J'arrête


Et c'est dur d'arrêter. Presque sept ans de ma vie, quand même, 2004-2011.

Mais l'Urssaf, la CIPAV et la RAM ont eu raison de moi : maintenir un statut de traductrice libérale qui représente moins de 25% de mes revenus, ce n'est plus possible.

Sans verser forcément dans le couplet du "en France, on paie trop de charges, ma bonne dame", le fait que toutes ces cotisations sociales ne soient pas trop plafonnées et soient calculées sur les revenus de l'année n-2 (puis régularisées bien plus tard que l'année n, sinon c'est pas drôle) complique singulièrement les choses quand on a de grosses fluctuations d'activité.


Mesdames et messieurs, les joies de la CIPAV !



Et mes revenus d'auteure ne suffisent pas à payer les cotisations de deux statuts en même temps, forcément.

Bref, c'est fini. Enfin, officiellement, ça se termine le 15 avril. Et ça me fait tout drôle, pour tout vous dire...




Les bons côtés, quand même :

- plus d'Urssaf, plus de coups de fil à l'Urssaf, plus d'échanges de courriers avec l'Urssaf, plus d'arrachage de cheveux avec l'Urssaf.

- plus de déclarations de TVA, plus d'oublis des déclarations de TVA, plus de majorations de TVA dues aux oublis.

- plus de nuits blanches passées à me demander comment caser une traduction en libéral au milieu de mes traductions d'auteure pour assurer les cotises de dans deux ou trois mois.

- plus de prises de tête fiscales avec l'infamous déclaration 2035 qui me donne des sueurs froides chaque année à peu près à cette époque.

- la possibilité quand même de continuer à traduire des textes juridiques ou économiques qui m'intéressent, ponctuellement, en passant par une société de portage (formule qui est une arnaque inacceptable pour une activité régulière (j'ai testé à mes débuts), mais une arnaque acceptable pour des missions de temps à autre).

Que du bon, me direz-vous ?

Finalement, je crois que oui, dans l'ensemble.

Reste qu'il est plus facile de démarcher un nouveau client en étant à l'Urssaf qu'en passant par le portage (qui fait moins sérieux car plus dilettante, je trouve). Et que, me connaissant, je risque fort d'éliminer complètement la traduction juridique et économique de ma palette (si si) d'activités avec l'abandon de ce statut, ce qui est bien dommage.

Reste que le fait d'être à l'Urssaf me donnait accès à la formation professionnelle (ce dont je n'aurai, du coup, même pas profité, même si je l'ai sérieusement envisagé pour financer mes cours de yiddish...).

Reste que ça limite un peu ma "base de clients" et réduit donc la répartition des risques (la boîte de portage que j'ai en ligne de mire ne permet pas de travailler pour des particuliers, par exemple - l'autre boîte candidate, celle que j'ai pratiquée un peu en 2003-2004, oblige à établir un bon de commande signé et faxé par le client avant le début de la mission, même pour une traduction de 200 mots, ce qui n'est pas tellement pratique non plus).

Reste que... J'en reparlerai quand j'y verrai plus clair, bref.


Edit : ah oui, et pour les non-initiés, un rappel des différents statuts ici.


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12 note(s) du traducteur:

marmeline a dit…

Ah, l'URSSAF et la CIPAV, quel poème... Un changement comme ça, ça se fête ! :-)

Sinon, tu as envisagé l'auto-entreprise, pour remplacer le statut URSSAF de base ? A priori, ça résoud pas mal de problèmes, notamment la TVA et le décalage des charges sociales (une fois que tu seras débarrassée des trucs en retard de l'ancien régime). Est-ce plus ou moins l'arnaque que les sociétés de portage, par contre, je n'en sais rien...
Qui sait, d'un autre côté, ça te dégagera du temps pour chercher d'autres clients "non-URSSAF".
En tout cas, bon courage pour la suite !

Sophie Dinh a dit…

Je connais plusieurs traductrices en portage chez Missions Cadres depuis plusieurs années, et elles en sont *très* contentes, n'ont pas du tout l'impression d'une arnaque mais d'un service (zéro paperasserie comptable) payé au juste prix.
FWIW...

