De retour à son meilleur


Repéré l'aut'soir par hasard sur le site officiel français d'un film de Guy Ritchie, Rocknrolla, un bel anglicisme qui m'a fait faire gloups :




(Je ne peux que prier pour que la citation d'origine soit tronquée, espérer qu'il s'agisse en réalité d'une phrase du style "de retour à son meilleur niveau". Mais je n'irai pas fouiller dans les archives de Cinélive pour le savoir, hein, faut pas pousser.)
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Grâce à l'excellent (on ne le dira jamais assez) blog de la Grenouille-Rosbif que je lis depuis deux bonnes années, j'apprends (entre autres choses) plein d'expressions anglaises relatives à la petite enfance - un domaine dans lequel je n'ai jamais eu tellement l'occasion de pratiquer mon anglais, faut avouer.

Et il y a un mot qui revient depuis un bail, rapport à son Pouitch-Poulet : le fameux "toddler".

Les dictionnaires anglophones sont à peu près d'accord sur la définition du mot :


tod·dler (tŏd'lər)
n. 1.One who toddles, especially a young child learning to walk
.

Wikipedia définit l'âge du toddler comme suit :


A toddler is a young child who is of the age of learning to walk, between infancy and childhood. Toddling usually begins between the ages of 12 and 18 months. During the toddler stage, the child also learns a great deal about social roles, develops motor skills, and first starts to use language.


Et on peut ajouter une précision étymologique :


toddle
"to run or walk with short, unsteady steps," c.1600, Scottish and northern British, of uncertain origin, possibly a back-formation of toddler, or related to totter (1534); an earlier sense of "to toy, play" is found c.1500. Toddler "toddling child" is first recorded 1793.


Bon.

Mais alors, un toddler, c'est quoi, en français ?

La page "toddler" du Wikipedia anglais est liée à la page "nourrisson" du Wikipedia français. Mais de l'aveu même de ladite page,


"on désigne par le mot nourrisson la période entre l'âge d'un mois et de deux ans chez un bébé. Avant cette période, on parlera d'un nouveau-né. La période qui suit se nomme la petite enfance, jusqu'au début de la scolarisation."


(Et le Robert confirme cette définition.)

Trop petit, donc. Si bébé toddle à un mois, je veux bien avoir des enfants tout de suite, moi, future mère indigne, ça veut dire qu'ils seront propres et autonomes autour de trois-quatre mois grand max (youpi !).

Le Robert & Collins propose "bambin", mais selon le Robert, le bambin est un enfant "âgé environ de deux à quatre ans", or à deux ans, généralement, ces chers petits toddlent déjà beaucoup moins qu'à un an ou 18 mois, et commencent, sauf erreur de ma part, à tenir nettement mieux sur leurs gambettes. Le même Robert & Collins propose aussi "tout petit qui commence à marcher", ce qui est plus proche de la réalité, mais moyennement compact (à faire frémir un sous-titreur !).

Certes, le terme "tout petit" peut convenir à la rigueur, bien qu'il soit un peu vague. Mais surtout, il lui manque le côté évocateur de l'anglais, qui fait que je (re)vois tout de suite, quand j'entends ce mot, mes chers neveu et nièces à un an et demi, en train de marcher à petits pas hésitants et patauds.

L'allemand, une langue d'habitude bien pratique, utilise "Kleinkind", un terme descriptif qui semble correspondre à peu près en termes d'âge, mais qui est finalement incomplet lui aussi :


"Der Begriff Kleinkind bezeichnet die Lebensphase des Menschen im 2. und 3. Lebensjahr nach dem Säuglingsalter. Während seines zweiten Lebensjahrs wird auch der Begriff Kleinstkind verwendet."



(Edit : voir aussi les intéressants commentaires laissés ici à ce sujet par de plus germanophones que moi !)

On sait bien que chaque langue découpe la réalité à sa façon. Mais pour les mots décrivant des phénomènes universels (et le très jeune enfant qui commence à trottiner me semble appartenir à cette catégorie), il est toujours étrange de découvrir qu'il y a un mot précis dans une langue et que dalle dans une autre. Décidément, le terme anglais a toute mon affection. Et pis quand j'aurai des enfants de 12 mois et plus, je les appellerai toddlers, na d'abord. Que ça vous plaise ou non.


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Le printemps, c'est bien. Et la guerre, c'est mal. Tu dépoussières tes lunettes de soleil, tu repasses tes petits hauts à manches courtes, tu cires tes escarpins à bout ouvert... Mais ce n'est pas tout.

Tu commences à envisager de remplir ta déclaration de revenus professionnels ("la 2035", pour les intimes) pour la fin du mois de mars, rapport à ton association de gestion agréée ("AGA" pour les potes) qui te demande d'avoir tout bouclé presque un mois avant les délais fixés par les services fiscaux.

Tu commences aussi à penser à ta première déclaration trimestrielle de TVA de l'année qu'il va falloir renvoyer pour la mi-avril à ton centre des impôts.

Tu reçois ta déclaration commune des revenus des professions indépendantes ("la DCR", on dit), celle qui sert à calculer tes cotisations de sécu et de retraite.

Et comme tu vois loin, tu te souviens qu'après la 2035 et la DCR, il y aura bientôt la 2042 et la déclaration Agessa, celle qui sert à calculer tes autres cotisations retraite (parce que comme tu aimes les situations simples, tu as un double statut).

C'est donc le moment où tu te rends compte que tu n'as même pas commencé ta comptabilité pour l'année en cours. Où tu constates que tu n'as pas tout à fait bouclé ta comptabilité pour l'année passée. Où il s'avère que tu n'as pas rangé aussi méticuleusement que tu le pensais tes justificatifs de dépenses professionnelles pour 2009. Où tu te souviens qu'il est recommandé d'établir chaque mois un état de rapprochement bancaire alors qu'en fait tu ne l'as fait que pour les premiers mois de 2009 (Date de création du fichier : 21/03/09 ; Dernière modification : 21/03/09). Où t'aperçois soudain que tes factures 2010 et autres documents vaguement importants sont en pile intermédiaire sur ton bureau depuis bientôt trois mois et qu'il serait peut-être temps d'envisager de les classer.



Bref. Le 21 mars, ce n'est pas seulement le retour des rossignols qui chantent sous les tonnelles. C'est aussi le retour de l'organisite, un virus saisonnier un peu douloureux et chronophage, mais qu'il ne faut surtout pas laisser passer parce qu'après, c'est foutu pour toute l'année.



Et quand l'organisite te tombe dessus, tu as soudain l'impression d'être Travis.

Travis ?



Si-si, ce sympathique personnage scorsesien, celui qui dit :

I know what you mean. I've got the same problems. I just can't get things organized. Little things, I mean. Like my room, my possessions. I should get one of those signs that says, "One of these days I'm gonna get organezizied".

(Pour autant, sache que tu n'es pas obligé(e) d'adopter le look général de Travis ni sa façon un peu radicale de régler ses problèmes d'organisation à la fin du film, hein. Mais tu noteras qu'il porte des lunettes noires tout à fait de saison.)


Trêve de plaisanterie, il est temps, donc, de s'organiser. Pour ce faire, si tu as du mal à te motiver, tu peux par exemple participer à un grand chelem antiprocrastination titanesque.


