Samedi 24 : à Lyon, ce n'est plus le printemps, c'est carrément l'été. Flâneries au soleil, poilades multiples devant Nièce A., toddlerette qui commence à parler et déménage tout ce qui lui passe entre les mains, discussions métaphysiques avec Neveu S. qui se pose (et pose) beeeaaauuucoup de questions en ce moment, farniente et bonnes bouffes en famille presque sans arrières-pensées (c'est un progrès).




Dimanche 25 : à Lyon encore, Copine A. a un bel appartement tout neuf, toujours autant de goût pour la déco, et de la suite dans mles idées. Merci, Copine A. ! Plus je les porte, plus je les aime, mes esperluettes.



(Non, je ne les porte pas comme ça.)

Lundi 26 : à Paris, c'est aussi presque l'été. Mais il y a deux nuits blanches à enchaîner, mille choses à faire en 48 heures avant de repartir, la TVA d'avril en retard, et toujours pas de nouvelles de l'Urssaf. Mon psy est tout bronzé au retour de ses vacances, y a pas de justice. Au cinéma l'aut'jour, la bande annonce de Camping 2 m'a permis de me rendre compte que c'est à Richard Anconina que me faisait penser ce brave homme, voilà un truc inutile de moins à retourner dans ma tête. Un cadeau de naissance acheté dans la boutique hors de prix mais trop mignonne de la rue d'à-côté de chez moi, compensé par une paire de ballerines quasiment donnée chez Promod : c'est ce que j'appelle un shopping réussi.


Mardi 27 : Je cours, je cours, j'aurais vraiment besoin de dormir. J'aimerais bien accessoirement visionner mon gros docu sur le Philharmonique de Berlin qui sommeille depuis (déjà) une petite semaine sur mon ordi, mais ce soir, il y a Lagrène-Lockwood-Galliano au Châtelet, un concert très attendu par votre blogueuse dévouée, alors tant pis pour le Philharmonique. Pas mal, ce concert, même si les trois compères mettent un peu de temps à se lâcher (c'est peut-être dû au lieu pas très jazzy, il faut se bouger sérieusement pour décoincer le Châtelet). Lockwood, qui m'avait laissé une impression inoubliable en 2003 avec une composition de ouf dans laquelle il s'auto-samplait sur scène avec les pieds (si si) et parcourait ensuite toute la salle en une semi-impro virtuose et hypnotisante rythmée par la boucle samplée, Lockwood, donc, me paraît étonnamment sage et classique. Galliano est bon, un peu froid. Et puis Biréli (oui, quand on a vu un artiste plus de trois fois en concert, on a le droit de l'appeler par son prénom) semble moins fringant qu'à son habitude. Bonne soirée en très bonne compagnie, néanmoins.


Mercredi 28 : à Dax, eh ben, ce n'est plus l'été, c'est carrément la canicule. Départ à l'aube, aller-retour express chez Belle-soeur A. pour la naissance du (tout) petit T., baptême par téléphone avec le Sénégal, journée passée moitié en cuisine, moitié au soleil, trois coups de fil de clients auxquels j'ai écrit exprès un mail pour signaler mon indisponibilité ces deux jours-là et qui n'ont visiblement pas lu ledit mail, dur dur de profiter un tout petit peu du calme et de l'atmosphère "vacances" ambiants. Je découvre que les terrasses de Dax-by-night (à la pointe des tendances actuelles) ont relancé la mode des décorations kitschissimes en papier sur les cocktails, ce qui me replonge dans les séjours aux villages vacances Occaj du tout début des années 80.




Jeudi 29 : autant dire que je n'ai aucune envie de reprendre le train pour Paris moins de 24 heures après mon arrivée. Le ciel est un peu gris quand je pars, mais dans la capitale, c'est toujours l'été. Trois quarts d'heure de retard quand on a un programme serré : merci la SNCF. Ça me donne le temps d'avancer un peu dans le fascinant bouquin de Frédéric Martel, Mainstream. La soirée est réussie malgré quelques ratés techniques, ouf.



Vendredi 30 : ben à Paris, c'est l'automne. C'est ballot, maintenant que j'ai rendu ma trad financière, j'ai justement un peu de temps libre. Si c'est comme ça, je vais me coucher, na d'abord.


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J'aimerais comprendre...


Pendant quelques secondes, j'ai cru qu'un miracle était arrivé, ce matin.


Parce qu'après avoir fait une première demande par voie électronique le 27 mars...

Une deuxième demande par téléphone le 30 mars...

Une troisième demande par téléphone le 1er avril...

Une quatrième demande par mail le 10 avril... (ouais je sais, j'ai un peu relâché la pression sur le premier décan)

Une cinquième demande par téléphone le 15 avril...

Une sixième demande par téléphone le 21 avril...

(... sachant que j'ai eu, à chaque fois, l'assurance qu'on allait m'adresser le papier que je demandais dans les 24 ou les 48 heures...)

(... sachant que chaque demande par téléphone nécessite cinq à dix appels pour réussir à avoir quelqu'un au bout du fil...)

(... et sachant qu'il faut bien quatre-cinq jours ouvrés pour avoir une réponse à un message électronique, quand réponse il y a...)

... j'ai bien cru que l'URSSAF m'avait enfin envoyé ma fucking attestation quand j'ai vu DEUX enveloppes portant son logo dans mon courrier ce matin.


Ben vous savez quoi ?


Même pas. Rien à voir. Ils m'écrivent pour autre chose.


À une heure de partir en week-end, je vous annonce donc que je ressemble à ça :





(Mais en plus pâle parce que je manque de sommeil.)


Peace and love, amigos.

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(Premier épisode et principe de cette série de billets).


I remember trying to imitate Burt Lancaster's smile after I saw him and Gary Cooper in Vera Cruz. For days I practiced in the back yard. Weaving through the tomato plants. Sneering. Grinning that grin. Sliding my upper lip up over my teeth. After a few days of practice I tried it out on the girls at school. They didn't seem to notice. I broadened my interpretation until I started getting strange reactions from other kids. They would look straight at my teeth and a fear would creep into their eyes. I'd forgotten how bad my teeth were. How one of the front ones was dead and brown and overlapped the broken one right next to it. I'd actually come to believe I was in possession of a full head of perfect pearly Burt Lancaster-type teeth. I didn't want to scare anyone so I stopped grinning after that. I only did it in private. Pretty soon even that faded. I returned to my empty face.

4/25/81
Homestead Valley, Ca.

Sam Shepard, Motel Chronicles, City Lights, 1983



Des fois que certains ne visualiseraient pas : à gauche, le "grin" carnassier du modèle burtlancastero-veracruzien, et à droite, Sam Shepard jeune.




Ouaip, chuis bien de votre avis, y a comme un truc pas logique.


Un mot sur le bouquin, tout de même, parce qu'il m'est cher. D'accord, c'est un peu de la triche de l'inclure dans cette série de billets parce que Sam Shepard est acteur/scénariste/réalisateur et que dans ses chroniques (Motel Chronicles, donc, mais il y en a d'autres), il est forcément question de cinéma. Mais comme c'est à mes yeux un écrivain à part entière et pas "juste" un acteur qui publie ses notes, je trouve qu'il a toute sa place ici. Ne serait-ce que parce que Motel Chronicles est une merveille et un petit concentré de tout ce que j'aime dans la littérature américaine contemporaine - des phrases lapidaires et minimalistes, aux routes interminables et aux motels impersonnels, en passant par le vide et le désenchantement postmodernes (si si, j'vous jure). A lire, vraiment.



