Bilan du mois


Ces derniers temps, lecteur avide de nouvelles de ce blog, ma délocalisation temporaire dans la lointaine banlieue sud-ouest de Paris et la compagnie quotidienne et fort accaparante d'une marmotte (un marmot, une marmotte ?) de deux ans et quatre mois m'ont fait réfléchir, une activité improbable à laquelle je ne m'adonne que très rarement d'ordinaire, tu t'en doutes bien, encroûtée que je suis dans mon très parisien quotidien de childless bachelorette (puisque techniquement, je vis seule).

Dans ce no man's land au dénuement propice à la méditation (j'en rajoute, là ?), me remémorant les vagues projets de marmots et marmottes qu'il nous arrive d'avoir à moyen terme The Man et moi, j'ai dressé mentalement (là, tu te poses des questions sur mes facultés télépathiques et mes ambitions dictatoriales, lecteur inquiet de ce blog, c'est bien, tu suis et tu me connais comme ta poche), j'ai dressé mentalement, donc, la liste des choses qu'il faudra que j'envisage de faire le jour où j'aurai un enfant de deux ans et des brouettes. Et mine de rien, ça fait un paquet de trucs.

- arrêter de porter des jeans taille basse (pour ramasser jouets, peluches, autocollants, chaussures et crayons de façon naturelle et distinguée, le jean taille basse ne proposant visiblement que l'une de ces deux options à la fois et en général pas la seconde).

- laisser au placard mes talons de 7 centimètres (pour marcher et courir avec grâce et sans me vautrer autour des toboggans qui semblent jalonner inévitablement le quotidien du Parent).

- prendre l'habitude de me lever au plus tard vers 6h du matin (pour espérer avoir le temps de prendre une douche et un shampoing tranquilou avant que le petit monstre ne bondisse hors de sa cage en super forme parce qu'il faut dire qu'il fait des nuits de 10 heures minimum, lui l'Enfant ne s'éveille à l'aube d'une nouvelle journée pleine de découvertes enrichissantes et de défis passionnants).

- ne pas éclater de rire systématiquement quand l'Enfant fait une bêtise, aussi drôle soit-elle objectivement (pour ne pas échouer lamentablement, en tant que Parent responsable).

- me préparer psychologiquement à relire le même livre 6 fois par jour, plusieurs semaines d'affilée, en mettant le ton avec un enthousiasme inchangé à la 214e lecture et en riant aux mêmes endroits encore et encore avec l'Enfant (pour ne pas le/la décevoir).



Trois mois plus tard, Nièce M. est toujours
en pleine identification avec Boucle d'or...


- travailler ma puissance de voix (pour que l'Enfant ne crie pas plus fort que moi, parce que c'est trop la honte).

- acheter un stock de feutres à l'eau (pour le cas improbable où, profitant d'un court instant d'inattention du Parent, l'Enfant aurait l'idée saugrenue de refaire la déco et de colorier le parquet ou les vêtements environnants parce que c'est quand même plus rigolo que de dessiner sur une bête feuille de papier).

- bosser encore plus jusqu'à pas d'heure (pour ne pas laisser l'Enfant mourir de faim et m'occuper vaguement de lui à un moment ou un autre de la journée).


Je te dis pas comme j'ai hâte, lecteur parent ou pas de ce blog, de devenir une maman en tennis et pantalon taille haute* en toile cirée, avec une voix de stentor, des cernes sous les yeux et une grimace sévère. Ah non, c'est vrai, les cernes et la grimace, je les ai déjà. Pourquoi je m'inquiète, finalement ?




* : "fini le vulgaire", nous dit cet article de fond - j'envisage le modèle blanc sur la photo, plus pratique au bac à sable, mais de préférence dans un tissu épongeable, rapport au potentiel incident des feutres.

Share/Bookmark

En passant







"Sous-titreur = un métier ?