Objectif : vider le classeur intermédiaire qui se trouve sur mon bureau (sorte de pendant plastoc de ce blog) et classer tout ce qui s'y trouve. Trouver un mode d'organisation efficace et peaufiner mes fichiers Excel afin qu'ils soient pratiques et faciles à utiliser.



Opération en cours...


Matériel nécessaire : classeurs, intercalaires, pochettes perforées (et étiquettes autocollantes, en option).




Dans le classeur bleu, on a besoin de six intercalaires :


1) Factures payées (frais professionnels), à répartir dans des sous-pochettes en plastique. Au choix, on peut opter pour un classement par mode de paiement (chèque, CB, prélèvement, c'est ce que demandent les experts comptables) ou par trimestre (plus pratique pour les acomptes trimestriels de TVA, c'est ce que je fais)

2) Honoraires, à répartir comme suit : une pochette où l'on range les factures émises et pas encore payées ; à la suite, on perfore et on classe les factures honorées par les clients (en notant la date de paiement sur la facture ainsi que le mode de règlement), en y agrafant les éventuels bons de versement émis par les clients.

3) Relevés bancaires

4) Charges sociales personnelles (Urssaf, Sécu, retraite)

5) Fiscalité : TVA, taxe professionnelle et, ultérieurement, 2035

6) Comptabilité




Dans le classeur noir, il en faut six aussi :

1) Notes de droits d'auteur, à répartir comme suit : une pochette où l'on range les NDA émises et pas encore payées ; à la suite, on perfore et on classe les NDA honorées par les clients (en notant la date de paiement sur la NDA ainsi que le mode de règlement), en y agrafant les éventuels bons de versement émis par les clients, ainsi que les éventuels contrats de traduction.

2) Relevés bancaires

3) Charges sociales personnelles (Agessa et Ircec)

4) Attestations de traduction signées par les clients, feuillets Scam et Sacem

5) Fiscalité (2042)

6) Suivi des droits d'auteur perçus (un peu plus léger qu'une véritable comptabilité), à savoir NDA réglées et versements Scam/Sacem




Côté fichiers informatiques, on s'organise aussi, si-si (je mets mes fichiers-type à disposition de toute personne intéressée, sans garantie, évidemment, d'efficacité ni d'exactitude - ils n'ont rien d'extraordinaire, par ailleurs, mais permettent (normalement) de faire un suivi comptable régulier... si on les complète régulièrement, s'entend) :


Traduction libérale :

- Fichier de comptabilité, à télécharger ici : Compta - Recettes Depenses 2035.xls

- Suivi des frais professionnels et de la TVA à récupérer sur les dépenses (avec part professionnelle/part personnelle) + suivi des factures et de la TVA à reverser. C'est ici : Calculs TVA.xls

- Rapprochements bancaires mensuels, c'est là : Rapprochements bancaires.xls




Traduction auteur :

- Suivi des droits d'auteur perçus - j'ajouterai mon fichier type quand j'aurai compris comment déclarer les droits Sacem (je suis novice en la matière...), revenez donc faire un tour par ici dans quinze jours ou trois semaines.



Bonne organisite !
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Les hasards du peeling


J'aime bien R., l'esthéticienne de la rue d'à-côté. Elle ne papote pas trop de la pluie et du beau temps, elle me fait de jolis ongles et une peau de bébé, et puis dans son salon, il y a Radio Classique.

(Non, lecteur masculin de ce blog, je ne vais pas te parler aujourd'hui des mérites du gommage à l'argile blanche ni des différentes techniques d'extraction des comédons. Tu peux rester sans crainte.)

R. m'a confié un jour qu'elle préférait Rires et Chansons, mais que ses clientes, elles, avaient voté pour Radio Classique. Comme quoi on ne fait pas ce qu'on veut quand on bosse à son compte, contrairement aux idées reçues (bientôt, un billet sur le sujet - ou pas).

L'aut'jour, j'étais allongée sur la table de soins de R. et j'essayais de me détendre en profitant pleinement de ce que les magazines-féminins-que-je-ne-lis-pas essayent de vendre comme un "instant zen et bien-être rien que pour [moi]" - mais qui me fait toujours l'effet d'une perte de temps monumentale quoique nécessaire quand on approche de la trentaine (oh ben oui, ma bonne dame, ça nous rajeunit pas) et qu'on a une peau de fumeuse doublée d'une peau de blonde trop claire.

Mon portable avait déjà sonné deux fois pendant que R. me tartinait le visage d'une substance granuleuse à l'odeur d'abricot, je repensais à la trad que j'avais renvoyée avant de partir en me demandant si j'avais bien joint le bon fichier de sous-titres et pas le fichier brouillon, et je listais mentalement ce qui me restait à faire avant la fin de la journée (ça faisait beaucoup).

"Instant zen et bien-être", hein.

Tandis que R. branchait la redoutable machine destinée à balancer un jet de vapeur continu sur mon nez et mes joues pendant 15 bonnes minutes ("vous sentez les pores respirer ?"), je me préparais mentalement à suffoquer pour être belle potable tout en priant pour que mes lentilles de contact ne se fassent pas la malle comme la fois d'avant.

C'est alors qu'au milieu du ronron harmonieux de Chopin et de Brahms qui faisait office de bruit de fond, j'ai entendu ça, lecteur plus passionné que jamais de ce blog :


tilidom.com


Un vieil air, un truc que je connaissais par coeur. Mais d'où ?

J'ai d'abord cru reconnaître une valse de Chostakovitch dont ont usé et abusé les publicitaires ces dernières années (et que le 7e art a lui aussi copieusement utilisée). Mais non, ça venait de plus loin - et surtout, c'était quelque chose de plus intime et de plus sympathique.

Quand mon oreille a enfin fait tilt (la vapeur chaude ralentit le cerveau, c'est bien connu) ça m'a paru évident. C'était la version originale de ça :


tilidom.com


Et ça, c'était le générique du Ciné-club d'Antenne 2, entendu mille fois sur les vieilles VHS enregistrées à l'époque (parce que bon, faut pas croire qu'on me laissait regarder des films à pas d'heure quand j'étais gamine, du tout du tout). Un générique dont je me souviens que je rembobinais parfois la cassette exprès pour le visionner une deuxième ou une troisième fois parce qu'il me donnait des frissons, au moins autant que le film qui suivait - généralement de la bonne came, du reste, à une époque où les vieux films n'étaient pas si facilement accessibles que de nos jours (re-couplet "ma bonne dame..."). C'était un peu la fête, quoi, le générique du Ciné-club.




Pour donner une vague justification culturo-pédagogique à ce billet, je signalerai simplement que cette charmante valse ("Amour et printemps") est l'oeuvre d'un certain Emile Waldteufel, compositeur de la seconde moitié du 19e siècle. Et dans la série des "collectibles", signalons qu'on trouve sur PriceMinister le 45 tours du générique de l'émission pour la modique somme de 10 euros, avis aux amateurs.




Bilan : esquissant un léger sourire un peu grimaçant rapport au jet de vapeur asphyxiant qui commençait sérieusement à me chauffer les pores, je me suis dit que le soin du visage en valait la peine, pour une fois. Rien que pour Emile Waldteufel et sa charmante rengaine. Nostalgie, quand tu nous tiens... tu nous fais vraiment accepter n'importe quoi.


