Au passage




Rhaaa, oui, c'est une sacrément bonne nouvelle, lecteur certainement aussi anxieux et impatient que moi de ce blog (je n'en doute pas) (je ne doute de rien) (et c'est l'occasion de publier un neuvième billet pour juillet, dans cette année bloguesque faite de 9 et de 11 - si si, jette un coup d'oeil dans la colonne de droite si tu ne me crois pas). Pour la suite, on verra, mais la grande aventure européenne n'est donc pas finie !



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L'oie migre en août, cette année








Oui-oui, m'en vais quitter Paris pour quelque temps. Combien ? Je ne sais pas, un an ou deux peut-être. Ou plus, ou moins, j'ai dit que je ne savais pas, n'insistez pas.

Alors je calme tout de suite votre imagination débordante et la mienne : non, je ne pars pas m'installer à Montréal, New York ou Berlin (mon top-3 fantasmé) (qui contient quand même deux villes où je n'ai jamais mis les pieds) (ah ben j'ai dit "fantasmé", hein). Juste un modeste petit retour à Strasbourg, parce que c'est une ville connue et facile pour moi, ce qui m'évitera de me poser plus de questions que je ne m'en pose déjà en ce moment. En plus, Copine B. et Pote J. quittent leur appartement cet été : tout près du centre, super lumineux, une vraie cuisine avec un carrelage en damier, trois pièces raisonnablement spacieuses, des fenêtres partout, un loyer pas parisien, une baignoire dans la salle de bain et, accessoirement, un propriétaire disposé à me louer le tout, c'est en somme exactement ce qu'il me faut. Et pis pour Paris, y a le TGV, ça va vite et c'est idéal pour vivre un peu à cheval sur ces deux villes au moins quelque temps. J'aime qu'un plan se déroule sans accrocs.

C'est donc le temps des cartons qui démarre. Je m'apprête à manipuler avec volupté des livres de poche tout cornés, des DVD oubliés, des dictionnaires amochés, des VHS probablement devenues inregardables, des classeurs pas classés, et des CD au boîtier fendu (le tout sous une pellicule de poussière d'épaisseur variable). Ah, et puis il y aura les fringues, aussi, mais ça c'est moins rigolo.


Copine I. m'a dit l'autre jour : "C'est chouette, tu vas pouvoir jeter plein de trucs !"

Hem.

Concrètement, j'envisage (avec une force de caractère qui m'étonne moi-même) de jeter les disquettes 3,5 pouces où sont stockées mes disserts d'allemand de 1998-2000 (sauf celle où il y a le logo de l'université) (faut pas pousser, elle est collector).

Je devrais réussir (en fermant les yeux et en respirant un bon coup) à jeter les escarpins verts satinés que j'aime d'amour depuis juillet 2005 et qui sont complètement immettables depuis mai 2010, il faut se rendre à l'évidence.

S'il me reste un fond de volonté, je jetterai peut-être quelques cartes postales (prévoir un tri, quand même, faudrait pas balancer n'importe quoi).


Mais à part ça, je crois que je n'arriverai pas à me séparer de grand-chose.


Certainement pas du calendrier Corto Maltese 2003 trooooop beau. Ni du haut noir en coton que je portais le soir où j'ai rencontré D. en boîte à Bantry en 1995. Pas même non plus (faut pas exagérer) des petits carnets cinéma 1994-2004. Nan parce que j'ai jeté mon journal intime des années nonante, comme ça, une fois, et maintenant je le regrette. C'était quand même (outre ses renversantes qualités littéraires et son originalité sublimement folle) un sommet de paranoïa multilingue, écrit en anglais ET en alphabet grec (si si). J'aurais pas dû le balancer, ça m'aurait fait quelques tranches de rigolade gratuites pour quand j'ai le blues, comme souvent ces derniers temps.

Bref, j'ai mes nouvelles clés (et leur mascotte qui témoigne bien de la nouvelle page de maturité qui se tourne pour moi), ça au moins c'est du concret bien concret comme je l'aime...



... mes clés et mon carrelage en damier, donc.



Il n'y aura sans doute pas grand-chose sur ce blog dans les jours qui viennent, rapport aux travaux de peinture qu'il va falloir aller faire sur place et au déménagement qui suivra, le tout avec pas mal de boulot en cours parallèlement, sinon c'est pas drôle.