Réalisé par Ivan Verbizh pour la semaine du sous-titrage 2009 (organisée par l'Afideo et l'Unisda), le film évoque l'activité de sous-titrage et sa professionnalisation nécessaire pour garantir la qualité du sous-titrage. Avec l'intervention de l'ATAA (Association des Traducteurs et Adaptateurs de l'Audiovisuel) et du CAASEM (Collectif des Adaptateurs de l'Audiovisuel pour les Sourds et les Malentendants)."






"Cinéma français : et les sourds ?"
(Et ça balance !)

Share/Bookmark

Pas le... quoi, déjà ?


Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps - Pas le temps d'écrire quoi que ce soit ici, ces jours-ci.

(Je parie que tu l'avais deviné, lecteur qui me connais bien de ce blog. En théorie, je n'émerge de mon apnée qu'autour du 10 décembre. Mais bon, j'essaierai quand même de faire un effort d'ici là et de te gratifier d'un ou deux billets aussi brillants qu'instructifs. Voilà voilà, en attendant je retourne à mes trads et à mes couches. Enfin, pas les miennes, de couches, celles de Nièce M., mais tu m'avais compris, lecteur qui suis ce qui se passe de ce blog, ne te fais pas passer pour plus bête que tu ne l'es, je t'en prie.)

Share/Bookmark

Limites gougueulmapesques


"Recherchez des commerces et des services de proximité, affichez des plans et calculez des itinéraires routiers dans Google Maps".

Ouais, ouais, mais n'empêche que dès que tu cherches un truc qui sort un peu des sentiers battus (au pif, Grytviken), y a plus personne...




Alors ? Y sont où, les commerces de proximité dans l'Antarctique ? Hein ?

Share/Bookmark

Are you ready for the ultimate Swiss experience?


Factures, contrats, taxe professionnelle, Urssaf... J'ai récupéré une pile de courrier bien grisounette, ce matin.




But wait...

Quel est ce mystérieux paquet venu d'un pays aussi lointain qu'exotique ?




Rrrhhhôôô...




De chouettes petites choses remonte-moral envoyées de façon tout à fait inopinée par l'amie M., en direct du canton d'Argovie ! De quoi me réconcilier avec la vie avant de repartir dès demain en exil, loin de toute civilisation.


Je vous laisse pour aller plonger dans un voluptueux bain à l'épicéa en savourant une tablette de chocolat au lait.


The ultimate Swiss experience.


Quelle décadence, quand même.


Share/Bookmark

Ndam


Omar Pene sort un nouvel album et je n'étais pas au courant ! Un joli album acoustique dans la lignée de Myamba, il y a quelques années. Pas assez connu en France, Omar Pene est un très, très grand nom de la musique sénégalaise, un peu l'équivalent de Youssou N'Dour en 10 fois moins soupe et moins commercial. Ses albums ont perdu le son très années 80 et un peu artificiel de ses débuts, comme en témoignent ces deux versions de son tube "Soweto", version originale (1987) et reprise sur son avant-dernier album sous le titre "Mandela" (2005) : le côté synthé s'est estompé au profit d'un son plus acoustique, plus doux, plus plein et moins jazz, parce qu'il paraît qu'on ne peut pas tout avoir. À écouter, donc.


tilidom.com

tilidom.com


Petite note aux messieurs-dames des radios françaises : le nom de ce monsieur se prononce [pène] comme le stylo, pas [péné] ou [pènè] comme les pâtes.
Share/Bookmark


J'ai vraiment bien fait de m'inscrire sur ce site de mise en relation entre traducteurs et clients finaux. Les offres sont... comment dire ?




Alléchantes ?


Share/Bookmark

"La différence", comme ils disent


En cherchant des informations sur les Esquimaux Inupiat, lecteur amateur de Grand Nord de ce blog, figure-toi que je suis tombée un peu par hasard sur deux traductions d'un même article de l'hebdo néerlandais Vrij Nederland... Petit échantillon au pif, rien que pour toi (dans le texte d'origine, il s'agit de la sous-partie "'Groene' Jeroen", quatrième paragraphe et suivants) :




Devine, lecteur joueur et badin de ce blog, devine lequel de ces deux textes a été traduit par un vrai traducteur ?


