Piqûre du samedi, traducteur averti


Il y avait de curieuses bestioles quai de la Mégisserie, ce matin-là...



... et de drôles d'oiseaux aussi au Café du Pont-Neuf, quelques immeubles plus loin.

Car oui, j'ai testé pour vous les Matinales de la SFT, feat. Pierre Assouline, samedi dernier. Et oui, c'était la première fois que j'assistais à l'un de ces petits-déjeuner professionnels qui ont lieu une fois par mois et sont ouverts tant aux adhérents de la SFT qu'aux traducteurs et interprètes de tous horizons - malgré plusieurs thématiques alléchantes qui avaient par le passé éveillé ma curiosité. Donc pardon aux habitués des Matinales pour le côté "je réinvente la roue", mais le principe m'a semblé bien sympatoche : des traducteurs (ah !), un petit déj (oh !) et, en l'occurrence, un orateur plutôt du genre intéressant. J'ajoute une mention spéciale au croissant, qui n'a laissé aucun doute à mes doigts quant à sa composition pur beurre.

Pierre Assouline était donc invité pour parler du rapport sur la traduction d'édition que lui a commandé le Centre national du livre en 2009. Ce qu'il a présenté de son enquête confirme le ressenti des traducteurs sur le terrain, pour résumer : marché pas folichon, rémunérations au mieux stagnantes et souvent en baisse, rapports plutôt mauvais entre traducteurs et éditeurs, contrats abusifs, réécritures arbitraires, manque de reconnaissance de la profession... Lisez le compte rendu ici si le coeur vous en dit.

Peu de sujets qui fâchent parmi les traducteurs, finalement, du coup Pierre Assouline était plutôt en terrain conquis (mode "l'homme qui murmure à l'oreille des traducteurs"). Il n'est allé (très) légèrement à l'encontre du sens du poil (et encore) qu'à deux reprises.

D'abord pour rappeler que les éditeurs ont eux aussi des reproches à formuler à l'encontre des traducteurs : il a cité le cas des traducteurs "stars" qui sous-traitent le travail à des équipes disparates avec un résultat discutable (c'est moyen, en effet) et rapporté des râleries d'éditeurs confrontés à des traductions bâclées et/ou au niveau globalement en baisse (reste à voir combien sont payés les auteurs des traductions en question - selon le bon vieil adage "If you want to pay peanuts, hire monkeys").

Et puis, il a souligné que les traducteurs n'imposaient pas suffisamment leurs conditions à leurs commanditaires, et se montraient parfois un peu trop discrets, à force d'être des indépendants travailleurs de l'ombre.

Difficile de ne pas être d'accord avec ce point, et d'ailleurs, ce n'est pas exactement là que se situe le rebrousse-poilisme tout relatif de cette remarque. Non, là où ça peut coincer, c'est au niveau de la réponse qu'on a spontanément envie de lui apporter : "C'est bien joli, mais on fait comment ?"

Sous-entendu :

1. On a déjà du mal à avoir du boulot sans poser ses conditions, alors on n'a pas forcément envie de l'ouvrir.

2. De toute façon, c'est les médias qui ne parlent jamais de nous, bouhouhou.

Et c'est vrai, c'est tentant de se dire ça.

Mais c'était compter sans l'infatigable Chris Durban qui a pris la parole à ce moment pour faire remarquer que quand on invite un traducteur dans un média pour parler de son boulot, ce n'est pas pour l'écouter se plaindre de ses conditions de travail. Qu'il était plus intéressant, pour se faire entendre, de parler avec passion de son métier, plutôt que de râler à n'en plus finir. Ça, c'est pour le point 2. Et pour le point 1., finalement, The Prosperous Translator, l'ouvrage de Chris Durban (dont il a déjà été question ici, cherchez un peu), est là pour rappeler ce qu'on pourrait et ce qu'on devrait faire pour remédier au rapport de force a priori défavorable qui oppose les traducteurs à leurs commanditaires.