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Brève linguistico-people


Un blog digne de ce nom ne peut se passer d'actualité people, qu'on se le dise.

E., une aimable lectrice (merci, E. !), m'a fait parvenir cet article paru début avril sur divers sites (en l'occurence celui-ci), article que je vous livre tel quel dans toute sa splendeur franglaisque.




Après des recherches approfondies sur le sujet (il est important de rester à la hauteur de sa réputation, n'est-ce pas), je vous invite à lire aussi...

... l'avis des experts :


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... l'avis des internautes joueurs et imaginatifs :


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... l'avis des internautes lucides :


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... et l'avis de la star, qui, après avoir pris la mesure du ridicule de la chose, a visiblement opté pour la seule stratégie qui s'offrait à elle pour s'extirper à la rame de ce guêpier marketing : jouer les énigmatiques.


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Yeah, right.


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Kafka au téléphone


- Allô ?

- Allô, c'est bien la traduction, chez vous ?

- Voui-voui. Quoique je ne l'aurais pas formulé d'une façon aussi cavalière, chère madame.

- Je peux passer, là ? Vous me donnez le code ? J'avais fait traduire un papier chez vous, il me faut une copie.

- Passer, c'est-à-dire ? Chez moi, là tout de suite ?

(Regard circulaire paniqué sur mon bureau en bordel. Pensée affolée pour le salon où je dois aspirer depuis une semaine.)


- Oui oui, vous me donnez le code. J'ai besoin d'une copie de mon acte de mariage traduit.

- Ah vous me rassurez, ce n'est pas chez moi que vous avez fait traduire ça, madame.

- Mais si, mais si !

- Mais non, je vous assure. Je ne suis pas assermentée, je ne traduis pas ce genre de documents. D'ailleurs je ne travaille quasiment jamais pour des particuliers.

- Comment vous faites, alors ?

- Ben je ne travaille qu'avec des entreprises et je t'en pose, des questions ?

- Mais c'était vous, je suis sûre !

- Je vous assure que non !

- Passez-moi quelqu'un d'autre, alors !

- Mais je suis toute seule, madame !

- Pourtant, c'était rue X., je m'en souviens. J'ai cherché dans l'annuaire, c'est votre rue.

- Peut-être, mais je vous assure que ce n'était pas moi.

- Si si, c'était une dame, comme vous.

- D'accord, mais ce n'était pas moi !

- Siiiiiii !

- Quand est-ce que vous avez fait traduire votre acte de mariage ? C'était en quelle langue ?

(Zut, j'entre dans son jeu, là.)

- En 2002. En arabe.

- Ah ben ça règle la question : en 2002, je n'habitais pas Paris, et j'étais encore étudiante. Et puis je ne parle pas l'arabe. Donc vous voyez bien que ça ne peut pas être moi.

- C'est une de vos collègues, alors. Vous n'avez pas l'air très au courant.

- Mais je vous répète que je travaille toute seule, je suis free-lance, quoi ! Ce n'est pas une agence de traduction, ici.

- Mais alors c'est qui ?

- C'est qui qui quoi ?

- C'est qui qui a traduit mon acte de mariage ?




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Blogs, gens doués & Co.


Un petit méta-billet ne fait pas de mal, de temps en temps. Quelques trucs bloguesques, en ce début de semaine.

D'abord, parlons du mien, de blog (je trouve que je n'en parle pas assez, d'ailleurs. Si ? Ah ? Trop ?). Sur une suggestion qui m'a été faite tout récemment, je te propose, très cher lecteur de passage, occasionnel ou régulier de ce blog, d'écrire des billets ici si ça te dit. Pas besoin d'être blogueur, hein, tout le monde peut jouer. Si tu es pris d'une inspiration subite et que tu as envie de t'adresser au monde entier (mais non, je ne suis pas mégalo), ne sois pas timide, envoie-moi un petit mail à lespilesintermediaires@yahoo.fr et on en reparle.

Le sujet ? C'est toi qui vois. Les langues et la traduction, bien sûr, le cinéma, la musique et la littérature, cela va de soi, mais tu as sans doute remarqué qu'il m'arrivait parfois (oh, très rarement) de digresser un chouia, je serais par conséquent mal placée pour t'imposer un thème. Sache donc que si tu ressens l'envie de t'exprimer sur la physique quantique ou l'élevage des escargots, mi casa (virtual) es tu casa. J'en profite pour créer une page exprès pour ça dans la colonne de gauche, au cas où tu rangerais cette idée dans un coin de ta tête pour la ressortir dans deux ou trois mois.

Ça, c'est fait. Passons maintenant aux gens doués qui font de belles choses avec leurs mains.

Dans un genre très couture, Gingko a une chouette copine patchworkeuse qui lui prépare une merveille pour la naissance de sa petite étoile. Je vous invite à découvrir la chose sur le blog de Lili - je trouve le principe sympa comme tout, la copine, drôlement courageuse, et j'ai hâte de voir le résultat. Pas vous ?

Dans un genre un peu plus costaud, la petite fuste sous la prairie de ma consoeur A. a bien changé, puisqu'elle est désormais habitable... et habitée. Un projet qui me paraît pharaonique, vu de loin et de mes yeux de citadine pur jus qui n'envisagerait pour rien au monde de s'éloigner un jour du bitume et des embouteillages. Un grand bravo, en tout cas.

Et puis dans un genre nettement plus girlie, j'avais déjà évoqué le site de Dame Pivoine il n'y a pas longtemps. Après maintes hésitations - pour cause d'embarras du choix et de furieuse envie de dévaliser la boutique - j'ai tenté une commande - de jolies boucles d'oreilles, que l'on peut voir ici ou . Le petit plus esthétique que j'ai apprécié, c'est que Dame Pivoine met autant de soin à emballer ses créations qu'à les réaliser. Petites boîtes mignonnes comme tout, carton assorti aux boucles d'oreilles, quelques fleurs sèches pour agrémenter le tout... Voilà qui ne risque pas de freiner mes futures fringales de bijoux fantaisie.



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Ô joie...


... un blog tout frais tout neuf consacré à la traduction audiovisuelle !
Il s'appelle Les sous-doublés, et il est .

À suivre...


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Aux deux tiers de la séance, j'étais justement en train de me dire qu'il n'était pas mal du tout, ce sous-titrage cinéma, même si le film était nase.

Fluide, lisible, vivant, plutôt bien traduit et tout et tout, juste comme on les aime.

Et puis soudain, au détour d'un sous-titre...


encleint à


Du verbe "encleindre", sans doute ?

(Gasp, gloups et autres onomatopées.)


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Il y a bien longtemps, lecteur de ce blog qui comme moi prends de l'âge, quand ta blogueuse dévouée tombait, dans un roman, une nouvelle, un journal ou une correspondance, sur un paragraphe évoquant - même brièvement, même superficiellement - le 7ème art, elle le recopiait dans un fichier Word qu'elle enregistrait amoureusement dans Ses Documents. Elle allait même rechercher ce genre de passages dans des bouquins lus plusieurs années auparavant.

Oui, elle était déjà bizarre, en ce temps que les moins de dix ans ne peuvent pas connaîîîîîîtreuh.

Cette frénésie anthologiesque finit par lui passer et le fichier Word disparut un jour dans le grand Néant Informatique lors du huitième plantage généralisé de son ordinateur d'alors.

Du moins le crut-elle.