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Toute mignonne, la Mignon


Les énigmes trépidantes avec "solution au prochain numéro" font le sel de ce blog, c'est bien connu. Lecteur joueur - et donc, comblé - de ce blog, bravo à toi si tu as misé sur l'option "machine à écrire antique" dans les commentaires de la dernière devinette en date. Voici une photo de la bête sous un angle un peu moins obscur :






Elle est venue rejoindre un début de collection un peu encombrant, mais chaleureux comme tout, à mes yeux (ces vieilles machines me font fondre, si-si).
Pour une courte description du mode d'utilisation assez barbare de la Mignon, c'est ici.
Pour la replacer dans la chronologie des machines à écrire, c'est là.
Et voici un joli site anglophone sur le sujet.

N'étaient les quelques (minimes) contraintes techniques que cela entraînerait, je me servirais bien de cette mignonne au quotidien, moi. Ça a quand même autrement plus de gueule qu'un bête clavier d'ordinateur en plastoc.


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Ah, Pergolèse... Jean-Baptiste Pergolèse (Giovanni Battista Pergolesi en vrai et en italien), compositeur baroque un peu oublié, auteur d'un Stabat Mater fort connu et d'autres petites merveilles comme ce madrigal presque féministe, que j'ai découvert il y a quelques années à un mariage et qui me ravit à chaque écoute...




Pourquoi je vous raconte ça ? Ah oui. Ce Pergolèse, il n'a pas fait exprès, mais il a un nom très inspirant. On ferme les yeux... "Pergolèse", "Pergolèse"... quand vous entendez ces trois syllabes, vous ne voyez pas une jolie pergola à l'ancienne avec une balancelle au milieu d'un paysage toscan ? Nan ? Laisse-moi te dire que tu manques cruellement d'imagination, lecteur terre-à-terre de ce blog.

Parce que les commerçants de la rue Pergolèse, eux, ils ont bien remarqué que c'était un nom accrocheur. La rue Pergolèse, c'est une petite rue du 16e qui part de l'avenue de la Grande-Armée (la frontière presque naturelle qui sépare mon arrondissement bourge mais sympathique de son voisin bourge mais moins sympathique).





Et il faut dire que les commerçants de la rue Pergolèse ont fait preuve d'une imagination débordante pour baptiser leurs restos, blanchisseries et autres fromageries. Sur quelques dizaines de mètres, la concentration d'enseignes inspirées du compositeur est impressionnante (un commerce sur deux, à vue de nez).












Verdict : trop de Pergolèse tue le Pergolèse. Depuis que j'ai remonté cette petite rue l'autre jour en me promenant dans le coin, le joli nom du sieur Giovanni Battista Pergolesi a cessé de me faire rêver. Et pour l'avenir, il reste encore Les caves Pergolèse, Le wok Pergolèse, Pergolèse auto-moto, La chaiserie Pergolèse, Pergolèse immobilier, Librairie Pergolèse, Chez Pergo & Lèse, Pergolèse bien-être, Pergo-burger, Au Pergo de l'année, Pergo-nails, Casa Pergolesi, Pharmacie Pergolèse, voire, Pergolèsement vôtre. J'dis ça, j'dis rien.


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Au menu #1


Dans les jeunes années de ma passionnante existence, quand votre blogueuse dévouée vivait dans une petite ville lorraine pas très active près de la frontière allemande, la grande distraction consistait à se rendre dans LA métropole germanique toute proche : Sarrebruck, Saarbrücken pour les intimes. Les expéditions à Sarrebruck, c'était toujours un peu l'aventure : on ressortait les marks de la chope décorative dans laquelle ils étaient stockés (parfois on se trompait et on emportait des francs suisses, hi hi), on passait la frontière (en train, trop cool) et on trottait allègrement pendant une matinée complète (avec un crochet incontournable par la boutique de jouets en bois, youpi). Puis on allait s'attabler avec appétit à la cafétéria du Karstadt, le grand magasin funky du coin.



Une architecture aérienne, un chic inimitable : le Karstadt de Sarrebruck


Et là, commençait alors un petit jeu de devinettes, toujours le même, pour décrypter le menu rédigé en langue locale. J'avais quatre ans, donc j'étais hors-jeu malgré ma grande précocité intellectuelle. Ma mère, de son côté, faisait de son mieux pour repérer quelque chose de familier dans cet enchevêtrement de termes barbares et finissait de guerre lasse par faire un choix un peu au hasard.

Dix minutes plus tard, deux assiettes arrivaient sur la table, et immanquablement, leur contenu indéfinissable (noyé sous une sauce brune) n'avait pas grand-chose à voir avec ce qu'on pensait espérait obtenir.

Après un instant de perplexité, la sentence maternelle tombait, sombre et désabusée : "De toute façon, en Allemagne, on n'a jamais ce qu'on croit avoir commandé."

Au terme de cet émouvant préambule, je pourrais te dire, lecteur crédule de ce blog, que c'est à cette époque que j'ai décidé de devenir traductrice quand je serais grande, afin d'oeuvrer en faveur d'une meilleure compréhension entre les shoppeurs frontaliers français et le personnel de la cafétéria du Karstadt de Sarrebruck. Ce serait une légère exagération, je le concède, mais disons que ces souvenirs d'incompréhension culinaire m'ont rendue attentive à une question ô combien cruciale : la traduction des menus.

Ça n'a pas l'air comme ça, mais c'est un problème incroyablement délicat, la traduction d'un menu. Dans un pays touristique comme le nôtre, où la bouffe (ou la gastronomie, selon l'établissement considéré) joue un rôle central et relève de la culture, que dis-je, de l'art de vivre, il semble évident que les restaurants qui prennent la peine de faire traduire leur menu devraient le faire bien, c'est-à-dire en confiant cet exercice périlleux à un professionnel - au pif, un traducteur de langue maternelle anglaise vivant en France depuis plusieurs années et si possible amateur de bonne chère. Quelqu'un qui serait à même de restituer toutes les nuances d'une carte et surtout de comprendre instinctivement ce qui se cache derrière des appellations telles que "panier vapeur d'effilochade de poulet mariné", "tourtière de canard aux saveurs du Quercy", "nougat de turbot en croûte d'agrumes et d'arachides", "royale de petits pois avec croustillant d'algues aux langues d'oursins", ou encore "compression d'araignée de mer accompagnée de son coulis aux cacahuètes grillées et d'un cromesquis au fumet corsé" (tous ces exemples sont authentiques).

Eh bien permets-moi de te dire qu'il n'en est rien, lecteur déconfit d'oie de ce blog. Trop souvent, les traductions de menus sont visiblement faites par les restaurateurs eux-mêmes (ou alors par la nièce du copain Jacquot qui a eu 14 au Bac en anglais, j'te promets qu'elle se débrouille, la p'tite, et puis c'est pas sorcier, hein, suffit de recopier les mots en anglais) et le résultat est pour le moins surprenant.