C'est bien, ces petites piqûres de rappel sur fond de compréhension et d'entre-soi tout de même assez rassurants : un excellent mix pour un samedi matin. Et une raison de plus d'y retourner, aux Matinales de la SFT. Pour suivre le programme des prochains petits-déjeuners, rendez-vous sur cette page.


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Le jeudi, c'est citation (il paraît) #5


Sur une idée originale de Chiffonnette.



Ich habe nie daran gezweifelt, dass es so jemanden geben müsse, der ist wie Sie, aber nun gibt es Sie wirklich, und meine außenordentliche Freude darüber wird immer anhalten.

(Je n'ai jamais douté qu'il dût exister quelqu'un comme vous. Mais désormais, vous existez vraiment, et cela me remplit d'une joie singulière qui perdurera à jamais.)



Lettre d'Ingeborg Bachmann à Hannah Arendt
Cité par Marie Luise Knott dans le très bon Verlernen - Denkwege bei Hannah Arendt, Matthes & Seitz Berlin, 2011


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Pas le temps (ça faisait longtemps)




Mes petits carnets cinéma de quand je fréquentais assidûment les salles obscures m'indiquent qu'il y a 10 ans, je découvrais le sens du mot "timecode". J'aurais pu vous pondre 5 000 signes sur comment cette révélation lexicographique marqua la naissance d'une vocation, mais 1. ce serait un peu exagéré ; et 2. je suis dans un tunnel de boulot jusqu'à la fin du mois, donc vous m'excuserez.

(Oui, je collais toujours une photo et mon ticket.

Oui, je me cherchais encore un peu, au niveau de l'écriture - non, je ne fais plus mes "T" comme ça.

Et non, ça coûtait pas cher le cinéma, à l'époque - surtout quand on était étudiante en province.

Je n'ai du reste aucun souvenir de ce film, à part son titre - et pourtant, je vois que Stellan Skarsgard et Kyle MacLachlan jouaient dedans, mazette.)

Hem.

Sinon, sache, lecteur fashionisto de ce blog, que j'ai osé le vernis à ongles rouge et la robe à semi dos nu, ce week-end - et ce, en dépit d'une météo peu coopérative qui avait manifestement décidé de me faire renoncer à ce projet de la plus haute importance. Il m'a semblé que cette information capitale méritait de figurer en bonne place (genre, dans un billet) sur ce blog, dans l'esprit du militantisme hardi qui me caractérise en toute circonstance (militantisme en faveur d'un VECEECISD-B*, bien sûr).



À une prochaine !



*VECEECISD-B : Vrai Eté Chaud Et Ensoleillé Comme Il Se Doit, Bordel !


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Yorgué


Jorge Semprún s'est éteint la semaine dernière, donc.

Jorge Semprún qui, bien malgré lui, me plaça il y a fort longtemps dans la même situation que les McDo-istes dont je me gaussais amicalement il y a quelques jours.

Si, je vous jure, il y a un lien, zallez voir.

Jorge Semprún, donc. Je vous resitue les choses : 1994, parution de son roman L'écriture ou la vie. Je dois être en 3e et j'ai Mme B. en français, une dame pas bien palpitante dont le nom de famille est (hasard ou coïncidence) l'homophone parfait du truc lourd et sphérique en métal qu'on attache au pied des forçats.

Mme B. est trèèèèès enthousiasmée par L'écriture ou la vie. En plus la 3e, c'est l'année où on étudie la seconde Guerre mondiale en histoire. Et puis on est en 1994-1995, années de nombreuses commémorations de la fin de la guerre et de la libération des camps. Ce contexte ô combien favorable lui donne des ailes, à Mme B. Poussée par une audacieuse tentative de coordination des programmes entamée avec des profs d'autres disciplines, elle laisse libre cours à son exaltation, incitant vivement ses élèves à se pencher sur l'oeuvre de Yorgué Sèmmproune et à lire au moins son dernier opus, et tant pis si c'est pas au programme.