Gingko a dit…

une page qui se tourne...
..pour en lire une nouvelle, ou presque nouvelle, qui aura certainement son lot de surprises.. bonnes. J'espère.

Jackie Brown a dit…

J'ai eu peur que tu arrêtes ton blog. Ouf ! Moi qui envisageais (éventuellement peut-être) de rentrer en France, ça ne fait plus envie.

cracotte a dit…

l'amour dure 7 ans, on le sait tous :D

Charlotte a dit…

Ce sera toujours ça de moins à faire quand tu prendras tes fonctions à l'Union Européenne.

Patricia Lane a dit…

Oh comme je compatis (et célèbre avec toi ta liberté à venir)! Quand la France va-t-elle comprendre que ces régularisations Urssaf et Cipav ex post facto sont la cause N°1 de la fragilité des entreprises individuelles, des freins à l'embauche et décourage la volonté de faire croître de trop son CA - le revers de bâton deux-trois ans plus tard si la croissance du CA annuel n'a pas suivi obligeant certains à mettre la clé sous la porte ? Ce n'est quand même pas sorcier d'adapter les systèmes informatiques pour gérer cela en continu sur l'année... La France s'en porterait bien mieux, et nous aussi.

Tiz a dit…

Précision pour Marmeline :

Selon ce que je comprends, pour passer au statut d'auto-entrepreneur, il faudrait que Les Piles adopte d'abord le régime "micro-entreprise". Voir la FAQ du portail officiel sur la micro-entreprise (édité par l'Urssaf):

http://www.lautoentrepreneur.fr/questions_reponses.htm#QuestionsG4

- J'exerce une activité libérale. Est-ce que je peux bénéficier du régime auto-entrepreneur ?
- Oui, si vous êtes au régime fiscal de la micro-entreprise et que vous dépendez de la CIPAV pour votre assurance vieillesse, vous pouvez opter pour le régime micro-social simplifié et éventuellement pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu avant le 31 décembre 2011 pour une application au 1er janvier 2012.
"

Il faut en outre que le chiffre d'affaires ne dépasse pas 32 600 euros HT (pour les prestations de services, ce qui est le cas des Piles).

Si tous les inscrits au régime classique Urssaf pouvaient changer de statut, ils s'engouffreraient dans la brèche, je pense.

Lydia a dit…

Pour avoir testé "Missions Cadres" également à mes débuts, et n'en avoir entendu que du bien depuis, je viens gonfler le choeur de louanges déjà entamé dans les commentaires ci-dessus. Et je ne pense vraiment pas que ce soit une marque de "dilettantisme" auprès d'un client, qui est (mais si !) (parfois) tout à fait capable de comprendre le recours à une telle société si l'essentiel du revenu est constitué de droits d'auteur. Bon courage !

Les piles intermédiaires a dit…

Merci tout le monde pour ces encouragements !

@Marmeline : on ne peut pas passer direct en auto-entrepreneur, je crois (et Tiz confirme, tiens !). Sinon, oui, ce serait une solution au moins temporaire...

@Sophie et Lydia : merci pour le tuyau ! J'ai un souvenir assez moyen de la boîte de portage testée il y a quelques années, d'où mes réserves. Mais je vais me renseigner auprès de celle-ci !

Lor a dit…

Idem pour Missions Cadres, je suis passée par eux à mes débuts avant de me lancer dans la grande aventure de l'URSSAF... Pour moi c'est le contraire de toi, je bosse à 80 % à l'URSSAF et je ne sais pas comment faire ma compta pour le reste en droits d'auteurs etc., du coup je mets ça en salaires reçus, mais je sens que c'est limite limite. Bref un peu de ce côté, la fille, mais on ne me dit rien pour l'instant...

Les piles intermédiaires a dit…

@Lor : on ne se connaît pas, il me semble ; mais envoie-moi un petit mail par l'adresse du blog si tu veux des précisions sur comment déclarer ces différents types de revenus. :-)

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