Après avoir lu ce billet fort réjouissant rédigé par une Australienne exilée dans les Alpes - et en souvenir d'un fou rire devant un menu bilingue, un soir de quête de resto avec Copine B. dans le 17e - il m'a semblé qu'il était temps d'inaugurer une nouvelle catégorie de billets consacrés à la traduction de menus. Pas seulement pour ricaner bêtement (ce n'est absolument pas le style de la maison), mais pour rappeler un point essentiel : une mauvaise traduction est souvent pire que pas de traduction du tout (il y aurait d'ailleurs un créneau à prendre, me semble-t-il, pour un traducteur spécialisé...).

Je commence avec du très light, parce que le billet de lefrancophoney.com est excellent et met la barre trop haut pour que je puisse rivaliser avec un tel niveau d'analyse. Voici deux petites photos, prises dans mon quartier, d'un étrange menu parfois en franglais, parfois en anglais (?) - menu unique, je précise, pas de version intégralement francophone présentée dans la vitrine :




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La parole à Momo


Je n'ai aucune passion particulière pour Maurice Druon (même si je me rends compte que c'est la deuxième fois que je l'évoque sur ce blog, ce qui fait beaucoup), mais je suis tombée, grâce à un lien de la liste de diffusion cineaste.org, sur ce petit laïus publié sur le site de l'Académie française, et je l'ai trouvé chou (et puis accessoirement, je manque de temps, je suis grippée-grognon et j'ai envie de bitcher tranquillement sur les fautes de français).

Sur Paris ?

Après s’être répandu dans la langue populaire ou familière, l’usage de la préposition « sur » où l’on attendrait la préposition « à » est aujourd’hui fréquente dans les médias (travailler sur Paris ; déménager sur Brest). Si, avec un verbe de mouvement, cette construction peut éventuellement se justifier par sa connotation dynamique (ainsi de déménager sur Toulouse qui rappelle marcher sur Rome), elle ne peut en revanche être acceptée avec un verbe qui n’a pas cette connotation (j’habite à Paris et non j’habite sur Paris).

Voici d’ailleurs ce qu’écrivait en 2002 M. Maurice Druon, Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie française :

« “Je vais descendre sur Marseille.” Vous trouvez-vous donc en hélicoptère ? “C’est pour travailler sur la région Provence-Côte d’Azur.” A-t-elle besoin d’être modifiée, redessinée ? Sans doute, puisqu’on envisage de “créer un nouveau canton sur la troisième circonscription du Var.” Mais par quel procédé ? Peut-on élever un canton ou le poser ? Cette pauvre préposition sur est harassée. On la met à toutes les sauces. Elle nous vient après plusieurs avatars du latin super, supra. On l’a chargée au fil du temps de bien des sens, propres ou figurés, matériels ou abstraits. Mais pourquoi lui impose-t-on, de surcroît, d’exprimer des indications qui ne comportent nulle notion de position, de supériorité ou de domination ? Il y a là un abus qui devient un tic. Soyons sur nos gardes pour n’y pas céder. »



La page "Questions de langue" de cette vénérable institution dont on parle beaucoup ces jours-ci est d'ailleurs bien faite et utile à garder sous le coude pour les jours de doutes. Et inutile de faire comme le jeune F., camarade de classe de votre blogueuse dévouée en CE2 :
La maikress : "F., quand tu as un doute sur l'orthographe d'un mot, c'est pas compliqué, tu vérifies dans le dictionnaire !"
F. : "Mais Madame, j'ai jamais de doutes !"


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Mot du jour (6)


Nouveau mot du jour - et cette fois, je suis à peu près sûre qu'il ne sera pas nouveau pour grand-monde :



esperluette


Contexte : De 7h (enfin, quand je suis levée) à 15-16h, en semaine, j'écoute France Inter à peu près en non-stop, lecteur radiophile de ce blog. Une habitude acquise, je n'écoute la radio que depuis une petite dizaine d'années. Mais il y a des plages horaires ou je zappe (on dit "zapper", pour la radio ?) sur RFI histoire de changer un peu. Notamment à l'heure du célébrissime "Jeu des mille euros", auquel je n'arrive pas à m'intéresser (et puis le "tim-tim-tim-tim..." métallique qui précède les réponses me stresse). Sauf que l'autre jour, j'étais distraite et je suis restée branchée sur Inter par hasard ou par erreur. Et j'ai entendu cette question fascinante : "Qu'est-ce qu'une esperluette ?" Là, le petit jeunot candidat qui avait l'air d'un sacré premier de classe tellement il connaissait toutes les réponses a débité à toute allure la définition de ce joli mot. Trop fort, le gars.


Ce n'est pas : une variété de piment d'Espelette.

C'est :
Le gracieux signe typographique qui représente le mot "et".




Selon ce blog de graphiste,

"L'esperluette n'a pas été inventée par France Telecom pour faire la promotion de l'Internet, mais existe depuis le Moyen-Age.

A cette époque, elle est utilisée par les moines copistes qui ont ligaturé les deux lettres de la conjonction "et" pour gagner du temps. On retrouve des utilisations de l'esperluette dans la langue écrite dès l'époque romaine.

Une hypothèse consiste à expliquer son nom par "espère-lu-et" où l'on espère que le lecteur lambda lit la conjonction "et", tandis que le Dico du Net explique doctement son utilisation comme "variable de langage informatique" en faisant remonter sa découverte à un papyrus contemporain de l'époque romaine. Considérée pendant quelques temps comme 27e lettre de l'alphabet, elle fut appelée perluette, mais là encore, les avis divergent.

Du fait de ses origines controversées, l'esperluette a perdu ses titres de noblesse : bannie de la langue écrite, elle porte désormais le nom de "et commercial" et a finalement trouvé grâce dans la communication.



Plus généralement, l'esperluette :
- fascine les amateurs de typographie, les graphistes et les typographes.
- inspire également les artistes plasticiens.
- donne son nom à une charmante petite maison d'édition, avec une orthographe un chouia différente.
- donne aussi son nom à une association de calligraphie qui fait de bien belles choses.
- permet enfin d'imaginer de ravissantes boucles d'oreille que je m'offrirais bien, tiens:




Ci-dessous, pour le plaisir des yeux : une composition d'Alain Hurtig, maquettiste et typographe.




Le mea culpa et le petit plus linguistique de Tatie Les Piles :

Pour une fille qui fait un métier où la typographie a quand même une certaine importance, et qui a soi-disant fait de la calligraphie toute son adolescence, j'avoue que c'est un peu léger de découvrir ce terme à 29 ans. Mais que veux-tu, lecteur moliérophile de ce blog : jusqu'à présent, je faisais des esperluettes sans le savoir.

Par ailleurs, esperluette se dit "ampersand" en anglais (pour "and per se and"), mais son nom allemand est d'un décevant fini : "Et-Zeichen" (avec ses variantes toutes plus poétiques les unes que les autres, selon Wikipedia : "Und-Zeichen; ugs. Kaufmanns-Und, kaufmännisches Und, Firmen-Und").


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Les bonnes et les moins bonnes choses de la semaine


Ces temps-ci, j'ai bien remarqué que les journées n'avaient que 24 heures alors qu'il m'en faudrait à peu près le double pour faire ce que j'ai à faire.

Alors, lecteur délaissé de ce blog, je te fais un résumé.

Il y a eu quelques hérésies culinaires...

Du dulce de leche en tablettes, mon premier tajine fait maison - mais cuit dans une cocotte - et un Saint-Julien qui a fini dans un récipient non-réglementaire suite à un malheureux accident de bouchon.