(Un indice pour t'aider parce que c'est la fin de la journée et que je suis sympa : c'est celui qui ne parle pas de cardiologie. Ni de pertes d'huile.)


Je ne comprends pas la langue de l'article d'origine, mais une lecture rapide des deux versions françaises suffit pour se rendre compte que l'une est passée dans la moulinette d'un traducteur automatique, avec peut-être quelques retouches ultérieures (?), tandis que la seconde (qui n'est sans doute pas parfaite, mais quelle traduction l'est, hein, je te le demande, lecteur décidément vachement critique de ce blog ?) est l'oeuvre d'une personne en chair et en os et d'un cerveau humain.

À la décharge de l'internaute qui a mis en ligne la version de gauche, on peut supposer qu'il souhaitait poster cet article à titre informatif, sans plus de prétention... et que c'est la version italienne de l'article qu'il a injectée dans son logiciel de traduction automatique (version italienne qui comporte effectivement une coquille permettant d'expliquer l'apparition subite des "Amis de la cardiologie" au beau milieu de l'article).

Une traduction automatique de traduction, donc.


Naaaan, c'est pas sérieux, franchement.


Source 1 : forum Debate Europe

Source 2 : site PressEurop
Share/Bookmark

C'est pas tout ça, mais...



... quand est-ce que je vais les faire, mes bredele, hein, avec tout ça ?

Share/Bookmark

Bientôt, lecteur ô combien sympathique et fidèle de ce blog, ta blogueuse préférée va retourner en enfer en lointaine banlieue du sud-ouest parisien. Elle attend ce moment avec un ravissement et une impatience non dissimulés.

Ce sera l'occasion de mener de grandes conversations philosophiques et constructives avec Nièce M. et de s'interroger en choeur sur le vrai sens de la vie (celui des Monty Python, a priori).

La dernière trouvaille de la demoiselle, il y a une semaine, c'était la bouderie synchronisée.

Nièce M. : Moi ze vais bouder ma chamb'. Et toi, tu boudes ?

Tatie Les Piles : Euh, là tout de suite ? Ben non, pas forcément, chuis plutôt de bonne humeur, tu vois...

Nièce M. : Si, si tu boudes. Tu boudes, tu boudes, tu boudes aussi !

Sur ce, elle regagne sa chambre d'un pas rageur (sans claquer la porte parce qu'elle est trop petite, mais on sent bien que le coeur y est), puis revient trente secondes après avec un large sourire en disant : "Z'ai fini de boudeeeeeeer ! Et toi ?" et reprend ses activités autocollants et cubes... avant de recommencer ce petit manège dix minutes plus tard.

Je n'ai pas encore bien compris, hein...




J'en profite pour reprendre cette illustration parfaitement à propos et vous dire un mot de Pacco, "un papa qui gère son enfant" en BD ici. L'auteur a fait passer ce message il y a quelque temps, regrettant le peu de presse qu'a obtenue le premier album des péripéties de Maé : il paraît que selon certains journalistes, "le positionnement de la BD de Maé (...) n’est pas culturellement ancré dans les mœurs françaises. L’éducation gérée principalement par les pères est mal perçue. Le langage tenu par le père et les propos de la fille peuvent heurter. Ils ne sont pas toujours "politiquement corrects"."

Ben voyons. C'est vrai que Petit Ours Brun, c'est vachement mieux, comme modèle de société. Rien que pour donner tort à ce genre d'inepties, ça donne envie de parler de ce blog et des albums qui en sont issus, tiens !

Share/Bookmark

Hardy les gars


(Promis, je me flagellerai pour ce jeu de mots faiblard. Et pour les autres.)


L'aut' soir, zappant mollement depuis mon canapé diabolique, j'ai retrouvé un amour de jeunesse. Enfin un amour, c'est beaucoup dire. Disons, une vieille connaissance.




