'ont marquée à vie.


Aujourd'hui, dans un texte sur la science des organisations destiné à un établissement d'enseignement supérieur suisse, j'ai écrit, dans une liste à tirets :


"Envisager une relativisation de la hiérarchie au profit d’une pensée en réseau."

"Pff", ai-je grommelé in petto. "Ridicule et même pas drôle."


Qu'est-ce qu'on se prend au sérieux, en traduction technique...


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Rions un peu


Signalée par l'amie J., voici une petite vidéo sur l'absurdité des tentatives de marchandage que doivent souvent subir... les traducteurs, tiens, par exemple (et quelques autres professions, on est bien d'accord).

Je ne sais pas très bien d'où ça sort, si ce n'est que c'est produit par une boîte appelée Scofield Editorial (site officiel de la vidéo) et que je ne suis visiblement de loin pas la première à la trouver sympatoche.

Certaines répliques sont vraiment plus vraies que nature.


Rions un peu, donc, même si c'est pour rire jaune.



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Outrée


Je suis plutôt open, hein.

Je peux admettre qu'on arrive sur ce blog en gougueulant

construire devant un jour de souffrance (je propose de créer un club)
fenêtre ouverte
(t'as besoin d'Internet, pour ça ?)
marcel proust mémoire
(t'as pas dû être déçu(e))
france gall (vade retro)
essai réussi éditions harlequin
(c'est pour bientôt, la blogosphère planche activement)
karlheinz stockhausen, " comment passe le temps... " in contrechamps
(et t'as compris quelque chose à ce texte, toi ?)
travailler comme traducteur médical Springfield (bonne continuation, ami traducteur)
qu'ais je vu
(tss-tss, quelle orthographe déplorable)
le contraire de tergiverser
(t'as vraiment des interrogations existentielles, toi)
bo musique bach sacrifice tarkovski (bonne découverte, hein ?)
teufeur
(tiens, finalement, ce jeu de mot pourri m'attire des lecteurs - deux, même)
point commun d'une pile (tu peux préciser ?)
les heros ne sont plus ce qu'ils étaient (chuis bien d'accord)
traduction paroles TB sheets van morrison (bonne question)
arnaque esta (kezako ?)
grenouille rosbif blog (coucou !)
"l'amour en chanson" émission mireille dumas (alors toi aussi, t'as regardé ?)
tarif traducteur audiovisuel
(ah, enfin un confrère... ou un client, qui sait ?)
"the sound of revolution" deep purple
(connais pas, désolée)
clavecin électronique
(faudra m'expliquer)
philomèle figures du rossignol
(tout un programme)
krisprolls plats
(il y a quelque chose de pourri au royaume de Pagen)
sous verre pour fleurs séchées (oh ! un PE !)
traduction paroles tadieu bone
(intrigant, hein ?)
y a des questions que j'me pose chanson (excellent choix)
traduire tergiverser (me suis même pas posé la question, tiens)
accorder un clavecin de 16 jeux (16 jeux ? t'es sûr ?)
irlande rosbif blog god save paddy
(encore ? quelle popularité, dis donc...)
acteur le crocheteur dans l'arnaque (ben Redford, évidemment)
sébastien chevalier sebald (excellente recherche)
tiresia 7è beethoven (idem)
a la lucarne arnaque (plaît-il ?)
"chaudasse" jolie pile
(je t'en prie, reste poli)
métaphore cygne sur le lac (how romantic !)

fuste (tiens, toi aussi tu fais construire ?)

Mais je n'admettrai pas - vous entendez bien ? - je n'admettrai pas qu'on atterrisse ici en cherchant "enregistrer les Lacs du Connemara en remix".

Que les choses soient bien claires.

Nan mais on va où, là ?



A ce propos, si vous ne le connaissez pas, découvrez Michel Sardouille en cliquant ici. Un artiste prometteur.


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Mot du jour (2)


Nouveau mot du jour :



omnibus film


Contexte : terme signalé ce week-end par l'ami S., lequel l'avait repéré dans un bouquin sur le cinéma.

Ce n'est pas : un spot défilant dans les transports en commun d'une grande ville.

C'est :

Selon Wikipedia :
"a film consisting of several different short films, often tied together by only a single theme, premise, or brief interlocking event (often a turning point). (...) Sometimes each one is directed by a different director. These differ from "revue films" such as Paramount on Parade (1930) -- which were common in Hollywood in the early sound film era to show off their stars and related vaudeville-style acts -- composite films, and compilation films."

La remarque de Tatie Les Piles :

On dit aussi "anthology film" ou "portmanteau film".

Dans la foulée, ma souris curieuse en profite pour découvrir que "portmanteau" désigne également en anglais un mot-valise.


Ce "d'une pierre deux coups" m'apparaît soudain comme une mise en abyme absolument fascinante eu égard au terme cherché et me semble laisser présager une journée intellectuellement stimulante.