Tout cela était excellent, du reste. "Qu'importe le flacon... ", comme disait Fred.

Il y a eu des étudiants...

Trois sages étudiants en deuxième année de licence rencontrés en début de semaine dernière.

Neuf étudiantes de Master II, motivées, intelligentes et pas trop mal informées, rencontrées en fin de semaine.

Et des questions, toujours les mêmes : comment faire comprendre à ces jeunes gens que la traduction audiovisuelle n'est pas vraiment ce qu'on appelle un secteur d'avenir ? Comment doser les recommandations, les mises en garde ? Que dire sur les tarifs sans enfreindre le sacro-saint droit de la concurrence ? Comment informer sans décourager de façon stérile ? Etc., etc.

Il y a eu un passage express à Strasbourg...

Un peu de clavecin, un resto, deux-trois tours de rues qui permettent de penser à autre chose. C'est toujours ça de pris.

Il y a eu des élections...

Un retour plus express encore de Strasbourg pour voter à Paris. Et une grosse boule dans la gorge en voyant les scores du FN.

Il y a eu la mort de Jean Ferrat...

Et l'impression qu'à part Moustaki, il ne reste plus grand monde de cette belle génération (je n'aime pas assez Aznavour pour le mettre dans le même panier). Souvenirs d'enfance et de la découverte d'Aragon, la voix de Jean Ferrat et son doux visage taillé à la serpe m'accompagneront encore longtemps (oui, un visage peut être doux ET taillé à la serpe, nanmais).




Il y a eu un rendez-vous sous les ors de la République...

Sauf que c'était dans un bureau ultramoderne en béton cru. Dommage qu' "ils" aient refait ces locaux tout proches de la place de la Concorde qui devaient être très beaux à l'origine. Un rendez-vous préparé soigneusement, dont le résultat a été décevant, un peu démotivant. Ce n'est pas grave, on continue.

Il y a eu quelques films, sur grand ou sur petit écran...

Le beau Ghost Writer, le nullissime Nine, L'Echange troublant de Clint Eastwood, Un héros très discret dont je ne me souvenais pas bien.

Il y a eu quelques bouquins...

Histoire de charger un peu plus ma pile "à lire". Le nouveau Paul Auster, pris à la gare pour avoir quelque chose à bouquiner. J'ai tant aimé Paul Auster quand j'étais ado, il m'a tant déçue depuis. Et puis cet ouvrage au titre prometteur que j'ai hâte d'avoir entre les mains. Le Quai de Ouistreham, enfin, qui se lit vite et est intéressant. Au sujet de la médiatisation du bouquin, on peut lire cet article d'Acrimed, au fait.

Il y a eu un cadeau...

Inattendu et tellement bien trouvé que j'en colle la photo ici (vue latérale droite). Je te laisse deviner/chercher/reconnaître de quoi il s'agit, lecteur joueur de ce blog.




Il y a eu quelques traductions...

Une série de documentaires sur l'Amazonie. Chez les Indiens Ashaninka, on installe des postes connectés à Internet au fin fond de la forêt amazonienne (alimentation en électricité par panneaux solaires) pour pouvoir réagir au plus vite face aux raids destructeurs de la mafia du bois péruvienne. Pas pour surfer ou faire du shopping en ligne.

Un autre docu sur un auteur allemand que je ne connaissais que de nom, Ingo Schulze. Et en fait, je ne vois pas ce qu'on lui trouve. Ça se laisse lire, mais de là à faire de lui le porte-parole littéraire de la génération post-Réunification, je suis dubitative.


Et puis d'autres questions, d'autres interrogations, des choses qui me tracassent et me turlupinent, m'empêchent de travailler, de dormir, d'écrivailler ici. Mais j'ai l'impression que ça commence à aller un tout petit peu mieux. Et je te parlerai (peut-être) à l'occasion du traducteur de James Ellroy, d'un site gravos sur l'orthographe, des névroses de la sous-titreuse et de l'arrivée du printemps qui oblige la traductrice-au-double-statut-d'auteur-et-de-profession-libérale à s'organiser un minimum.



Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre
Que serais-je sans toi qu'un cœur au bois dormant
Que cette heure arrêtée au cadran de la montre
Que serais-je sans toi que ce balbutiement ?


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Et un outil pratique, un !


Pas le temps d'écrire des masses, ces jours-ci - je suis en vadrouille et fort occupée. Mais voici un petit lien pour traducteurs très utile, qui permet de s'y retrouver dans la jungle des tarifs "au mot source", "au mot cible", "à la ligne cible de 55 caractères", "au feuillet source de 1 500 signes", etc. et d'obtenir sans se fatiguer des équivalents entre ces différents modes de calcul. À garder sous le coude, donc.
(Ce portail est par ailleurs une mine d'infos intéressantes et vaut la peine d'être exploré - qu'on se le dise...)


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Un traducteur averti en vaut...



Sur une recommandation de NJATB, ma petite bibliothèque s'est enrichie d'un ouvrage pratico-pratique très bien fait, Le traducteur averti, de François Lavallée (Linguatech Editeurs, 2005).

Il faut que j'avoue ici ma très grande faute quelque chose, lecteur miséricordieux de ce blog : en matière de traductologie et d'ouvrages sur la traduction, je n'ai pas lu grand-chose pendant mes études (seule ma dernière année de fac a été consacrée à la traduction, et le DESS que j'ai suivi était 1. relativement chargé en termes d'horaires et de masse de travail ; 2. très axé sur la pratique de la traduction, les aspects plus théoriques ou plus élémentaires étaient censés avoir été abordés par les étudiants au cours des années précédentes). Du coup, je rattrape cette lacune petit à petit, au fil des recommandations et des bouquins que je croise par-ci par-là.

Celui-ci est justement le genre d'ouvrage que j'aurais aimé lire quand j'étais étudiante - mais il n'est jamais trop tard pour bien faire et un petit rafraîchissement des connaissances est toujours bienvenu.

La quête de tournures idiomatiques est le Sacré Saint Graal que tout traducteur se doit de rechercher. Le traducteur averti met le doigt sur les termes et tournures typiquement anglophones, face auxquels le traducteur fatigué se sent toujours irrésistiblement attiré par une solution "calquée sur l'anglais", même s'il sait en son for intérieur que c'est MAAAAAL.

"Community", "commitment", "professional", "material", "to maintain", "to include", "to ensure"... autant de termes récurrents dont le sens paraît complètement transparent, mais qui sont souvent laborieux à traduire élégamment dans notre chère langue française - et qui figureraient en bonne place dans ma propre "liste non-exhaustive de trucs pénibles à traduire" (© Babeliane !). Au-delà des termes étudiés, le bouquin se penche également sur certaines tournures parfois délicates, ce qui est un excellent complément ("ordre des mots et importance relative des idées", "slogans et titres", "for + substantif ou gérondif", etc.).

Un bon ouvrage de référence, donc - malgré quelques québécismes toujours charmants (du moins il me semble que ce sont des québécismes, je finis par m'y perdre... mais je n'ai jamais entendu "à la grandeur du pays" de ce côté-ci de l'Atlantique à la place de "dans tout le pays") - qui soulève de très bonnes questions et y apporte des réponses variées, avec une démarche pédagogique qui rend le tout très abordable. Merci pour le tuyau, NJATB !