Car oui, allez savoir pourquoi, Mme B. a décidé de prononcer Yorgué Sèmmproune le nom de ce brave homme. En matière de langues étrangères, Mme B. est manifestement totalement décomplexée et il est permis de penser qu'elle n'a pas dû faire espagnol deuxième langue - mais votre blogueuse dévouée non plus, en même temps, donc ça ne la choque pas, à l'époque, cette prononciation qui ne ressemble à rien, ni à de l'espagnol, ni à du français.

Comme elle est déjà très dévouée à l'époque, eh ben votre blogueuse dévouée, elle les lit, les bouquins de Yorgué Sèmmproune. Elle se penche sur son cas tout comme on lui a demandé, et elle va même assister à une rencontre littéraire avec l'écrivain à la librairie du coin. Et d'ailleurs, ça l'intéresse, donc elle est ravie, donc tout le monde est content.

Et autant dire que Yorgué Sèmmproune, elle maîtrise grave. Si si, grave, je vous prie de me croire.



Quelques années passent.

En 1999, votre blogueuse toujours dévouée, exilée outre-Manche, a pour prof de littérature une sorte de Dieu Vivant (vivant à l'époque, du moins) dont elle a déjà parlé de temps en temps ici, qui respire l'intelligence et l'érudition massive mais discrète par toutes les mailles de ses pulls en laine verte.

Un jour, on parle dans un de ses cours de littérature des camps, entre autres. On arrive à Primo Levi. On passe aux auteurs francophones.

Et là, pour une fois qu'elle a l'impression de maîtriser (grave) son sujet, pour une fois qu'un cours de Mme B. semble pouvoir lui servir à quelque chose, pour une fois qu'elle ose prendre la parole dans ce groupe où elle est la seule à ne pas être de langue allemande, pour une fois qu'elle a l'impression d'avoir un truc vaguement pertinent à dire dans ce cours de haute volée animé avec flegme et brio par le Dieu Vivant, votre blogueuse dévouée tente, timidement :

"Yorgué Sèmmproune, zum Beispiel?"

Blanc.

Mais blanc total, un silence qui friserait presque le néant si je n'entendais pas soudain ma respiration angoissée.

Je vois bien que le Dieu Vivant, dans sa très grande bienveillance et sa profonde humanité, me fixe attentivement avec pitié empathie, en essayant de donner un début de sens à ce que j'ai dit. Tandis que je bredouille un truc indistinct en devenant écarlate, un éclair illumine son regard (parce qu'il est vraiment trop fort, le Dieu Vivant), et il me répond :

"Sie meinen wohl... Georges Samprain?"

Voilà.

Voilà, oui, c'est sans doute ça que je voulais dire, avec le même accent français impeccable. Mais je ne l'ai pas dit. J'ai dit Yorgué Sèmmproune, pas Georges Samprain.

Et zou, ridiculisée à jamais aux yeux du Dieu Vivant. Tout ça à cause de Mme B. qui n'avait pas fait espagnol deuxième langue et ne s'était pas donné la peine de se renseigner sur la prononciation du nom de Yorgué Sèmmproune avant d'en parler à ses 3e pour leur permettre de briller plus tard dans les salons mondains.



Boulet, tiens.



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(Premier épisode et rappel du principe.)

Et un ajout à un précédent extrait : la traduction française croquignolette (et d'époque) de L'attrape-coeurs.



Lorsqu’il passait sous l’auvent du RKO de la Quatre-vingt-sixième Rue, il sentait parfois une bouffée d’air frais, si jamais quelqu’un ouvrait l’une des portes du hall. AIR CLIMATISÉ lisait-on sur un panneau accroché au-dessus du bureau de location, en lettres ayant la forme de glaçons dégoulinants. Un jour particulièrement chaud, il se joignit à une file d’enfants qui attendaient au guichet, acheta un billet pour vingt cents, et entra dans le hall. Soulagé par le confort et la légèreté de l’air, il traversa le sol dallé de marbre, passa devant le kiosque à bonbons illuminé de couleurs brillantes, se retrouva dans l’obscurité de la salle. Une matrone vêtue de blanc braqua une petite lampe de poche dans l’allée latérale en direction de la section pour enfants. Il s’assit sur un siège, leva les yeux vers les rideaux de théâtre qui se dressaient devant lui, menaçants dans la pénombre.