Lui, là, c'est Thomas Hardy. Auteur majeur de la littérature britannique (et même anglaise), emblématique de l'époque victorienne et relativement peu connu du grand public en France. Thomas Hardy, c'est un peu l'équivalent d'un Balzac, d'un Flaubert ou d'un Stendhal, même si une recherche sur gougueule m'apprend que le Balzac anglais, c'est Dickens, le Flaubert anglais, Stevenson, et le Stendhal anglais, Thackeray, tandis que les mots "French Hardy" renvoient plutôt à Victor Hugo et à Proust. Bref, tu vois ce que je veux dire, lecteur anglophile de ce blog (et oui, je manque cruellement de références littéraires).

Tout ça pour dire qu'à une époque, Thomas Hardy fut mon bourreau (n'ayons pas peur des mots) et que deux années passées à étudier les oeuvres du bonhomme m'ont fâchée avec lui d'une façon que je crois irrémédiable.

Bizarrement, pourtant, ma première rencontre avec Thomas Hardy m'avait fait penser qu'il était plutôt le Maupassant anglais (titre réservé apparemment à Somerset Maugham et, dans une moindre mesure, à un certain Hubert Crackanthorpe que je ne connais point, toujours selon gougueule), ce qui, au vu de mes goûts littéraires de l'époque, était plutôt encourageant. Il faut dire que j'avais commencé par lire ses nouvelles (The Wessex Tales), moins indigestes que ses romans et ses poèmes. On y trouvait des descriptions pas trop longues assez savoureuses de l'Angleterre rurale, avec quelques touches de fantastique bienvenues, des personnages joliment croqués et des intrigues menées tambour battant en un nombre assez limité de pages. De la bonne came, quoi.

Enhardie (ça, c'est fait) par ce succès, je me suis ensuite plongée dans le gros morceau au programme du cours de littérature anglaise : Tess of the d'Urbervilles, un roman dont rien que le sous-titre aurait dû m'alerter (A Pure Woman Faithfully Presented), et un gros volume bien dense, relativement impressionnant (mais à l'époque, ce genre de détail ne m'arrêtait nullement).




Et c'est avec Tess que j'ai découvert LE MYSTÈRE HARDY. Car mystère il y a, oui oui.

Parce que Tess, sur le papier (oui, enfin, un roman, c'est aussi du papier, mais tu comprends ce que je veux dire, lecteur qui percutes de ce blog), c'est une intrigue assez formidable, avec des thèmes forts. Le portrait d'une femme confrontée à un destin implacable et aux forces réactionnaires, hypocrites et moralistes de la société victorienne. Un roman censuré à l'époque de sa parution. Une histoire de culpabilité où lutte des classes et darwinisme s'en donnent à coeur joie. Une scène clé où on ne sait pas vraiment si l'héroïne se laisse séduire ou se fait violer, un enfant illégitime puni par le destin (ou le bon Dieu), un nouveau départ prometteur, une héroïne rattrapée par son passé, un meurtre, une exécution, en un mot : de l'action. Une exploration psychologique intéressante, des questionnements moraux fort éclairants sur l'époque victorienne, un tableau vivant de la vie rurale (dans le comté imaginaire du Wessex, où Hardy situe bon nombre de ses oeuvres), bref, que du bon.

Et pourtant.

Et pourtant, après avoir abondamment disserté sur toutes ces questions ("Explore Tess's predicament in the light of the Victorian gender paradigm" restant mon sujet de prédilection), assimilé cours et bouquins sur le sujet et appris des paragraphes entiers du roman par coeur, je n'en ai retenu qu'une image globale de mièvrerie, de noyades successives dans de multiples verres d'eau, de symbolique lourdingue (l'un des hommes dont Tess tombe amoureuse s'appelle Angel, yeah right, son enfant maudit est baptisé Sorrow, etc.), de gros sabots et d'ennui mortel.

Consciencieusement (et parce qu'on me l'avait vivement recommandé), j'ai lu péniblement quelques autres romans du grand homme - Far from the Madding Crowd et Jude the Obscure, chefs d'oeuvres universellement admirés dont les titres me semblaient séduisants. Je me souviens aussi avoir entamé The Mayor of Casterbridge qui m'est tombé des mains au bout de cinquante pages. Même impression générale. Aucun plaisir, aucun intérêt.