Car il n'y a pas si longtemps, en recherchant un dossier de photos égaré parmi ses vieilles sauvegardes, ta blogueuse toujours dévouée tomba sur un fichier Word mystérieusement intitulé "they_write_about_it.doc". Intriguée (et, qui sait, prise peut-être d'une soudaine intuition, telle une héroïne Harlequin à la sensibilité supérieure à la moyenne ?), elle double-cliqua. Le CD-Rom ronronna, chouina, patina, faillit bien se bloquer dans le lecteur, mais persévéra vaillamment et finit par consentir à laisser s'ouvrir l'énigmatique point doc.

There it was!

Bon, il manquait (au moins) les extraits de Kafka geht ins Kino et d'un texte d'Elfriede Jelinek que je me souvenais avoir patiemment tapés quand j'étais tombée dessus. Mais l'essentiel était là.

Et je vais te dire un truc, lecteur frétillant d'impatience de ce blog et rassuré de me voir repasser à la première personne du singulier : c'est l'occasion ou jamais de créer une nouvelle catégorie de billets (ça faisait longtemps). Certes, il existe à n'en pas douter de très bonnes anthologies de ce genre dans le commerce, certes aussi, je ne suis sans doute pas la première à me lancer là-dedans sur la Toile, mais je t'avoue que ça me tente assez de reprendre ce petit recueil personnel et subjectif, quitte à aller repêcher quelques extraits supplémentaires dans des lectures plus récentes. Et oui, j'essaierai de retrouver les versions traduites de quelques longs passages que j'avais à l'époque saisis en allemand, c'est promis.

Premier épisode, pour rester dans la thématique d'un récent billet : un classique de la littérature jeunesse dans lequel on trouve deux évocations d'un cinéma slash évasion slash divertissement. Voici le premier passage (pour en savoir plus sur le roman, cliquer sur le titre, tout en bas).


La nouvelle qu'un film américain allait être projeté à Rubtsovk mit l'école en émoi. Les films russes (en comptant certains des plus grands) étaient bien, mais rien ne nous excitait plus qu'un film américain. Tout le monde voulait y aller. C'était le sujet de conversation. "Est-ce que tu y vas ? Tu n'y vas pas ? Quand y vas-tu ? Avec qui y vas-tu ?"

Deux filles m'invitèrent à les accompagner.

J'étais transportée de joie. Une invitation, quelle qu'elle fût, m'aurait déjà comblée – alors celle-là ! Combien cela coûterait-il ? demandai-je ? Quatre roubles, me dit-on.

"Quatre roubles ! s'exclama ma mère. C'est beaucoup d'argent."

Mon cœur chavira et je réprimai un gémissement sans pouvoir m'empêcher de prendre un air tragique. Le conseil de famille fut réuni. "L'homme ne vit pas de pain, dit ma grand-mère qui aimait tant s'amuser.

- C'est là tout le problème, acquiesça ma mère d'un ton acide. Quatre roubles, c'est un morceau de viande...

- Tu appelles ça de la viande ?" Grand-mère était presque en colère.

Mon père, le grand conciliateur, intervint : "L'enfant doit aller voir le film.

- Doit aller voir le film? demanda ma mère, et Grand-mère elle-même eut l'air surprise.

- Elle doit y aller", répéta mon père, sans autres explications, et ce mutisme laissa la forte impression que le destin de tous les déportés polonais était en jeu.

Derrière leur dos, il me fit un clin d'œil.

Le cinéma, un petit bâtiment blanc, que je trouvais maintenant très joli, était situé derrière la place du marché et près d'un petit parc qui, pour certaines raisons, était ignoré des enfants de Rubtsovsk. Peut-être parce qu'il était le lieu de rassemblement de tous les adultes. Mais ce soir, beaucoup de garçons et de filles le traversaient en courant pour aller au cinéma.

La salle était bondée d'enfants poussant des cris ; pas de professeurs ici, seulement des adultes ordinaires dont les exhortations au silence ne comptaient guère.

La lumière baissa (il y avait de l'électricité ici, bien sûr, et c'était la première fois que j'en voyais depuis que j'avais quitté Wilno). Tout le monde se tut et attendit.

Le film s'appelait Charlie's Aunt avec Jack Benny – il était sous-titré en russe – et nous hurlions de rire. C'était étrange d'être assis dans ce désert de Sibérie à regarder un classique du répertoire anglais qui avait été tourné à Hollywood.

Rentrant à la maison dans le noir, entouré par l'immense steppe qui se craquelait en formant des dessins, c'était Jack Benny, faisant des cabrioles avec sa ridicule perruque, qui occupait les lieux, Oxford prenait le pas sur la Russie.

Le film nous occupa longtemps ; nous en discutâmes et rediscutâmes et refîmes toutes les scènes une à une. Cela me fit entrevoir que le bonheur n'est pas seulement d'avoir le ventre plein.



Esther Hautzig, La Steppe infinie
Traduction : Viviane de Dion
L'Ecole des loisirs, collection Médium poche, 1986



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J'ai testé pour vous...


C'est officiel : la 3D me donne mal à la tête et m'explose les sinus.

Je m'inquiète pour la suite de mon humble existence de cinéphile.


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C'est un peu la grande oubliée de la traduction audiovisuelle, la traduction de documentaires, parce qu'à bien y regarder, il n'y en a que pour le sous-titrage et le doublage (ou à peu près - enfin, j'en ai ce sentiment). Le "voice-over", cet horrible terme qui désigne le traitement réservé aux documentaires, est un peu le parent pauvre, dans l'histoire : moins intello-prestigieux que le sous-titrage, moins apprécié du grand public que le doublage de fictions, exclu de l'éternelle querelle de goût entre VOST et VF, réservé à un genre apparemment moins noble et nettement moins funky que les séries ou les films... Oui, j'aime faire pleurer dans les chaumières. Et comme je n'ai vraiment que ça à faire en ce moment, je te propose, lecteur curieux ou lecteur traducteur de ce blog, d'en parler un peu, de la traduction de documentaires.

Et je suggère de commencer par une question élémentaire mon cher Watson : au fait, c'est quoi, un documentaire ?

Quand j'ai commencé à travailler sur des extraits de documentaires en DESS de traduction, ça ne m'intéressait pas des masses. Un documentaire, pour moi, c'était un programme gavant où on voyait un caribou grignoter un morceau de lichen tandis qu'une voix off feutrée et pénétrée fournissait des informations essentielles sur la dentition des cervidés et l'amplitude thermique des régions subarctiques au mois de décembre.

Et parfois, les documentaires qu'on a le grand plaisir de traduire ressemblent effectivement à cette description. Mais pas toujours, fort heureusement. Parce qu'en traduction audiovisuelle, à vrai dire, toutes sortes de programmes entrent dans la catégorie "documentaire", puisqu'en gros, ça veut dire que ce ne sont ni des fictions ni des captations de spectacles.

Modeste tentative de typologie non exhaustive et parfois redondante de ce qu'on peut être amené à traduire quand on se dit "traducteur/trice de documentaires".

Le documentaire historique

Le grand classique : l'épopée de Marco Polo, les bombardiers de Pearl Harbor, la révolution de 1917, la vie à la cour de Frédéric le Grand, les derniers jours du politburo est-allemand... Je dois dire un truc : j'adore, mais vraiment, j'adore les documentaires historiques. C'est l'occasion de se (re)plonger dans une époque, de réviser des trucs qu'on a appris autrefois et qui sont un peu enfouis au fond de la mémoire, ou au contraire de découvrir un pan d'Histoire qu'on n'a jamais abordé. Un délice. Il y a toujours pas mal de choses à vérifier : dates, événements, bien sûr, mais aussi citations originales, par exemple. Et puis quand on vous explique en version originale que l'événement A conduit directement à l'événement B, il peut être bon de vérifier qu'il ne s'agit pas d'une explication un peu trop simplificatrice et qu'il n'y a pas par exemple un événement A' qui a tout autant contribué à amener l'événement B (vous me suivez ?). Le documentaire historique, c'est aussi parfois l'occasion d'employer des mots d'époque qu'on n'utilise plus beaucoup, et surtout, c'est l'occasion de raconter l'Histoire, de lui donner vie et d'essayer de donner un peu de souffle à un récit. Non, vraiment, j'adoooore.