Petit échantillon :


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"Qualité" ? Vous avez (encore) dit "qualité" ?

La preuve par l'image. Diaporamas réalisés par un membre du Collectif des adaptateurs de l'audiovisuel pour les sourds et les malentendants.

Version courte :



Version longue :


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Zavez remarqué ? Il y a des fautes de français qui se répandent par mode... J'ai l'impression que la confusion entre "dénoter" et "détonner" s'est installée subitement il y a quelques années, et qu'elle est devenue tellement courante que plus personne ne se donne la peine de la relever sauf les esprits chagrins comme moi.

Bien bien. Pas la peine de monter sur ses petits poneys à la moindre erreur, hein, me direz-vous, et puis qui es-tu, Les Piles, pour jeter la pierre au monde entier, commence par balayer devant ta porte (et autres expressions imagées toutes plus parlantes les unes que les autres) - et vous aurez sans doute raison.

Mais ce soir, en cherchant une info sur le Brésil pour une traduction en cours, j'ai croisé ladite erreur sur le site du Monde. Oui ! Lemonde.fr, émanation Internet d'un journal qui fut quand même longtemps une référence en matière de correction de la langue (même s'il a beaucoup baissé, ma bonne dame) - lemonde.fr, qui dispose pourtant d'une équipe de correcteurs de choc, blogueurs talentueux.




Je dis halte, c'en est trop. En résumé, donc :

On ne dit PAS :


"ça dénote dans le paysage".


"Dénoter" signifie "indiquer", "désigner", "marquer"... On peut penser à dénotation/connotation pour s'en souvenir.

Exemples :

Le ton de ce billet dénote un vif agacement de la part de son auteur.
L'état du compteur de visites dénote un faible intérêt pour les pinailleries linguistiques parmi les internautes.



On dit :

"ça détonne dans le paysage".


"Détonner" signifie "trancher", "jurer". On peut penser à "ne pas être dans le ton" pour s'en souvenir. Rien à voir avec "détoner"/"détonation", en revanche, mais après tout, ça peut servir de moyen mnémotechnique (il faut juste penser à doubler le "n").

Exemple :

La véhémence de ce billet détonne avec la sérénité et la modération dont fait habituellement preuve l'auteur de ce blog.



Voilà, ami lecteur. Je te laisse pour aller me coucher dans une atmosphère zen et détendue, l'esprit en paix et le poil dés-hérissé.


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Eh oui, il y a un an, Les Piles intermédiaires voyait le jour. Un an tout pile (haha) aujourd'hui. 257 billets publiés, une activité encore plus chronophage que ce que je croyais, beaucoup de futilités, un peu de trad, des langues... mais surtout le plaisir d'écrire un peu presque chaque jour dans un cadre autre que la traduction, même si c'est souvent pour raconter un peu n'importe quoi, et un bol d'air appréciable à une époque de maaaaaa viiiiiiiiiie où pas mal de choses ne tournent pas rond. Avec la sobriété légendaire qui caractérise ce blog, souhaitons-lui donc un bon anniversaire (si-si, lecteur consterné de ce blog, chante avec moi).

Pour fêter ça, et parce que je n'ai quand même pas poussé la folie jusqu'à faire un gâteau pour l'occasion, j'ajoute une rubrique "cuisine" dans le (la ?) blog-roll de gauche : des sites devant lesquels je bave régulièrement en attendant de renouer un jour avec le plaisir de faire la cuisine (plaisir perdu il y a longtemps et jamais vraiment retrouvé, du moins pas au quotidien). Si je m'en ressens, je finirai peut-être par créer une vraie pile "cuisine" par ici...

Quant à la suite... que dire ? Un peu moins de bla-bla et de nombrilisme, un peu plus de traduction et de langues : ce serait l'idéal, mais je me connais trop bien pour faire une telle promesse !


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... sont un casse-tête pour les traductrices !



('fin moi, je m'en fous, hein, c'est plus mon problème...)

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Ça s'est passé à la fin de l'automne, mais je n'avais pas trop eu le temps d'en parler à ce moment-là : une longue et instructive conversation téléphonique avec R., 23 ans, fraîchement diplômé Bac + 5 en langues et désireux de se lancer dans la traduction en libéral. R. est le fils d'un ami de mon Oncle M. et, chose rare, il m'a envoyé un mail poli, bien écrit et sans fautes d'orthographe. Je n'ai donc pas d'excuse valable pour l'envoyer balader.

R. veut des conseils. Il se présente, toujours fort poliment, et a visiblement rédigé son petit texte avant de le dire à voix haute. Il a aussi préparé une liste de questions à me poser. Comme je n'ai pas non plus trente ans de métier derrière moi, je lui conseille d'essayer de contacter aussi des traducteurs plus expérimentés, histoire d'avoir différents sons de cloche. R. prend note et me dit que justement, ça l'intéresse d'avoir le point de vue de quelqu'un qui n'est plus tout à fait un débutant mais qui a commencé il n'y a pas trop longtemps. Bon, R. est décidément très poli.

Et R. commence très fort :

- Nos profs nous ont prévenus qu'on travaillerait quasi-exclusivement avec des agences de traduction... ?

- Ah bon ? Pour démarrer, c'est ça ?

- Ben non, en règle générale, quoi.

Je lui explique que non, il ne faut surtout pas partir dans cet état d'esprit, qu'il est toujours plus intéressant à tous points de vue de travailler pour des clients en direct, que ça demande certes un effort de prospection, mais que le jeu en vaut la chandelle.

- Mais par exemple, vous, vous travaillez avec combien d'agences ?

- Théoriquement, une. Mais je n'ai pas du tout bossé pour elle depuis mi-2008, en fait.

- Ah.

R. est perplexe.

- Et comment on fait, pour trouver des clients directs ?

- On définit les domaines dans lesquels on veut/on peut traduire, on contacte les entreprises en essayant de cibler, sur les organigrammes, les personnes susceptibles de commander des traductions. Il faut envoyer plusieurs dizaines de candidatures pour avoir deux ou trois réponses. Puisque vous maîtrisez une langue rare (d'Europe centrale, en l'occurrence) et que vous êtes intéressé par l'économie, essayez de vous renseigner sur les entreprises françaises qui font du business avec ce pays-là, par exemple. Et vice et versa dans le pays correspondant : voyez quelles sont les boîtes qui travaillent avec la France. Les sociétés d'import-export, les entreprises de BTP, les groupes industriels qui s'implantent à l'étranger.

- Mais... c'est du boulot à chercher, ça !

- Ben oui, la recherche de clients, ça fait partie du métier, ça prend du temps. Tu croyais que les clients allaient te tomber tout cuits dans le bec, coco ? On ne vous a pas donné des cours de méthodologie de la prospection, pendant votre Master II ?

- Non, pas du tout, en fait.

(...)

- Je voulais aussi vous poser des questions sur les tarifs. Mais si ça vous ennuie d'en parler, on peut passer à la question suivante.

- Non non, vous avez raison, c'est important de se renseigner sur les tarifs que pratiquent les confrères pour fixer sa propre grille.

- OK. On nous a conseillé de commencer bas.