(Et si par hasard vous vous posez la question, pour la grande aventure européenne, je n'ai toujours pas la réponse... C'était pour la mi-juin, puis pour la fin juin, puis imminent début juillet, puis d'ici la mi-juillet, et maintenant c'est "imminent mais on ne peut pas vous dire quand" - no comment, ça ne fait jamais qu'un an que je suis inscrite à cette procédure de recrutement).

Belle suite d'été, amis lecteurs !


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Écritures (#2)


Je ne sais pas si j'ai bien fait de les regarder à la file pendant mes nuits d'insomnies, les trois volets du Seigneur des Anneaux.

La fatigue aidant, j'ai des visions en passant devant la machine à coudre...






(Et aussi : un article rigolo et pédagogique ici : "The Letters of Middle-Earth")


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A Subway Tale


Quand la petite fille assise à côté de moi (4 ou 5 ans à vue de nez) a demandé à son père : "Papa, Papa, tu me donnes ma flûte à bec ?", je n'ai pas imaginé un seul instant que Papa allait répondre autre chose que : "Ben non, choupette, pas dans le métro à l'heure de pointe, on attend plutôt d'être à la maison."


Comme quoi, j'ai une imagination très limitée.


13 stations, c'est long.


Mais pas suffisamment pour apprendre à moduler des notes en bouchant les trous, visiblement.



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Ils en parlent... (17)
Reste à l'affiche, mon Chéri !


(Premier épisode et rappel du principe.)

L'été revient... Perec aussi !



… c’est une photographie de tournage de son avant-dernier long métrage – Hardi les Gars ! – dont elle fut la vedette en 1949 lorsque, après sa retentissante rupture avec Jeremy Bishop, elle quitta l’Australie et tenta de faire aux États-Unis une audacieuse reconversion. Hardi les Gars ! fit une courte carrière. Le film suivant qui, par une coïncidence cruelle, avait pour titre Reste à l’affiche, mon Chéri ! – elle y jouait le rôle d’une écuyère (la belle Amandine) amoureuse d’un acrobate de dix-sept ans qui jonglait avec des torches enflammées – ne fut même pas monté, les producteurs ayant estimé à la vision des rushes qu’ils n’en tireraient rien. Olivia devint alors l’étoile d’une série touristique dans laquelle elle était la jeune Américaine de bonne famille, pleine de bonne volonté, allant faire du ski nautique aux Everglades, se bronzant aux Bahamas, aux Caraïbes ou aux Canaries, se déchaînant au Carnaval de Rio, acclamant les toreros à Barcelone, se cultivant à l’Escurial, se recueillant au Vatican, sablant le champagne au Moulin Rouge, buvant de la bière à l’Oktoberfest de Munich, etc., etc., etc. C’est ainsi que lui vint le goût des voyages et elle en était à son cinquante-huitième court métrage (Inoubliable Vienne…) lorsqu’elle rencontra son second mari qu’elle quitta d’ailleurs au cinquante-neuvième (Bruges l’Enchanteresse).

Georges Perec, La vie mode d’emploi,
Hachette 1978


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La traduction audiovisuelle vue par...


Oui, bon. Je ne suis pas d'humeur subtile, en ce moment.

Mais il y a du vrai, non ?

(Cliquez pour voir le bouzin en plus grand si le coeur vous en dit.)




Sur une idée de HTeuMeuLeu - grand merci à B. pour ce lien...



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Don't cry for me, Argentina


C'est leur faute, aussi, ils m'ont demandé s'ils étaient dans la bonne direction pour aller à La Défense. Alors comme je suis curieuse, j'ai écouté ce que disaient ces deux touristes américains devant la plaque "Nunca más" de la station Argentine.




(Pas de photo plus grande, désolée.)

Madame a commencé par traduire, fort correctement, ce qui était écrit dessus pour monsieur.

Puis elle a ajouté : "Apparently, Argentina was not a nice country to live in at the time."

Et là, monsieur a enchaîné : "Actually, I thought Argentina was one of the Nazi countries."

Hmm... Petite confusion, peut-être ?

Dans ces cas-là, il me vient toujours à l'esprit une remarque inscrite en grosses lettres par ma prof de bio sur une de mes copies en seconde :

"Des révélations
qui secouent le correcteur.

À éviter, par conséquent."


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La débrouille au pouvoir


Ou comment Shakespeare manqua de peu d'inventer la V.M.*, quelque part au milieu des années 80.








Repéré dans Shakespeare à la télévision, Publications de l'université de Rouen n°123, 1987.