Le portrait, la biographie

Bien évidemment, le portrait/la biographie peut largement recouper le documentaire historique, s'il s'agit de raconter la vie d'un personnage... ben historique, justement. Mais il y a un petit truc en plus : non seulement on raconte l'Histoire, mais on raconte une histoire particulière, un destin parfois exceptionnel. Pour à peu près les mêmes raisons, j'aime beaucoup ce genre de documentaires (sauf dans le cas d'un portrait de 52 minutes de Benoît XVI traduit il y a quelques années, là, j'ai eu un peu de mal). Même quand il s'agit d'un personnage qu'on connaît, il reste toujours de quoi glaner quelques anecdotes méconnues, quelques détails surprenants. Et parfois, on découvre des personnalités hors du commun, comme Alma Mahler, épouse, successivement (quand même) de Gustav Mahler, de Walter Gropius et de Franz Werfel, qui donna son premier baiser à Gustav Klimt et fut la maîtresse (entre autres) d'Oskar Kokoschka. Tout cela valait bien un 90 minutes. La difficulté ? Ne pas verser dans l'hagiographie (ou combattre cette tendance dans la VO) et bien vérifier les informations données. Et puis les recherches sont souvent abondantes (parce qu'on cite souvent des journaux intimes ou des publications difficiles à retrouver au pied levé, par exemple).



Savonarole :
parcours d'un illuminé sanguinaire mais attachant.




Le beau documentaire culturel

Another favourite of mine, comme on le sait. L'intitulé de ce "sous-genre" est assez vague et subjectif, j'en conviens - et là encore, on recoupe parfois d'autres sous-genres comme le docu historique ou le portrait, j'en conviens avec tout autant de facilité (chuis détendue et ouverte au débat, lecteur toujours prompt à la polémique de ce blog). On est ici dans les sujets littéraires, dans la peinture, dans l'architecture, dans les mouvements artistiques, dans le cinéma... Le pied absolu, dans la plupart des cas. Soit le thème est connu et on se complaît avec délectation à parler de choses que l'on connaît, soit c'est une découverte - donc presque toujours enrichissante et intéressante. C'est l'occasion de combler ses propres lacunes de culture plus ou moins générale, de traduire et surtout d'adapter des références et des concepts peut-être plus familiers pour le public d'origine du documentaire que pour le public français. Sans grande surprise, c'est là aussi qu'on révise ou qu'on complète, au choix, sa culture religieuse et mythologique : dès qu'il est question d'art, les grands classiques réapparaissent. Les interviews d’artistes, d’écrivains ou de philosophes me donnent souvent du fil à retordre : on y manie des concepts pas toujours évidents à traduire, il y a parfois de vrais illuminés qui parlent avec passion de choses qu'ils sont à peu près les seuls à comprendre, c'est un défi assez rigolo (du moins quand on arrive à reconstituer le fil du discours de l'intervenant - sinon, c'est plutôt désespérant).

Le documentaire animalier/nature

Ma bête noire, sans mauvais jeu de mots (ce n'est pas le genre de la maison). On aime la nature ou on ne l'aime pas, hein. Moi je n'ai rien contre, mais ça ne m'intéresse pas, pour tout te dire, lecteur horrifié de ce blog. Ça tient aux sujets traités, donc. Mais pas que. Déjà, le documentaire animalier/nature, c'est un ton et un style, généralement assez plan-plan, qu'il faut nettement booster pour les rendre un chouia plus attrayants. Et puis il y a un énorme travail d'élagage à faire : le nombre de répétitions et d'informations sans aucun intérêt est souvent impressionnant. Ça implique un gros boulot de réécriture, de condensation des informations, et des choix à faire : un paragraphe qui n'apporte rien ? Je barre. La répétition d'une même information pour la troisième fois en dix minutes ? Je barre. Une phrase descriptive qui a été visiblement casée là pour meubler (du style "La lionne continue de dévorer sa carcasse" alors qu'on voit la lionne dévorer la carcasse depuis trois minutes) ? Je barre. Un jeu de mots débile placé au milieu d'un long silence de la narration, toujours à des fins de remplissage ? C'est nul, je barre. Au-delà de ça, il y a les recherches à faire. Bien souvent, les scripts de ce type de documentaires sont assez mal faits : les noms précis des espèces ou variétés présentées sont souvent mal orthographiés, ce qui complique sérieusement les recherches. Côté recherches, justement, c'est souvent quitte ou double : il y a des espèces abondamment documentées en français, d'autres (circonscrites à des régions anglophones, hispanophones, etc.) beaucoup plus rares dans les sources françaises. Et je ne parle pas de la prononciation des noms biscornus d'espèces exotiques, qui défie souvent toutes les lois du latin et du bon sens. La bibliothèque est mon amie. Le coup de fil à un ami au Muséum d'Histoire naturel m'a sauvée plus d'une fois. Tout comme le mail au grand spécialiste français de telle ou telle espèce... Petit aparté, un scientifique que j'avais un jour interrogé sur une variété de vipéridé soi-disant terrible présentée dans l'un de ces docus sans intérêt, avait assorti sa réponse de quelques lignes bien senties que j'ai gardées précieusement :


Je travaille actuellement sur les serpents tigres en Australie. Ils sont soit disant classés dans le top five des serpents les plus dangereux au monde. Depuis 1997 nous étudions un grand nombre d'individus sur le terrain, et je peux affirmer qu'ils sont beaucoup moins dangereux que les chiens domestiques. C'est pourquoi l'acharnement des journalistes à les faire passer pour des monstres dont la seule ambition est de tuer les hommes est assez lourd. Il va de soi que cette critique ne vous est pas précisément destinée - j'essaye simplement d'éveiller un peu les professionnels des médias sur ce fait.



Le documentaire sur les pigeons :
un immense moment de solitude.



Le documentaire de société

Ahhh, les grands sujets de société... Plus ou moins passionnants de mon point de vue, et pas seulement en raison du thème traité, mais aussi en raison du traitement lui-même. Le style peut être parfois un peu accrocheur et "tendance", la rigueur documentaire n'est pas toujours au rendez-vous. Mais on y apprend des choses intéressantes sur nos sociétés ou sur d'autres, il faut en convenir. L'approche passe le plus souvent par des cas particulier, pour illustrer des idées générales : on est donc amené à traduire les propos de "monsieur tout-le-monde", ce qui n'est pas aussi facile qu'on pourrait le croire. Il faut savoir trouver un ton juste, parlé, naturel et simple, mais pas simpliste pour autant. L'intérêt, c'est aussi de découvrir des réalités d'ailleurs, des expériences, des dispositifs qui marchent dans d'autres pays... ça fait (parfois) réfléchir, ce n'est pas du luxe.

Le documentaire touristico-exotique

Un genre déjà longuement évoqué ici. Comme tu le sais, lecteur de longue date de ce blog, je ne suis pas fan. Ou alors seulement à petites doses, un de temps en temps. Curieusement, cette catégorie de docus présente souvent un peu les mêmes aspects désagréables que les animaliers/nature : ton platounet à réveiller un peu, répétitions à gogo, tri à faire dans les informations, recherches parfois pas évidentes (malgré leur côté varié : faune, flore, folklore, histoire, géographie...). Parfois, bien sûr, ces programmes-là sont bien faits, vivants et enrichissants. Mais souvent, je n'accroche pas, j'ai du mal à m'intéresser à ces docus conçus un peu tous sur le même modèle.