- "Bas", c'est-à-dire ? (Je crains le pire.)

- Ben autour de 5 centimes d'euros le mot source.

(On n'est pas loin du pire.)

- Gloups, que je dis, ça ne fait vraiment pas lourd, vous savez. Avec le statut libéral, la moitié de ce que vous gagnez passe à la trappe en cotisations, impôts et compagnie. Je vous laisse faire le calcul, il ne restera pas grand-chose. Sans compter que c'est un tout petit peu de la concurrence déloyale pour les confrères.

- Ah.

(Nouvelle perplexité.)

- M'enfin, il paraît que c'est mieux pour ne pas effrayer les clients, quoi.

- Vous avez peur d'effrayer vos clients ? Mais il ne faut pas ! Je comprends qu'on n'ose pas demander 20 centimes le mot quand on débute, mais il y a peut-être un juste milieu à trouver.

- Ah.

- Disons entre 10 et 15 centimes le mot cible, ça vous fait une marge de négociation.

Pour enfoncer le clou, j'enchaîne sur l'habituel laïus du "cercle vicieux" des tarifs bas : la nécessité de travailler vite (et souvent mal), le risque de prendre de mauvaises habitudes, l'épuisement qui guette au bout de quelques mois, le manque de temps pour chercher d'autres clients, l'amour-propre qui en prend un coup, la quasi-impossibilité d'augmenter ses tarifs une fois que le client a pris l'habitude de payer au ras des pâquerettes...

- Aaaah.

(Je l'entends prendre des notes. J'espère qu'il arrivera à relire cette brillante démonstration.)

(...)

- Bon, sinon, on nous a aussi dit de nous équiper avec Trados. Je suppose que vous utilisez ce genre de logiciel ?

- Alors là, vous tombez mal, parce que justement, je n'en utilise pas. Mais bon, dans mon cas, ça ne me servirait pas à grand-chose, ça dépend du type de textes qu'on traduit, certains traducteurs s'en servent beaucoup.

- Donc vous me conseillez de ne pas m'équiper ?

- Ce n'est pas ce que j'ai dit ! Mais c'est un gros investissement, attendez de voir si vous en avez besoin ou pas, si c'est rentable ou pas pour vous ('tain, 600 à 800 euros le logiciel selon les promos en cours, c'est à peine lourd, pour un free-lance qui démarre...). Personnellement, ça ne me serait pas très utile. Et puis il existe par exemple des mémoires de traduction gratuites, ou en tout cas beaucoup moins chères, ça peut valoir la peine de les tester. Par ailleurs, j'ai l'impression que les agences en profitent pour tirer les tarifs vers le bas dès qu'elles ont un début de fragment de mémoire de traduction à fournir au traducteur, alors je me méfie un peu.

- Ah. Mais au fait, c'est quoi, exactement, Trados ?

(...)

- Et le paiment, ça se passe comment, le paiement ?

- C'est-à-dire ?

- Est-ce qu'il faut demander à être payé plutôt par chèque ? Par virement ? Par PayPal ? Qu'est-ce que vous me recommanderiez ?

- Ben, ça dépend... Les clients étrangers, c'est toujours par virement. Les clients français, c'est variable. Je leur laisse le choix, personnellement. PayPal, il y a une commission sur chaque paiement. Ça dépend des cas, donc. Et il me semble que c'est une question de bon sens, non ?

(...)

- J'ai encore une question sur l'organisation, la comptabilité, tout ça. Est-ce que vous me conseillez de tenir une comptabilité ?

- Ah ben c'est pas que je le conseille, c'est que c'est obligatoire !

- Ah.

- On ne vous l'a pas dit ?

- Non.

(...)

Bilan : je croyais que les Masters II de traduction audiovisuelle détenaient la palme dans la catégorie "lâchons nos étudiants dans la nature avec aussi peu d'informations que possible et voyons combien d'entre eux survivent", mais je me rends compte qu'en traduction technique, certaines formations font très fort aussi (parce qu'il avait l'air bien sérieux, le gars, pas du genre à sécher les éventuels cours de méthodologie de la prospection, hein).

Sur ce, juste pour voir, j'ai ressorti mes classeurs et mes souvenirs de DESS de traduction (le Master II de mon époque pas si lointaine), catégorie "traduction technique" : un module bien complet, courant sur toute l'année pour nous apprendre à tenir une comptabilité, choisir notre statut et trouver des clients. Des discussions "tarifs" avec nos profs (tous traducteurs dans la vraie vie) qui nous répétaient de ne surtout pas nous brader et de ne pas trop compter sur les agences de traduction. Un module de formation à Trados et des recommandations : "pas la peine de vous équiper tout de suite, vous avez le temps".

Mais qu'est-ce qu'on leur apprend en Masters II, de nos jours, bordel ? Je rectifie, ma phrase est injuste (et un poil vulgaire, mais après tout, on n'est plus à ça près) : Qu'est-ce qu'on leur apprend dans certains Masters II ? Ces formations à Bac +5 m'ont quand même l'air de former une sacrée loterie : avec un peu de bol, tu tombes sur un Master II sérieux qui n'a pas usurpé son qualificatif de "professionnel". Avec moins de bol, tu sors avec pour tout bagage un bout de papier intitulé "diplôme" et un accompagnement musical sur le mode "Welcome to the jungle".

Le moment que j'ai préféré, c'est quand R. m'a dit, vers la fin de conversation et alors qu'on discutait quelques minutes à bâtons rompus : "Et vous connaissez un peu le sous-titrage ? Nos profs nous ont dit qu'il y avait pas mal de débouchés dans ce domaine, avec le câble, le DVD, tout ça... "

De battre mon coeur s'est arrêté, comme dirait l'autre.


Sinon, demain matin, j'ai rendez-vous à 9h à l'autre bout de Paris avec trois étudiants en langues. J'ai une heure trente pour les dissuader de devenir traducteurs dans l'audiovisuel. Can't wait to meet them.




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Failed humanization attempt


Ils me font un effet bizarre, ces moteurs de recherche, navigateurs et autres clients de messagerie faussement humanisés qui s'excusent sur un ton désinvolte...











C'est louche !


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Diverses associations d'idées, respectivement à la suite de la lecture d'un blog et après un échange d'e-mails, m'ont fait repenser ces derniers temps à Lynne Truss et à Mark Twain.

Peu de points communs entre ces deux auteurs, il faut l'avouer.

Lynne Truss, journaliste britannique, a signé il y a quelques années un best-seller très drôle sur... la ponctuation (moui, je sais, écrire "un best-seller très drôle sur la ponctuation", c'est friser le double l'oxymore). Le bouquin, intitulé Eats, Shoots & Leaves: The Zero Tolerance Approach to Punctuation, peut être consulté très partiellement sur GoogleBooks - et il vaut vraiment le détour. Manuel militant en faveur du respect de la ponctuation (avec kit d'autocollants intégré pour corriger soi-même les virgules manquantes et les apostrophes abusives sur les panneaux et enseignes que l'on croise dans la vie de tous les jours), Eats, Shoots & Leaves est un bonheur à lire pour toute personne aimant la langue anglaise et constitue une façon tout à fait ludique et rafraîchissante de réviser quelques bases.