Mouais.

Enfin, on verra, le tout est de s'en convaincre.


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En un mot, il a tout pour lui. Je le suivrais jusqu'au bout du monde et pour lui, je donnerais le meilleur de moi-même 365 jours par an si (seulement) il me le demandait. C'est mon client idéal, dont le portrait (fantasmé) s'est lentement dessiné dans mon esprit malade ces derniers jours.


Avertissement : ceci est une fiction.
Toute ressemblance avec une personne existante serait fort surprenante.




1. Le client idéal connaît la traduction.

C'est-à-dire qu'il sait que la traduction audiovisuelle est un métier littéraire qui demande certaines compétences, prend du temps et mérite une juste rémunération.

Le client idéal comprend aussi, si possible, quelques langues étrangères (rien de bien exotique, simplement les langues courantes qu'il fait traduire régulièrement) et ne s'attend pas, par exemple, à ce que "definitely" soit rendu en français par "définitivement". Il connaît les contraintes spécifiques au sous-titrage, au voice-over et au doublage. En d'autres termes, il ne s'offusque pas si le sous-titreur n'a "pas traduit tous les mots", parce qu'il sait qu'il y a une bonne raison à cela. D'une manière générale, il fait confiance au traducteur.

Il n'ajoute pas de fautes de français aux traductions qu'il relit et, à tout le moins, il consulte le traducteur avant d'envoyer au client final le fichier ainsi "corrigé".


2. Le client idéal sait ce qu'il veut. Et il le dit.

Le client idéal mentionne sans qu'on ait besoin de lui tirer les vers du nez :

- le volume à traduire : minutage du programme à adapter, nombre de sous-titres si ces derniers sont déjà repérés, à défaut, nombre de mots/de feuillets du script.

- la date de rendu du travail.

- le tarif ou la fourchette de tarif qu'il propose. Ex : tant par feuillet/par sous-titre/par bobine.

- le support : film, série, documentaire, film institutionnel, spot commercial...

- les contraintes de livraison (format des sous-titres, par exemple, ou mise en page du fichier de voice-over).

- la méthode et le délai de paiement. Comme le rappelle fort justement Transtextuel, "le nerf de la guerre ne saurait se traiter à la légère".

- les instructions de son propre client, si ce dernier lui a transmis des consignes.

En gros, il donne au traducteur toutes les informations qui peuvent lui être utiles, afin d'éviter toute perte de temps par la suite (pour lui-même et pour l'adaptateur).


3. Le client idéal fait son boulot. Avec méthode et organisation.

Il fournit au traducteur quelques éléments incontournables, notamment un script fidèle du film ou du documentaire (et non un scrypn) ainsi qu'une vidéo audible (dans audiovisuel, il y a "audio") et correctement numérisée (dans audiovisuel, il y a "visuel").

Il ne laisse pas une commande moisir une semaine sur son bureau avant de contacter le traducteur.

Il ne s’emmêle pas les pinceaux entre date de simu et date de livraison, date de rendu et date d’enregistrement. Il ne rappelle donc pas le traducteur après lui avoir confié une commande pour lui annoncer que finalement, il préférerait récupérer la traduction trois jours plus tôt que prévu, ah non, en fait, ce serait même quatre jours.

Si le traducteur lui pose une question qui requiert la consultation du client final, le client idéal la transmet sans attendre à la personne compétente. Il fait bien sûr suivre la réponse sans délai lorsqu'il l'a obtenue (au besoin en rappelant plusieurs fois le client final). Mieux encore, il met en contact le traducteur et le client final si besoin, parce que c'est quand même plus simple de se parler directement.


4. Le client idéal chouchoute son traducteur.

Lucide, il s'est aperçu que sans traducteur, il allait avoir du mal à livrer son propre client. Sans traduction, pas de texte pour les comédiens, pas d'enregistrement, pas de mixage, bref, pas de livraison. Sans traduction, pas de sous-titres, pas d'incrustation, bref, pas de livraison.

C'est pourquoi il prend soin du traducteur : il lui masse les pieds, lui fait livrer des croissants, lui offre des places pour l'avant-première du nouveau film de son réalisateur favori et l'invite à Cannes tous frais payés.

Il veille à lui accorder un délai aussi généreux que possible, dans les limites, cela va de soi, du temps que lui laisse son propre client. Au besoin, si le délai dévolu au traducteur semble vraiment trop juste pour que celui-ci puisse rendre un travail de qualité, il s'efforce de négocier quelques jours de rab.

Il évite bien sûr de confier au traducteur trois adaptations pour la même date puis de le laisser deux mois sans travail. Au contraire, il étale judicieusement ses commandes afin de ne pas épuiser son prestataire chéri. Détendu et disponible, ce dernier lui en saura gré et sera en pleine possession de ses moyens pour produire des traductions aux petits oignons.