Les paysages paradisiaques de... euh... d'où ça, déjà ?



Le documentaire musical / sur des spectacles vivants

Un vrai petit bol d'air, à mes yeux, ne serait-ce que parce qu'on y fait pas mal de sous-titrage pour les extraits de spectacles, les scènes de répétitions, etc. Il peut s'agir de vers à faire rimer, du rythme d'une chanson à respecter dans la traduction... des petits défis sympathiques (tant qu'il n'y en a pas trop). Par ailleurs, on y trouve des artistes parlant de leur métier avec passion et d'une façon pas toujours ultra limpide, il faut parfois se creuser un peu la tête pour comprendre de quoi il s'agit. La chaîne franco-allemande qui me fait vivre diffuse notamment une série consacrée au décorticage méthodique d'oeuvres lyriques (opéras le plus souvent, mais éventuellement comédies musicales ou opérettes, aussi), qui est un vrai bonheur à traduire. Cela oblige à se pencher sérieusement sur une oeuvre pas forcément parmi les plus connues - un bonheur, j'vous dis.

Le docu sur la vraie vie que vivent les vraies gens (également appelé "téléréalité")

Bon. D'aucuns diront que ce ne sont pas de vrais documentaires - et je ne suis pas loin de penser la même chose. Mais voilà, en traduction audiovisuelle, ces produits hybrides entre téléréalité, reportage et docu sont assimilés à des documentaires, alors pas question de les faire passer à la trappe dans ce billet pointu et exigeant. Les sujets sont variés, c'est le moins qu'on en puisse dire : bricolage, déco et rénovation, quotidien d'un hôpital, groupe d'Américains obèses essayant de perdre du poids, organisation d'une soirée d'anniversaire i-nou-bli-able, relooking plus ou moins extrême, cuisine pour les nuls, sans oublier les émissions conçues comme des jeux (programmes de drague pour adolescents où le gros lot est un rancard avec une poufiasse trop maquillée, par exemple). Contrairement à ce qu'on pourrait penser, ça ne se traduit pas tout seul, un documentaire sur la vraie vie avec de vraies gens. Déjà, c'est souvent très bavard, avec plein d'intervenants qui parlent super vite. Ça veut dire qu'il faut à chaque fois taper le timecode (heure-minute-seconde) auquel l'intervenant commence à parler et le nom dudit intervenant (le copier-coller est mon ami, ainsi que la fonction "insertion automatique" de Word). On est vite à une trentaine de feuillets pour un programme de 45 minutes (contre une grosse vingtaine pour un documentaire plus "classique" de même durée). Ensuite, quand les gens parlent super vite et utilisent des expressions de la vie de tous les jours, ça complique les choses : les expressions de la vie de tous les jours, on n'a pas toujours 36 possibilités pour les traduire. Mais ça ne colle pas toujours avec le débit du locuteur, il faut souvent ruser pour trouver des solutions acceptables. Et puis on se lasse (je me lasse) vite de ce style parlé qui menace à tout instant de tomber dans l'artificiel ou le ridicule. Bref, un de temps en temps, ça va. Trop, c'est trop.



Les vraies gens de la vraie vie vivent des choses incroyables.



Le programme people

J'en ai beaucoup bouffé à mes débuts dans ce beau métier qui est le mien, ce qui me permet d'affirmer qu'il s'agit là d'un type de programmes vraiment à part. Le vocabulaire à utiliser y est assez limité, c'est au choix un avantage ou un élément rebutant : en gros, une fois qu'on maîtrise le concept de "red carpet" et de "fabulous dress", on a les bases. Pour autant, on galère parfois pas mal pour expliquer et adapter les références "culturelles" (comment met-on mille guillemets ?) typiquement américaines (américaines, oui, car rares sont les programmes people qui traitent des stars suisses ou irlandaises, sur nos écrans). La difficulté réside aussi dans le délicat équilibre à trouver entre un style souvent très parlé et/ou très langue de bois, et le risque de tomber, là encore, dans le ridicule, la vulgarité et le racolage.

Le documentaire médical/scientifique/technique

Quand on a fait un cursus principalement littéraire et linguistique, on ne se sent pas toujours très armée (ni très passionnée) pour la traduction de ce type de programmes. Il ne faut pas exagérer non plus : les documentaires de vulgarisation scientifique sont parfois vraiment très très vulgarisateurs et ne requièrent pas forcément d'avoir fait Polytechnique. Mais il faut tout de même se pencher sérieusement sur le sujet traité pour en comprendre les bases et éviter d'écrire des énormités. Oublié, le dictionnaire des synonymes pour contourner les répétitions : les mots sont rarement interchangeables et même s'ils ne sont pas beaux ou s'ils sont difficiles à prononcer (pour le comédien qui enregistrera la voix), on n'a pas vraiment le choix. Côté recherches, on est parfois dans du costaud. Personnellement, comme je ne connais rien à rien et que je ne suis pas du tout l'actualité de la recherche, je multiplie les sources d'information : ouvrages généralistes, études plus pointues, sites de vulgarisation (à prendre avec des pincettes, toujours), contacts avec des institutions spécialisées... Le principal étant de comprendre parfaitement les mécanismes ou phénomènes dont il est question et de maîtriser la terminologie pour restituer avec clarté et un brin de pédagogie le contenu du documentaire... voire, rectifier d'éventuelles erreurs ou imprécisions (ça arrive, si si). Je ne suis jamais particulièrement ravie a priori de traduire ce genre de programmes, mais dans la plupart des cas, je finis par me prendre au jeu et à m'intéresser vraiment au thème du documentaire, qu'il s'agisse de virologie, de génétique ou de physique nucléaire.



La main du scientifique gesticulant devant une courbe obscure :
une séquence incontournable du genre.



L'enquête / reportage

La joie d'utiliser les mêmes phrases qu'"Enquête exclusive" sur M6 est indicible. Bon d'accord, il ne faut pas en abuser, mais on peut se faire plaisir de temps en temps et en caser une ici ou là, tant qu'on ne sombre pas dans le cliché permanent. Dans l'enquête/reportage, on est tributaire de l'actualité. Il faut généralement plusieurs mois au réalisateur pour tourner son docu. Puis il faut un peu de temps pour le monter, le mixer, etc. Puis il faut que la chaîne le visionne, décide de l'acheter. Puis il faut qu'elle songe à le faire traduire. Et si ça se trouve, il s'écoulera encore quatre ou cinq mois entre la traduction et la diffusion. Difficile de concilier le temps du documentaire et le temps de l'actualité. Dès qu'il est question de procédures judiciaires, par exemple, tu peux être sûr(e) que la situation aura évolué entre le bouclage du documentaire et la traduction. Quand tu vois le plan final du film qui montre un dame radieuse et optimiste, le tout sur une musique triomphante et avec une voix off qui déclare : "Après trois ans de bataille judiciaire, Mme Michu a gagné son procès contre le méchant laboratoire pharmaceutique", eh ben tu sais qu'il y a neuf chances sur dix pour qu'en réalité, le méchant laboratoire pharmaceutique ait fait appel et obtenu gain de cause depuis. Du coup le sourire de Mme Michu paraît beaucoup moins adapté. Mais les enquêtes/reportages, c'est quand même agréable à traduire : le ton est généralement vivant, journalistique, on va droit au but, il y a du rythme. J'en fais trop rarement à mon goût.