Consciencieusement toujours (et parce que je me disais que ce serait plus fun), j'ai également vu l'adaptation de Polanski de Tess, avec miss Kinski, ainsi qu'une adaptation de Far from the Madding Crowd dans laquelle jouaient Terence Stamp et Julie Christie.





Rebelote. Mièvrerie, romantisme à deux balles, des films oubliés à peine vus.


Bon. Mais cette époque est fort lointaine, puisque tout ceci se passait dans mes dernières années de lycée, et l'aut' soir, en tombant sur le début de l'adaptation de Jude the Obscure, j'ai soudain eu le sentiment qu'il était temps de réviser mon jugement sévère.

Je me suis donc calée dans mon canapé bien-aimé, armée d'un plaid et d'une bonne tisane parce qu'il fait frisquet ces jours-ci, et, pleine d'espoir et de bonne volonté, j'ai regardé Jude the Obscure (Michael Winterbottom, 1996), que j'avais déjà dû voir sur grand écran il y a un bon paquet d'années, mais qui était un peu flou dans ma mémoire.

Eh ben ce film est parfaitement indigeste et à l'image de mes souvenirs hardyesques de lycéenne.





Et pour tout te dire, lecteur qui as réussi à arriver jusqu'au dernier paragraphe de ce billet et qui mérites pour cela ma reconnaissance et mon admiration éternelles, je crois bien que Thomas Hardy continuera à prendre la poussière dans ma bibliothèque et que ce n'est pas demain la veille que je me replongerai dans ses oeuvres (ce qui tombe relativement bien, finalement, parce que ma "to-read pile" ne cesse de grandir). Triste, non ? Etant une spécialiste des premières impressions erronées, j'aime bien revenir sur mes jugements antérieurs, surtout en matière de littérature et de cinéma. Et puis j'ai souvent eu l'impression de ne pas apprécier des oeuvres que j'ai étudiées au collège et au lycée, oeuvres que j'ai pour certaines redécouvertes plus tard, relues pour moi, et beaucoup aimées.

Mais pour Hardy, je crois que c'est walou. Ouh ouh.


PS : l'été dernier, A., amie prof de lettres, m'a appris que Tess était au programme de l'agrèg de français (catégorie "littérature comparée", dans un corpus consacré aux "destinées féminines dans le contexte du naturalisme européen", aux côtés d'Effi Briest et de Nana). Mes encouragements et mes condoléances aux joyeux agrégatifs du moment.


Share/Bookmark

Joliment dit #2


"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux."



Etienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire



(En réalité, je n'arrive pas à retrouver cette phrase dans le texte en question. Je me rencarderai quand j'aurai un peu de temps.)

Mon attention a été attirée sur cette citation par ce film, enfin visionné, qui traînait depuis une bonne année dans ma DVD-thèque (et qui n'est pas mal, quoique pas totalement réussi à mon sens) :





Que c'est joliment dit.


Share/Bookmark

Shopping de jour férié

Certains magasins feraient mieux d'être fermés, le 11 novembre...



Share/Bookmark

Injuste (et paranoïaque), ép. 2


G. est graphiste free-lance. G. a un nom et un prénom à coucher dehors, même que ça me démange de les écrire en toutes lettres ici, mais il faudra que tu me croies sur parole, lecteur bien curieux de ce blog. G. fait de très belles créations, vraiment très chouettes et efficaces à mon goût. G. bosse pour de prestigieux établissements culturels. G. nous a d'ailleurs été recommandée par une vénérable institution bien connue des traducteurs de l'audiovisuel.

A priori, donc, G. est un peu une star.