5. Le client idéal recherche avant tout la qualité.

C'est son cheval de bataille, son obsession permanente. Il veille par conséquent à ce que le traducteur travaille dans les meilleures conditions qui soient, afin que la qualité, ce précieux graal, soit au rendez-vous.

Il ne se prête donc pas à des négociations mesquines du style : "Tu me fais ça pas cher, la prochaine fois tu seras bien payé". Il sait en effet qu’un traducteur correctement rémunéré est un traducteur qui a, littéralement, les moyens de prendre son temps pour se documenter, ciseler son texte, se relire jusqu'à plus soif, bref, rendre la meilleure traduction possible.

En outre, il prévoit une simu lorsqu'il commande des sous-titres, une relecture lorsqu'il s'agit de voice-over, une vérif pour un doublage. Ne lésinant pas sur les moyens, il confie ces différentes tâches à des professionnels compétents.


6. Le client idéal paie correctement son traducteur.

Il n'envisage même pas de lui proposer un tarif forfaitaire pour une traduction de voice-over ou un sous-titrage, mode de rémunération qui ne correspond pas au travail réellement fourni par l'adaptateur (il paie donc au feuillet ou au sous-titre).

Il a enregistré dans ses "Favoris" le site du Syndicat national des auteurs et des compositeurs et consulte régulièrement la page présentant les tarifs minimaux recommandés par le SNAC, ce qui l'aide à fixer ses propres tarifs.

Par ailleurs, il ne baisse jamais ses tarifs. Cela ne lui viendrait pas à l'esprit, parce qu'il sait bien qu'un traducteur moins bien payé est un traducteur stressé et surmené car obligé de travailler davantage pour conserver un niveau de vie égal, ce qui finit toujours par se répercuter sur la qualité de ses prestations.

Et comme il a remarqué que le coût de la vie avait plutôt tendance à augmenter, le client idéal indexe spontanément ses tarifs sur l'inflation et les revalorise d'année en année (ben oui, pourquoi pas ?).


7. Le client idéal paie à 30 jours maxi.

Et non à 60, à 90, à la livraison de son propre client ou aux calendes grecques. Ce faisant, il assure à son traducteur une bonne visibilité financière tout en lui évitant agios et autres réjouissances bancaires.

Le client idéal ignore en outre le principe du paiement à "tant de jours fin de mois" qui représente un casse-tête permanent pour le traducteur, lequel voit le règlement de sa note de droits d'auteur repoussé du coup à 60 jours si par malheur il l'envoie après le 25 du mois ou s'il rend sa traduction le 29.



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Rhhhââââ, ça fait du bien de rêver un peu. Non ?




Cher lecteur traducteur de ce blog, n'hésite pas à compléter ce portrait comme bon te semble.

Bien que démarré il y a déjà quelque temps, ce billet s'inspire, je le signale, de l'excellent article de Transtextuel, découvert tout récemment et lui-même inspiré de celui-ci. J'en ai sans vergogne repris certains éléments (après avoir demandé l'autorisation à l'intéressée, s'entend).


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Harlequinades 2009, épisode 2 (Déjà ? Ouais !)


Oh putain.

(Pardonne-moi cette interjection peu élégante, lecteur bien élevé de mon blog, mais je te prie de croire qu'elle a toute sa place ici).

En fouinant un peu sur Internet pour voir quels autres blogs comptaient participer à ces fameuses Harlequinades 2009, j'ai appris qu'il y avait sur le site harlequin point fr une page de test pour "découvrir [son] profil de lectrice" (rubrique "Je choisis un livre qui me ressemble", à gauche).

(Quoi ? Est-ce à dire que les ouvrages de cette prestigieuse maison d'édition n'auraient pas tous une vocation universelle ?)

Et ça vaut son pesant de cacahuètes.

Vous vous doutez bien que je l'ai fait illico, le test (par pur esprit de sacrifice vis-à-vis de la foule en délire qui suit ce blog avec passion de ma poignée de lecteurs méritoires et fidèles) : sept questions à choix multiple sans intérêt, avec des réponses dont aucune, évidemment, ne correspond à ce que j'aurais pu dire si les réponses avaient été libres.

Résultat, avant de m'étouffer de rire, je vous engage à cliquer sur l'image ci-dessous pour découvrir en détail quelle chaudasse est réellement votre blogueuse dévouée.




J'ai hâte de me plonger dans les deux collections qui me sont si chaudement recommandées.

Je file au Monoprix, le seul endroit où j'ai toutes mes chances de trouver ces précieux ouvrages.

PS : si vous n'avez pas lu les commentaires du billet précédent (ce que j'ai peine à concevoir), vous avez loupé le lien de Charlotte vers le site de l'élection de Mr. Harlequin 2009, et c'est bien dommage.


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