Le documentaire d'auteur / de création

La dénomination n'est peut-être (sans doute) pas la bonne. Mais je parle là de l'inclassable, de l'OVNI, du programme qui menace de partir en vrille à chaque instant. Le bon côté, c'est l'écriture souvent très soignée de ces programmes : il faut restituer la "voix" d'un Auteur avec un grand A, bichonner et ciseler son style. C'est l'occasion de faire de belles phrases sans avoir peur de faire trop long ou trop compliqué. L'occasion aussi de sortir radicalement des sentiers battus (qui se vengeront un jour, on le sait). Mais le ton est parfois difficile à cerner et à retranscrire en français, tant il est personnel, voire intimiste. Et le propos peut être déroutant, elliptique, obscur. L'image oscille entre la recherche esthétique subtile et le grand n'importe quoi, ce qui n'arrange rien. Apprécié, mais avec modération, on va dire.



Des images gaies et parlantes :
le documentaire de création, mesdames et messieurs.



Le documentaire sportif

Je garde le meilleur pour la fin, tu l'auras compris, lecteur qui commences à bien me connaître de ce blog. Comment dire ? Je n'aime pas les documentaires sportifs. L'idée de me mettre dans la peau d'un commentateur de foot ne me tente pas particulièrement. L'idée d'adopter ce ton surexcité qui semble les caractériser pour la plupart m'énerve par avance. Le sport m'a toujours ennuyée au plus haut point à la télévision, j'ai du mal à mettre de l'enthousiasme dans mes traductions, dans ces cas-là. L'avantage, c'est que les fédérations et les clubs sportifs répondent toujours (m'ont toujours répondu jusqu'à présent, croisons les doigts pour les muscler) en cas de questions et de doutes (nombreux, dans mon cas). Et que je n'en fais pas trop souvent...


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Le petit carnet de la traductrice débordée


- dimanche 4
J'ai passé la soirée en bonne compagnie autour de quelques martinis et d'une tarte flambée, du coup, je suis boostée pour boucler la traduction de mon documentaire sur les pelouses en rentrant sur le coup d'une heure du matin. Une méthode à généraliser ?

- lundi 5
Incroyable la différence qu'il peut y avoir entre deux relectures pour le même client. L'une est un vrai bonheur, fluide, bien écrite, bien documentée, agréable comme tout (malgré un sujet "nature" pas passionnant), bouclée en 2 heures 30. L'autre est laborieuse, pas très bien fichue, pas relue (ou si peu), bourrée de coquilles, de fautes d'orthographe et d'inattention, sans oublier les calques de l'anglais - cerise sur le gâteau, il manque deux paragraphes à la fin. 8 heures, que j'y passe. Je serai payée à peu près la même chose pour les deux, le tarif au feuillet n'a pas que du bon.

- mardi 6
Retour au gros morceau du moment : un programme de 50 minutes sur les retraités allemands en Turquie. La chaîne Kulturelle qui me fait vivre a parfois de drôles d'idées de programmation. Le documentaire est bizarre, oscillant entre remarques sarcastico-cassantes et vérités toutes faites assénées sans aucun recul (apparemment, du moins). Il faut trouver le degré d'adaptation... adapté : adoucir le ton un peu crétin par endroits, sans pour autant trahir l'intention du réalisateur. Je n'aime pas ça, j'ai l'impression de marcher sur des oeufs. Et crac.

- mercredi 7
Je me rends compte que ça fait une semaine que l'URSSAF aurait dû me rappeler. Toujours rien, bien sûr, ni sur mon répondeur, ni dans mon courrier. La cliente du documentaire sur les retraités allemands en Turquie me réclame le début de ma traduction pour faire un casting de voix. Je ne suis pas chez moi, ça ne m'arrange pas, et je n'aime pas qu'on me demande ce genre de choses au débotté, ça me fait le même effet que ces gens qui lisent par-dessus l'épaule de leur voisin dans le métro. On n'a pas toujours envie de faire preuve d'un esprit commercial à toute épreuve, hein. Mais ai-je vraiment le choix ?

- jeudi 8
Arrivée des corrections du documentaire sur les pelouses. La chaîne Kulturelle a cru bon de réécrire toute l'introduction et d'ajouter du passé simple dans certaines parties dialoguées. Ma relectrice prend gentiment ma défense, j'apprécie. Je fais remarquer froidement que le passé simple fait tout sauf naturel et que la correctrice Kulturelle a ajouté des fautes d'orthographe aux noms propres. Vengeance, na d'abord. Je boucle les retraités et me plonge brièvement dans mon texte de droit européen de l'audiovisuel avant de filer au théâtre du Châtelet. C'est cool, une soirée qui change les idées.

- vendredi 9
Je m'emmêle dans la numérotation des articles de la directive décortiquée par mon texte. Ils ne peuvent pas indiquer précisément la version qu'ils citent, ces auteurs juristes ? Pour le reste, la plongée dans ce texte un peu aride me réjouit comme toujours - mon côté maso. Il n'en faut point trop, un de temps en temps me suffit amplement, mais j'aime bien retrouver la rigueur des formulations juridiques, ce non-style qui doit - idéalement - être à la fois ultraprécis, froid et élégant. Ça a l'air rasoir, dit comme ça, mais en réalité, ça a son charme et c'est tout un art.

- samedi 10
Je passe l'après-midi à me dire que c'est absurde et désolant de rester enfermée chez soi quand il fait aussi beau et chaud. Résultat : 10 minutes dehors, le temps d'acheter un paquet une cartouche de clopes, un sandwich et deux Kinder Bueno (mes compagnons de nuits blanches, ces temps-ci). Nan franchement, j'adore ces journées-là. L'ami J., vieux pote de lycée, a trente ans aujourd'hui (bon anniversaire quand même, hein).

- dimanche 11
Ça s'appelle la dernière ligne droite : réécrire les passages pas suffisamment clairs et vérifier la numérotation des articles de la directive citée parce que je me suis décidément complètement emberlificotée avec ce texte à la con. Rogntudjuu de rogntudjuu, comme dirait l'autre. Je me rends compte que l'occasion m'est donnée, une fois n'est pas coutume, d'employer le terme "alternative" à bon escient et sans commettre un horrible anglicisme. Je m'engouffre dans la brèche, ça suffirait presque à me remonter le moral.

- lundi 12
J'aimerais dire que je vais passer la journée à me prélasser dans mon hamac avec un cocktail multicolore dans la main droite et le dernier Danielle Steel dans la gauche. Mais en fait, les emballages de Kinder Bueno jonchent le plancher, j'ai une pile de linge comme ça à repasser, d'innombrables cendriers à vider et un URSSAF à harceler. Faudra peut-être songer à se faire un petit ciné ce soir, quand même. Des suggestions ?


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Résultat des courses


Rappel de l'épisode précédent.

Résultats du jeu super fut-fut d'Alain Joyandet ici, par exemple, et commentaires persiflants comme je les aime dans l'émission de Frédéric Martel, Masse critique.


tilidom.com
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Ranger un Bourdieu encombrant dans la bibliothèque, tomber sur Blok qui n'est pas loin, feuilleter le livre et le laisser s'ouvrir à une page cornée (sale habitude, je sais) : deviendrais-je sentimentale ?


Il est des instants où s'apaise
Le funeste orage de la vie.
C'est quelqu'un qui vous touche l'épaule,
Ou qui pose un regard radieux...

Et alors le quotidien s'effondre
Dans un sombre gouffre sans fond…
Et lentement, au-dessus du gouffre,
L'arc-en-ciel du silence se lève...