Autant dire qu'en allant voir G. afin de lui soumettre un projet pour notre modeste (quoique sympathique) association de traducteurs accompagnée de deux consoeurs, la semaine dernière, j'étais plutôt dans mes petits souliers. Je ne sais pas exactement à quoi je m'attendais, peut-être à une sorte de harpie (terme sans doute inconsciemment suggéré par le nom de famille de G.) arrogante et légèrement méprisante face à notre modeste (quoique sympathique) association. Une sorte de sommité exaspérée à l'idée de perdre son temps avec nous. En gros, j'étais sur mes gardes et pas franchement optimiste.

Eh ben en fait, G., elle est plutôt sympa. Elle a plein de bonnes idées, ce qui est un peu son métier, faut dire. Mais elle est aussi à l'écoute, et pas du tout arrogante, ni (même légèrement) méprisante. Elle comprend très vite qu'on ne connaît rien à rien, mais ça ne semble pas la choquer, et elle nous explique plein de choses. Elle nous donne des conseils, y compris sur des aspects qui ne la concernent pas directement (impression, reliure). Elle nous montre avec enthousiasme certaines de ses réalisations passées. Elle semble fière de ce qu'elle nous présente, ça fait plutôt plaisir à voir. Nous la quittons avec (en ce qui me concerne) l'impression d'avoir une vue beaucoup plus claire des choses qu'en arrivant. En rentrant chez moi, cerise sur le gâteau, je trouve dans ma boîte mail son devis, tout à fait raisonnable.

Parfois, les choses se passent vachement mieux que ce qu'on pourrait croire. Et en ces temps un peu déprimants et compliqués, j'vous jure, ça fait du bien.


Share/Bookmark

Interrogation


C'est le deuxième documentaire sur les pigeons que je traduis cette année.


Faut-il y voir une mode ?


Ou un message ?


Share/Bookmark






Je serais bien en peine de vous dire quoi que ce soit d'intelligent, a fortiori d'intéressant, sur Claude Lévi-Strauss. Je pique donc sans vergogne aucune cette petite vidéo à l'ami G. de "Pierre Bourdieu un hommage", ce qui me permet d'attirer votre attention sur ce blog très riche tenu par un passionné de sociologie, blog que j'ajoute d'ailleurs sans plus attendre à la liste située sur la gauche de l'écran.


Share/Bookmark

C'est alors que Tatie Les Piles bondit...


Sache-le, lecteur attendri (ou consterné, au choix) de ce blog, j'aime beaucoup la littérature jeunesse, surtout les livres pour tout petits. Depuis que mes frères ont commencé à se reproduire il y a trois ans et des brouettes, je m'en donne donc à coeur joie, lisant et relisant avec mes neveu et nièces moult ouvrages dont l'intensité narrative et les vertus éducatives ne cessent de me ravir et leur offrant des livres dès que l'occasion se présente (parce que tous ces enfants ont déjà bien trop de jouets à mon goût et que j'ai choisi en toute lucidité d'être la tata chiante et austère qui donne des bouquins, et non des jouets en plastoc aux couleurs criardes qui s'allument et font du bruit quand on appuie dessus).

Mais il y a des limites.

Et avec La grenouille et le crocodile, la limite a été atteinte.


Comparons :

Bien.
(Le grand cerf, album du Père Castor)



Pas bien.
(La grenouille et le crocodile, chez Gallimard Jeunesse)



Naaan mais c'est vrai, quoi... C'est pas parce que ces bouquins s'adressent à des enfants qui ne savent pas encore lire qu'il faut laisser des fautes d'orthographe dedans et placer les virgules n'importe où (dans un texte qui fait moins de 100 mots au total et est imprimé en caractères d'un centimètre de haut, hein...).

Chuis outrée.

Tu noteras, lecteur passionné de ce blog, que ta blogueuse dévouée a des préoccupations littéraires et des indignations intellectuelles de très haut niveau, ces temps-ci. Demain, promis, je te parle de Claude Lévi-Strauss.