Autour de lui, garçons et filles s’agitaient, piaillant, gesticulant, changeant de place, gloussant, se renvoyant mutuellement acheter des bonbons, sifflant, dans leur impatience de voir le spectacle commencer. Lorsque les choses devenaient trop bruyantes, la matrone pointait sa lampe vers eux, les gosses se calmaient aussitôt. Claude les observait avec un certain détachement. Il n’en avait plus peur, comme au début, lorsqu’il avait commencé à aller à l’école. Ce n’étaient, réalisait-il, que des gamins, mais quelque chose en eux – leur spontanéité facile, leur insouciance, leur égoïsme presque maladif, la façon dont ils semblaient totalement absorbés dans l’instant présent – le mettait mal à l’aise. Pas une seconde, il ne lui venait à l’idée de se considérer comme l’un des leurs. Il était assis avec eux uniquement parce que le règlement l’exigeait. Curieusement, il avait l’impression d’être un imposteur.

Il y eut une prodigieuse explosion de musique, une lumière jaillit de la lointaine cabine de projection, et une image, très déformée, du drapeau américain apparut – distendu, roulé, écrasé, flou, gonflé, sans contours – sur les plis épais des rideaux. Lorsque ceux-ci s’écartèrent, l’image s’élargit jusqu’aux marges de l’écran, vive, brillante, parfaitement nette. Bannière étoilée se détachant sur le ciel. Tout le monde se leva et entonna l’hymne national en suivant la balle qui sautillait au pied de l’écran. Claude fut particulièrement fasciné par la balle. On eût dit une petite personne qui bondissait avec agilité de syllabe en syllabe. La musique était forte, satisfaisante.

Dessins animés… Suivis d’actualité – la voix du speaker, à la fois pressante et solennelle, résonnant sur le flash des images. Puis, le premier long métrage, l’histoire d’un marin brutal qui se marie avec une bibliothécaire mais ne prend la vie au sérieux qu’à la naissance de leur bébé. Le second film décrivait les aventures d’un enfant qui parlait avec les chevaux. Claude les regarda tous avec une attention absolue et fut tellement captivé qu’il éprouva un choc lorsque les films s’achevèrent. C’était comme si son âme avait voleté tout ce temps dans l’obscurité et qu’elle retombait brutalement dans son corps. Dehors, le silence anormal et la chaleur implacable semblèrent reprendre possession de lui, éteindre les émotions vif-argent allumées par les films, le rabaisser au niveau de la contemplation de la réalité terne, indifférente de la rue, de sa grisaille permanente, de sa banalité. Quitter le RKO, c’était dégringoler… Il courut d’une traite jusqu’à la maison, vers la sécurité et la compagnie du piano.

Mais en cette journée brûlante, il avait découvert, par hasard, les yeux levés vers la luminosité éthérée de l’écran, une force qui presserait doucement sur lui sa clarté légère tout au long de ses années d’adolescence, et deviendrait finalement une partie de lui-même, comme s’il portait la mémoire de milliers de vies qu’il n’avait pas vécues, que personne, certes, n’avait vécues, mais qui semblaient néanmoins réelles.





Frank Conroy, Corps et âme,
traduction française : Nadia Akrouf
Gallimard, 1996, pour l’édition française


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Réflexion phonético-fast-foodienne


Je les ai écoutés attentivement dans la file d'attente (qu'est-ce que je ne ferais pas pour ce blog, lecteur épaté (et vaguement barbouillé) de ce blog, moi l'enquêteuse culinaro-linguistico-langagière de choc ?).



Il y a ceux qui prononcent [warp].

Ceux qui disent [vrap].