Et la mélodie naissante et sourde,
Dans le silence qui retient son souffle,
Frôle les cordes, engourdies par la vie,
De l'âme tendue comme une harpe.

[Eté 1912]

"Harpes et violons", Alexandre Blok, Le monde terrible
Traduction : Pierre Léon


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Joliment dit #3


"Un enfant touché par la littérature
est un adulte sur qui nous pourrons compter."



Christophe Honoré dans "Etes-vous pour une jeunesse sans littérature ?", jolie et intéressante tribune publiée sur LeMonde.fr le 7 avril 2010 et disponible ici.


Que c'est joliment dit.


Merci à R. d'avoir attiré mon attention sur cet article par Facebook interposé !


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Le titre et le sous-titre m'avaient intriguée en passant devant une grande affiche dans le métro - "le premier opéra américain", rien que ça. Quant au nom du compositeur, il m'avait attirée illico - Scott Joplin, bien connu pour ses ragtimes endiablés repris dans L'Arnaque, écoutés jusqu'à plus soif en cassette repiquée sur mon petit magnétophone dans les années 80, puis massacrés au clavecin par votre blogueuse dévouée dans les années 90... Bref, il y avait de fortes chances pour que tout ça me plaise.

Bilan de cette soirée au Châtelet : une production un tout petit peu inégale, parfois légèrement ennuyeuse, mais parfois aussi entraînante et émouvante. Une bonne découverte musicale, pourtant, avec de très belles voix sur scène.

Cette impression un peu mitigée provient je crois beaucoup du livret, dont le fond est très fort, mais dont la forme accumule les mièvreries et les banalités - ça passe à la rigueur en anglais, mais dans les surtitres français, on frise souvent le ridicule. Les surtitres sont tout à fait honnêtes, entendons-nous bien. Mais disons que l'anglais n'est pas une langue terrible pour l'opéra, où l'italien et l'allemand sont quand même les langues reines (essayez de traduire fidèlement les textes de certaines chansons anglophones et vous verrez ce que je veux dire). Ce qui ne veut pas dire non plus que les livrets d'opéras italiens ou allemands sont forcément moins bébêtes, hein. Mais je me comprends (pas vous ? je ne vois vraiment pas comment c'est possible.).

Et vlatipas que je découvre, en parcourant le petit programme édité pour l'occasion par le Théâtre du Châtelet, que ce même livret a provoqué des remous lors de précédentes productions de l'oeuvre. Comme le texte consacré à ce sujet, dans le programme du Châtelet, est la traduction d'un article du critique américain Anthony Tommasini, et que ledit article original est consultable en intégralité sur le site du New York Times, j'en reproduis ici sans vergogne de longs extraits en espérant qu'il t'intéressera peut-être, lecteur avisé de ce blog.

NB : cet article a été publié quelque temps avant la reprise de Treemonisha à l'Opera Theater of St. Louis en 2000.



Can Joplin's Great Opera Go Home Again?
Anthony Tommasini
New York Times, May 7, 2000

(...)

It was in St. Louis that Joplin conceived, and largely composed, Treemonisha, a tender story of a black community on a plantation abandoned to its former slaves in Reconstruction-era Arkansas. The title character is a young woman who becomes the leader of her people by virtue of her education. Though the music is gently imbued with ragtime here and there, the wistful score aspires to genuine operatic richness. There is a large role for chorus, and the dialogue is delivered in Joplin's homespun brand of recitative.

And yet the directors of the Opera Theater hesitated for some time about presenting Treemonisha (which opens on May 20) out of concern for the text, which is riddled with what audiences might today consider demeaning stereotypes and dated dialogue.

Still, Treemonisha remains an affecting and authentic work, touched by elements of the composer's hard early life. Joplin was one of six children born to an ex-slave father, who had once fiddled for his master's parties, and a freeborn mother, who sang songs and played the banjo. The young Joplin's talent for piano improvisation astonished his Texarkana neighbors.

His life course was set when, legend has it, a German immigrant heard the boy and offered to give him piano and harmony lessons. The composer never forgot the transforming power of education. No doubt because he felt so close to the characters in his opera, Joplin decided to write the text himself. It represents his honest effort to capture the speech of his people.

But reading the words can make you squirm. As the opera begins, Zodzetrick, a local "conjuring man" who takes advantage of people's superstitious natures, approaches Monisha, the gullible mother of young Treemonisha, with an offer:

I want to sell you dis bag o' luck,

Yo' enemies it will keep away.

Over yo' front do' you can hang it,

An' good luck will come each day.

Monisha is tempted. Perhaps the good-luck bag could prevent her husband Ned's "booze drinkin'". But Ned intervenes: "No, dat bag you'se not gwine to buy".

What is to be done with such lyrics? The problem is hardly limited to Treemonisha. Many once popular musical theater works can seem sexist, racist or worse when viewed through modern sensibilities. In recent years, two Broadway revivals grappled with this problem quite publicly: Irving Berlin's Annie Get Your Gun, with its arguably racist caricatures of Indians, and Frank Loesser's How to Succeed in Business Without Really Trying, with its blase sexism.

Producers considering revivals of works with dated sensibilities essentially have three choices: present it as written, hoping that the audience will accept the work in context; alter it by changing or even excising the offending bits; or just give up.

The Houston Grand Opera confronted the problem when it presented the first fully professional production of Treemonisha in 1975, directed by Frank Corsaro and conducted by the esteemed composer Gunther Schuller, who also orchestrated the score. (Joplin's orchestrations do not survive; Mr. Schuller's will be performed in St. Louis.) The Houston cast was excellent, and the performance, later recorded by Deutsche Grammophon, was hailed as sensitive and beautiful.

Yet the production team in Houston, uneasy about the text, decided to clean it up. Every "dis", "dat" and "de" was removed; phrases like "dis bag o' luck" became "this bag of luck". To Gerald Early, a professor of modern literature who holds a joint appointment in the English and the African-American studies programs at Washington University in St. Louis, the Houston team's well-intentioned solution wound up blurring a linguistic distinction that was critical to Joplin's conception.

(...)

Professor Early believes that by cleaning up the dialect, the Houston presenters blunted the opera's impact, he writes in a perceptive essay for the St. Louis production's program book.

"Treemonisha seemed less radically removed from the others in the community", he says, "because everyone's language has been, to some degree, homogenized". The message still came through in the Houston version, he adds, but "the question remains whether Joplin's language, his artistic vision, should be changed to suit current fashion".

(...)

He wanted the work to depict rural blacks realistically as he knew them to be. But realism in musical theater is elusive. Hearing a cultivated operatic voice sing a line like "Dis here bag will heaps o' luck bring" can be odd and incongruous.

Rhoda Levine, the director of the St. Louis production, while defending the decision to present the work as written, has been encouraging the singers to soften the pronunciation of the words, she said, to make them more available to audiences. The visionary quality of Treemonisha, she suggested, is not fully appreciated.

"That this community of people would see a young, black educated woman as an inspiring leader shows incredible sensitivity on Joplin's part", she said.

Ms. Levine sees parallels between the conjurers in the opera and drug dealers today, all of whom entice vulnerable people with false fantasies of intense experiences and security. Her production, Ms. Levine said, will unflinchingly portray the gritty poverty of this rural black community.

Joplin would undoubtedly be deeply gratified that the major work of his life is now taken so seriously. In 1915, having moved to New York, depressed over his inability to steer Treemonisha into production and afflicted with syphilis, he presented a private concert performance of the score in a Harlem rehearsal hall. Nothing came of it. His mental state deteriorated. In 1916 his wife committed him to Manhattan State Hospital. Joplin died there the next year.