Share/Bookmark

Les héros etc. etc. (update)


Je n'ai guère le temps de bloguer, ces jours-ci, accaparée que je suis par Nièce M. quand elle est là, et par mon boulot quand elle n'est pas là, ce qui me demande dans les deux cas une énergie que je n'ai absolument pas en ce moment. Et puis je vous parlerai peut-être à l'occasion (ou pas) de la riante banlieue du sud-ouest de Paris où je suis coincée jusqu'à demain, mais disons que c'est un peu paumé et pas follement inspirant, comme coin. Sans compter que le voisin du dessus joue "Les yeux revolver" en boucle au piano depuis ce matin, et que je crois que je préférais encore quand il massacrait les succès des Beatles hier après-midi.

Mais quand même. Je ne te cache pas que je suis extrêmement surprise, lecteur de longue date de ce blog, parce que bon, je te faisais un peu confiance et je pensais que tu avais fait passer le message aux intéressés. Que mon billet d'avril dernier avait été bien compris, quoi.

Que nenni. Au cours de mes multiples pérégrinations souterraines et ferroviaires, ces derniers jours, je suis tombée cent, que dis-je, mille fois sur cette affiche sympathique qui laisse à penser que non, le message n'est pas passé et que oui, la catastrophe annoncée aura bien lieu :



Bizarrement, il n'est pas fait mention des Gipsy Kings (pourtant, ils ont tourné exprès pour l'occasion des clips qui font vâââchement envie et tout et tout, genre ici par exemple).

Voili voilou, quoi.

Sinon, dans le même ordre d'idées, je te parlerais bien de l'arrêt cardiaque que j'ai failli avoir l'autre jour en constatant que le Petit Nicolas faisait de la pub pour Danao, mais ça me fait tellement mal au coeur d'imaginer Goscinny se retournant dans sa tombe que je préfère ne pas m'attarder sur le sujet (et Sempé, hein ? il en dit quoi, Sempé ?).





Et puis j'ai des peluches à ranger et un petit pot légumes-jambon à faire chauffer, moi. Que veux-tu, nous n'avons pas les mêmes priorités.

Share/Bookmark


Ben ouais.

Comment voulez-vous intéresser qui que ce soit à Hitchcock en diffusant des doublages aussi ridicules et vieillots que celui de Correspondant 17, sur lequel je suis tombée hier soir ?



Carol Fischer à Johnny Jones (un journaliste hésitant à écrire un article sur les sombres activités du père de Carol) :

"Merci Djeûni, c'est très chic, ce que vous dites là.

Mais vous allez l'écrire, votre histoire !"


(Tout le film est de cet acabit, sans exagérer. Et ça se dit chaîne culturelle, avec ça. Boudiou, on aura tout vu.)


On respire profondément.

On passe sur la prononciation venue de l'espace des noms propres anglais.

On essaie d'oublier la diction et le jeu de la comédienne de doublage (paix à son âme, vraisemblablement), qui fait très Marie-Chantal-faussement-intrépide, avec un léger chat dans la gorge pour paraître plus émue (???).

On se demande si on a déjà entendu quelqu'un dire "c'est très chic, ce que vous dites là" ailleurs que dans le doublage français d'un film des années 40, justement.

On se dit que l'anglicismus omnipresentus était pourtant une pathologie moins répandue à l'époque et que quelqu'un aurait peut-être pu songer à substituer "article" à "histoire", au vu du contexte (parce qu'on peut quand même penser, à cinq minutes de la fin du film, que ce cher Djeûni n'écrit ni des blagues Carambar, ni son autobiographie).

On a les oreilles qui souffrent en entendant le mélange de sons d'origine (voix d'ambiance en anglais qui semblent remonter à la surface de façon assez impromptue de temps en temps) et de piste VF, artificielle, sans vie et mal mixée.

On respire profondément, donc.



On devrait infliger des amendes aux chaînes pour diffusion de doublages criminels*.


Tiens, voilà une idée pour résorber la dette publique.





* : idem pour les mauvais sous-titrages, hein, chuis pas sectaire (ou si peu).