L'ayant découvert et lu avec plaisir il y a quelques années, j'ai à l'époque voulu partager cette jubilation ponctuationnelle et typographique avec une personne proche susceptible de faire preuve du même enthousiasme compte tenu de ses centres d'intérêt : ma mère. Mais nous nous sommes très vite heurtées à une difficulté de taille : ma mère ne maîtrise pas suffisamment l'anglais pour le lire dans le texte, et pour ma part, j'étais incapable de traduire efficacement ne serait-ce que le jeu de mot donnant son titre au livre.




Après lui avoir laborieusement expliqué pourquoi ce jeu de mot était particulièrement hilarant (opération qui donne rarement de bons résultats), j'ai renoncé à aller plus loin. Là où l'ouvrage d'origine s'adresse à un lecteur qui comprend la langue traitée, voire, en a une connaissance intuitive de locuteur natif, comment faire pour expliquer le texte, phrase après phrase, pour trouver des équivalents français à des situations ponctuationnelles typiquement anglaises, etc. ? Après tout, il doit bien y avoir des textes intraduisibles, non ?


Mark Twain, d'une manière générale, on ne le présente plus. Mais au-delà des Tom Sawyer et autres Huckleberry Finn, on ignore parfois que ce cher Mark avait une dent particulière contre - ou une tendresse particulière pour - la langue allemande, à laquelle il a consacré, notamment, un texte intitulé The Awful German Language. Avec le style et l'humour qu'on lui connaît (ben oui, puisqu'on ne le présente plus), il détaille les souffrances et la perplexité de l'anglophone confronté à la langue de Goethe. Et s'amuse visiblement beaucoup à proposer des "traductions" de constructions allemandes en calquant sa syntaxe anglaise sur celle de nos amis d'outre-Rhin.

Un petit exemple, lecteur de ce blog qui n'as peut-être pas eu la curiosité de cliquer sur le lien ci-dessus, mais qui ne vas pas pour autant y échapper :


The Germans have another kind of parenthesis, which they make by splitting a verb in two and putting half of it at the beginning of an exciting chapter and the other half at the end of it. Can any one conceive of anything more confusing than that? These things are called "separable verbs." The German grammar is blistered all over with separable verbs; and the wider the two portions of one of them are spread apart, the better the author of the crime is pleased with his performance. A favorite one is reiste ab -- which means departed. Here is an example which I culled from a novel and reduced to English:

"The trunks being now ready, he DE- after kissing his mother and sisters, and once more pressing to his bosom his adored Gretchen, who, dressed in simple white muslin, with a single tuberose in the ample folds of her rich brown hair, had tottered feebly down the stairs, still pale from the terror and excitement of the past evening, but longing to lay her poor aching head yet once again upon the breast of him whom she loved more dearly than life itself, PARTED."

However, it is not well to dwell too much on the separable verbs. One is sure to lose his temper early; and if he sticks to the subject, and will not be warned, it will at last either soften his brain or petrify it. Personal pronouns and adjectives are a fruitful nuisance in this language, and should have been left out. For instance, the same sound, sie, means you, and it means she, and it means her, and it means it, and it means they, and it means them. Think of the ragged poverty of a language which has to make one word do the work of six -- and a poor little weak thing of only three letters at that. But mainly, think of the exasperation of never knowing which of these meanings the speaker is trying to convey. This explains why, whenever a person says sie to me, I generally try to kill him, if a stranger.



À ce stade, lecteur attentif et (j'espère au moins un tout petit peu) polyglotte de ce blog, je pourrais t'expliquer que j'ai justement rencontré l'autre jour un vieil ami allemand qui ne parlait pas du tout anglais et que j'ai tenté, toujours laborieusement, de l'initier aux joies de The Awful German Language. Mais pour être tout à fait honnête, je n'ai pas de vieil ami allemand qui réponde à cette description et vais donc zapper cette étape. Simplement, me dis-je, comment traduire un texte de ce style à destination d'un public germanophone ? Dans un essai où l'auteur s'adresse spécifiquement à ses pareils - anglophones perplexes -, comment transposer ce discours à destination des locuteurs de la langue incriminée ? Comment faire ressortir ce qui paraît absurde, par exemple, quand cet absurde constitue le "milieu naturel" du lecteur germanophone ? Certes, je ne suis pas de langue allemande et je n'ai donc pas tenté l'exercice - mais disons qu'il me semble périlleux. Et après tout, il doit bien y avoir des textes intraduisibles (en allemand), non ?


Eh bien non, lecteur ébahi de ce blog : impossible n'est pas traducteur (ou quelque chose dans ce goût-là), et je suis visiblement une traductrice défaitiste (voire un brin fainéante). Je t'invite donc à découvrir sans tarder :

- Le témoignage de Natalie Shahova, traductrice russe qui s'est attaquée à Eats, Shoots & Leaves et raconte ses neuf mois de confrontation avec ce texte, ainsi que le travail de pédagogie qu'elle a effectué pour aboutir à une traduction qui n'est pas une "localisation", mais semble ressembler davantage à une "traduction-explicitation". Comme en témoigne l'illustration de la couverture, cette histoire de panda est tout aussi intraduisible en russe et il a fallu trouver un autre jeu de mot pour accrocher le lecteur russe.

- La traduction de Die schreckliche deutsche Sprache par un traducteur non-identifié (peut-être ce Michael Schneider, mais sans garantie). Certes, il est obligé de tricher un peu et de laisser des passages en anglais - impossible, évidemment, de gommer le statut "extérieur à la langue" de l'auteur, cela n'aurait aucun sens. Mais le résultat est plutôt convaincant, bien que moins savoureux que l'original.

Alors, consoeurs et confrères traducteurs littéraires ? Une petite traduction en français de Eats, Shoots & Leaves, ça ne vous tente pas ?


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Chonchon nous livre quelques détails et techniques pour planquer son bazar.

Gingko remporte la palme du bureau le plus multifonctions (avec machine à coudre intégrée).

Tonton nous dévoile son vaisseau intergalactique.


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Vérification des clichés éternels.






Observation de la faune locale.





Un ciel gris (souvent), un ciel bleu (rarement).





Réapprovisionnement en breuvages et accessoires locaux.



Décornage de boeufs sur les ponts.



Arrêt devant quelques dizaines de vitrines et enseignes rigolotes et/ou jolies.





Deux restaurants indiens, un coréen, un italien, un américain, un japonais et un pub (quand même).



Un cornichon dans la City.



Un stade de foot paraît-il mythique (needless to say this wasn't my idea).




Visite des lieux de shopping attrape-touristes incontournables.



12 578 trajets en bus (et une paire de gants).



Minimum syndical culturello-muséal.



Et encore :

Un vieux pote (celui de The Man), un cousin (le mien).

Un bed & breakfast très recommandable.

Un froid de canard.

De la marche sous la pluie, beaucoup.

Trop de Français.

Une seule plantade dans l'utilisation des transports en commun.

L'inimitable (mais glaçante) politesse anglaise.

Un excellent choix de chemises à poignets mousquetaires dans les magasins.

Une contemplation émue du rayon de yaourts Müller Corner chez Tesco.

84 heures d'affilée sans se connecter à Internet (j'ai compté).




En résumé, je n'arrive toujours pas à aimer Londres. Mais jouer les touristes, ça change les idées, et ça, c'est bien.
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