(...)



Le programme du Châtelet ajoute cette note : "Le Théâtre du Châtelet présente le texte original, chanté tel que Scott Joplin l'a écrit, les surtitres utilisant pour leur part la graphie française habituelle."

Pour une critique (courte) plus franchement enthousiaste que la mienne, c'est ici.

Ah oui, et sinon, c'était la première fois que j'avais une place d'orchestre au Châtelet. Eh ben on sent passer les métros sous les pieds toutes les trois minutes, du coup même si la visibilité est tip-top, l'impression générale est moyenne. Word of advice : optez pour les balcons.


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Doux Jésus, j'ai récidivé


Retrouveras-tu à quel tube de l'année 2000 fait référence ce titre, lecteur mélomane de ce blog ?

C'est la deuxième fois ce mois-ci - et on n'est que le 7. Au point que j'écris prudemment "deuxième" et pas "seconde", c'est dire si ça m'inquiète pour la suite des événements.

Est-ce l'arrivée du printemps ? Un effet bénéfique de la psychothérapie qui pourrait bien finir par me réconcilier avec mes casseroles et mes papilles ? L'attrait irrésistible du silicone ? La pleine lune ? El Niño ? La crise ?

Va savoir.

Après avoir étrenné mes charmants moules à madeleines (en silicone, donc) la semaine dernière, j'ai donc récidivé cette semaine. Et comme je n'ai pas la tête assez disponible pour parler traduction en ce moment, j'ai décidé de profiter de cet élan culinaire rarissime (je dirais même historique et inédit dans ma lamentable existence faite de sandwichs sous emballage plastique, de tomates-cerises en barquette et de yaourts 0%) pour parler madeleines. Après tout, c'est un sujet comme un autre et je ne vois pas pourquoi il faudrait à tout prix éviter d'aborder la question ici sous prétexte que je ne sais pas quoi, hein. Pas de tabous entre nous, qu'on se le dise.

Et puis s'il faut vraiment, on pourra toujours parler de Proust tout à l'heure, ça fera style (et ce sera original).

Proportions pour une petite vingtaine de madeleines.

Farine : 130 g
Sucre en poudre : 70 g
Sucre vanillé : 4 sachets
Beurre (bien ramolli) : 70 g
Levure chimique : un sachet
3 oeufs
Arôme de fleur d’oranger : 4 cuillers à café
Citron : un zeste
1 pincée de sel
En option : une grosse poignée de raisins secs (à faire tremper au moins une heure dans du thé avant utilisation)


Mélanger les jaunes d'oeufs et le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse.
Battre les blancs en neige pas trop ferme, ajouter au mélange.
Ajouter la farine et la levure.
Ajouter le beurre ramolli découpé en petits morceaux, bien mélanger jusqu’à ce que le tout soit homogène.
Ajouter la fleur d’oranger, le zeste de citron et le sel.

Laisser reposer une heure minimum (plus, c’est mieux).

Ajouter les raisins secs égouttés, remélanger.

Préchauffer le four à 220°.
Remplir à ras les moules à madeleines (après les avoir graissés au besoin).

Cuisson 8-10 minutes, à surveiller de près sur la fin.






Bon, et maintenant, fini de rire, on prend sa pile de madeleines avec un bon chocolat chaud, et on déguste, religieusement et voluptueusement, le fameux passage de Proust qu'on n'a, si ça se trouve, jamais pris la peine de lire en entier. Allez, zou.


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Tiens, un truc utile


Ça s'appelle Traducmed. Comme son nom l'indique assez clairement, c'est un site destiné aux professions médicales. Mais son nom n'est quand même pas si clair que ça, même que quand je l'ai lu, la première fois, j'ai eu un peu peur de tomber sur un nième site de traduction automatique tout pourri mais promettant monts et merveilles à des tas de gens.

En fait, pas du tout.

C'est plutôt bien fait, tout bête à utiliser : on y trouve des phrases courantes pré-enregistrées dans diverses langues étrangères par de vrais interprètes/locuteurs natifs. Le but est de faciliter un peu la tâche aux médecins devant mener une consultation dans une langue autre que le français. Au moins le patient peut-il mieux comprendre ce que son interlocuteur lui demande. Evidemment, dans l'autre sens (patient > médecin)... ben, faut faire sans. Et là, pas sûr que l'application vocale de traduction automatique de Google soit tout à fait à la hauteur.


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Pff, lecteur délaissé de ce blog.

Je brûlais d'envie de te raconter ma semaine au téléphone avec l'URSSAF - et tu mourrais d'envie de me lire, je le sais. Et puis un lecteur-commentateur a attiré mon attention sur le billet de cette jeune généraliste desprogienne qui résume assez efficacement mes efforts téléphoniques des derniers jours. Lis-le donc, lecteur cliqueur de ce blog, et puis reviens voir par ici si j'y suis toujours. Ça réchauffe le coeur de penser qu'on en est tous au même point, avec l'URSSAF.

Je voulais aussi te parler d'Olivier Gourmet, te raconter comment plus je vois jouer cet acteur, et plus je l'aime. Te décrire ses gros pulls en laine et son côté force-tranquille-mais-quand-même-torturée dans le dernier film où je l'ai vu au ciné et où il est formidable même s'il n'a pas le premier rôle. Te parler de sa subtilité et de son air de ne pas y toucher. Te raconter ma surprise, il y a quelques mois, quand j'ai appris grâce à une émission de radio du dimanche matin qu'Olivier Gourmet avait une vraie vie en dehors du cinéma et qu'il tenait un hôtel en Belgique avec son épouse. Bref. Mais j'ai pas le temps.

Si j'émerge à l'occasion, je recenserai les métaphores verdoyantes du documentaire sur les pelouses et autres gazons que je traduis actuellement - et je te raconterai comment je les ai toutes virées de la version française parce que c'était vraiment lourdingue. Et je ferai le point sur la ventilation des dépenses professionnelles dans la compta des professions libérales, parce que de temps en temps, il faut savoir faire un billet un peu racoleur. P'têt même que je ferai un point sur l'utilité d'une AGA, je crois que j'ai commencé ce billet il y a quelque temps sans le terminer. Ce sera groovy, tu verras, lecteur ô combien impatient de ce blog. Mais pour l'instant, je cours, je cours.

Bon long week-end et à dans quelques jours.


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Interlude


Je crois bien que c'est du Mozart, la petite musique de nuit d'attente sur le serveur téléphonique de l'URSSAF.

Mais en même temps, je ne les ai appelés que neuf fois en deux jours, donc je ne peux pas en être tout à fait tout à fait certaine.


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Je n'ai pas le temps d'écrire en ce moment, mais - car il y a un mais, lecteur déçu au possible de ce blog - suite à une conversation avec mon psy, je découvre (superficiellement) l'ethnopsychiatrie, ces jours-ci, et c'est fort intéressant. Pour ne pas faire doublon avec des pages très bien faites, je t'invite à parcourir ce que raconte Wikipedia sur cette discipline si tu ne la connais point, ou à lire ce texte un peu plus costaud sur la naissance de l'ethnopsychiatrie clinique en France, et si le coeur t'en dit, à visionner le documentaire ci-dessous sur le sujet.

N.B. : il semble que les travaux de Tobie Nathan soient sujets à controverse (voir la rubrique "Controverses sur l'ethnopsychiatrie : mise au point" sur le site un peu confus du Centre Georges Devereux) : en profane complète, je n'ai évidemment aucune opinion sur le sujet, il me semble simplement que l'approche mérite d'être découverte. Bon visionnage et bonne lecture...








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