Et finalement personne* ne prononce [rap] (encore moins [ræp], mais ne rêvons pas trop non plus). Alors que c'est quand même plus simple, non ?



En plus de l'astérisque Loi Toubon qui traduit plus ou moins fidèlement les termes en bas des affiches, McDonald's devrait ajouter un astérisque pour la phonétique, tant qu'à faire, tiens. Nanmais.





* Disons prudemment "pas grand-monde" - je ne passe heureusement pas non plus ma vie au McDo.


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Écritures (#1)





J'ai récupéré auprès d'Oncle M. un fascicule de poésie bilingue qui me plaît beaucoup.

Au fil des pages, je cherche les correspondances, les mots répétés, les ponctuations parallèles. L'écriture bengali m'est d'une opacité totale, mais peu importe, elle roule ses volutes et darde ses horizontales avec une grâce qui me ravit (et cette couverture orange so 70s a un charme inimitable).

Plus le temps passe, plus je me sens attirée par les langues à écriture lointaine. L'apprentissage de l'alphabet hébraïque pour le yiddish m'a permis il n'y a pas longtemps de vivre un de ces petits bonheurs que j'affectionne tout particulièrement : en co-traduisant un documentaire dont une bonne partie était en hébreu, je me suis rendu compte que je pouvais suivre sur mon script (phonétiquement, bien sûr - pour le reste, je ne comprenais rien) ce que disaient les intervenants à l'écran. La petite gymnastique de la lecture de droite à gauche, ces caractères encore complètement étrangers quelques mois auparavant, tout cela était suffisamment entré dans ma tête pour me donner des points de repère dans une autre langue utilisant le même alphabet.

Bonheur de se donner des coups de coude à soi-même.

Si si. Bonheur totalement futile et inracontable (quoique), mais bonheur quand même.


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Le retour du bouton maléfique


Donc Napoléon était moyennement performant en anglais, apprends-je à la radio.

(Est-ce vraiment surprenant ?)

Une vente aux enchères organisée par la maison Osenat ce week-end propose entre mille autres choses un manuscrit témoignant des premières leçons d'anglais laborieuses de Napoléon en exil à Sainte-Hélène.

"Manuscrit", "manuscrit", bon... en l'occurrence, avouons quand même qu'il n'y a pas lourd à lire.




Alors oui, si on regarde de près, on peut voir que l'élève a écrit "what was it arrived" pour traduire "qu'est-ce qui était arrivé" ("qu'es qui étoit arrivé", disent des sources qui ont de meilleurs yeux que moi). Et ça rigole doucement, dans certains médias qui reprennent l'info.

Mais allons voir un peu ce que nous dit le site de la maison de ventes dans la description du lot (rigueur et investigation sont les piliers de ce blog, je vous le dis) :




Oh, mais...

Tiens !

Que vois-je ?

"Traduire la description de ce lot" ?

Ah, vous le savez, ce bouton fait toujours à votre blogueuse dévouée un effet absolument irrésistible.

Alors elle clique, car elle n'a peur de rien.

Oui, lecteur tout aussi aventureux de ce blog, elle clique.

Pourtant, elle pressent, que dis-je, elle SAIT, avec une certitude frisant les 100%, que c'est Google Traduction qui l'attend au bout de ce click.

Mais elle clique quand même car elle n'a pas encore perdu tout espoir dans l'humanité et puis parce que voilà, quoi, elle a un blog à alimenter.




Et qui est-ce qui rigole doucement, maintenant ?

(Il m'en faut peu, je sais.)


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Le jeudi, c'est citation (il paraît) #4


Sur une idée originale de Chiffonnette.



Un jour, le maître se frappa la tête et s'écria :

- Et moi qui croyais que je gratifierais de souliers de satin une fille de ce genre ! Fou que j'étais ! Fou qui ignorait que seules les bottes de sept lieues étaient chaussures à sa taille.



Karen Blixen, Tempêtes, Gallimard 1961 (pour l'édition française)
Traduction : Marthe Metzger


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