Share/Bookmark

J'vous la fais courte


Ces derniers jours, lecteur avide de nouvelles de ce blog, ta blogueuse dévouée en a eu la confirmation : 24 heures, c'est très insuffisant pour une journée (et même le jour du passage à l'heure d'hiver, 25, c'était un peu limite). Ta blogueuse dévouée sort donc complètement H.S. de cette dizaine de journées survoltées. Ta blogueuse dévouée s'est écroulée en fin de semaine et a dormi. Dormi. Encore dormi. Puis elle s'est réveillée. Et là, ma foi, elle se reprend, lentement mais sûrement. Elle est même prête à repasser à la première personne du singulier pour s'adresser à toi en toute simplicité et te raconter tout ou presque de son fascinant quotidien.

Ces derniers jours, donc, j'ai...


... pris des trains de banlieue où il n'y avait pas foule, des bus et des taxis divers (ce que je ne fais jamais en temps normal, tu l'auras compris, fidèle et rare lecteur de ce blog, le métro et mes pieds étant mes moyens de transport habituels puisque je travaille à domicile et sors rarement de chez moi de Paris).

... exploré la lointaine banlieue nord-est et la un tout petit peu moins lointaine banlieue sud-ouest de la capitale avec un bonheur intense de tous les instants.

... râlé in petto et prié pour que Frère L. élise domicile plus près de Paris et se fasse hospitaliser à la Pitié-Salpêtrière, une prochaine fois.





... fait une expédition épique à la fourrière de la porte Pouchet à une heure indécente (mais en très bonne compagnie).

... songé que cet épisode venait compléter la série des soirées d'anthologie qui soudent notre couple, il faut y croire, si si.





... acheté un citronnier pour faire un cadeau.

... failli le garder pour moi parce que dis donc, c'est vraiment choupi, un citronnier, je savais pas.

... décidé finalement de le donner, comme prévu, m'étant souvenue que la plupart des plantes ont une durée de vie limitée dans mon humble demeure. .

... eu le sentiment d'avoir oeuvré pour le bien du règne végétal, ce qui m'a fait un bien fou.

... constaté que j'étais vraiment fatiguée, pour en arriver à me faire une réflexion aussi débile.




... vu des nièces, plein de nièces (l'une des miennes, beaucoup, celles de The Man, un peu moins).

... constaté que Nièce-A.-de-The-Man commençait à savoir lire.

... flippé sur le thème "le temps passe vite, ma bonne dame", en me souvenant que la première fois que j'avais rencontré Nièce-A.-de-The-Man, c'était un gros bébé qui articulait péniblement quelques mots parfaitement incompréhensibles un discours parfois difficile à saisir dans toute sa subtilité.





... commencé à lire avec grand plaisir un truc qui me turlupinait depuis plusieurs années (mais naaaan, pas la photo d'au-dessus, celle d'en dessous, enfin !).

... regretté quand même un peu d'avoir bêtement acheté une version française du truc en question, la traduction étant... inégale, on va dire.





... vu enfin un bout de Titanic.

... trouvé ça chiant.

... compris, comme je le soupçonnais du reste, que je n'avais pas loupé grand-chose jusqu'à présent.

... zappé pour tomber sur une fort amusante réplique des Nerfs à vif 1ère version (“What I like about you is you’re rock bottom. I wouldn’t expect you to understand this, but it’s a great comfort for a girl to know she could not possibly sink any lower.”).

... oublié aussitôt le gominé sur son paquebot et revu pour la n-ième fois cette excellente histoire de psychopathe sur une péniche.





... parallèlement à tout ça, divisé mon rapport financier en tranches de 1 000 mots pour avoir l'impression d'avancer.

... enchaîné trop de nuits blanches pour travailler efficacement.

... douté sérieusement d'arriver un jour au bout de cette putain de traduction (sentiment assez rare, en ce qui me concerne).




... bouclé le tout, enfin, vendredi en fin de matinée.

... eu juste le temps d'espérer que le mois de novembre serait un peu moins épuisant et plein d'imprévus que celui d'octobre.

... dormi.

... dormi.



... dormi.
Share/Bookmark
top