Ayant tenté cette année (pour des raisons obscures que je n'exposerai point ici) de suivre la cérémonie de clôture du Festival de Cannes en direct et en simultané à la radio et à la télévision, je peux l'affirmer : la solution italienne ne serait plus faisable de nos jours, le décalage entre diffusion télé et diffusion radio est extrêmement désagréable (enquêteuse de choc : oui, c'est moi).


*V.M. : version multilingue.


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Unplugged


Le clip de The Revolution Will Not Be Televised posté vite fait l'autre jour m'a rappelé un truc, avec son "You will not be able to plug in, turn on and cop out." (00'14 dans le clip)

Plug.

Unplug.

Unplugged.


Je m'en souviens encore, tiens.

C'est LA terrible tragédie qui a marqué ma génération (comprendre : mes grandes copines de l'époque, C. et J.) quand j'étais jeune ado. Pas une guerre, pas une famine ni un génocide, non non, bien pire que ça : la mort de Kurt Cobain en avril 1994.

Pleurs.

Consternation.

Faux tatouages "I hate myself and I want to die" au stylo à plume sur l'avant-bras.

Sur ce, Hole a sorti Live through this, Offspring, Smash, Blur, Parklife, L7, Hungry for stink, NOFX, Punk in Drublic et Bad Religion, Stranger than Fiction, alors bon, on a effacé nos faux tatouages et on s'est consolées à coups de pop et de punk plus ou moins FM.

Et quelques mois plus tard, Geffen s'est dit que ce serait dommage de ne pas ressortir un bon vieux concert de Nirvana de derrière les fagots : l'Unplugged in New York, avec son livret en papier cartonné plein de couleurs vives façon cocktail Club-Med des années 1980.




À l'époque, les langues commençaient à peine à m'intéresser sérieusement et je ne songeais pas encore à faire de la traduction mon métier, mais je me souviens avoir trouvé que "unplugged", c'était un joli mot, pragmatique à souhait et à la sonorité mate comme une guitare acoustique - ce qui tombait bien, parce que ça disait merveilleusement bien ce que ça voulait dire, beaucoup mieux que le terme français qui franchement n'a aucun sens dans cette acception.

Donc ce mot me plaisait. Mais à l'époque, il ne voulait pas dire tout ce qu'il veut dire aujourd'hui. Pardon, "il n'avait pas la richesse sémantique qu'il a acquise depuis". Oui, j'ai le style qui se relâche un peu, tu m'excuseras, lecteur exigeant de ce blog, mais c'est l'été.

"Unplug", à l'heure où tout le monde est connecté de partout, c'est devenu mon rêve, mon ambition secrète (on a les ambitions qu'on peut). Passer une journée sans consulter mes mails et sans téléphone, en somme, ça paraît simple, mais j'ai du mal. Pas tant avec le téléphone - je n'ai jamais adoré le principe du téléphone portable et j'ai attendu 2005 pour en avoir un, au départ parce qu'un client m'avait fait remarquer que je n'étais pas assez joignable. L'e-mail, en revanche, a dû être inventé pour les gens comme moi qui détestent téléphoner mais ont naturellement des tendances compulsives. Difficile de couper ma boîte mail trois heures d'affilée pour bosser sur une urgence. Impossible de la couper en temps normal. Inimaginable de partir en vacances (la bonne blague) sans avoir la possibilité de lire mes mails au moins une fois par 48 h (mais si ça peut être une fois par jour, je préfère).

Donc "unplug", c'est mon ambition secrète pour les prochaines vacances (je ne sais pas quand, pas la peine de demander). Et je ne suis pas la seule à y avoir pensé (comme c'est étonnant), puisqu'il existe désormais un National Day of Unplugging aux Stèïts...




... où chacun est invité à éteindre smartphones, ordis, tablettes et autres gadgets de geeks. Si l'événement est au départ initié par l'association Sabbath Manifesto et donc plutôt conçu comme un "shabbat version geek" à répéter toutes les semaines, pas besoin d'être croyant pour trouver l'initiative louable et sympatoche. Le site de Sabbath Manifesto propose même une appli iPhone pour prévenir ses amis qu'on est unpluggué (logique absurde que j'adore) et un sac de couchage pour téléphone portable, histoire qu'il se repose lui aussi (c'est chou).




Mais loin des solutions un peu gadget, j'en connais une qui a trouvé la voie vers l'unplugging radical : ma chère amie C.-G. qui, après quatre bonnes années passées à Buenos Aires, quitte l'Argentine et s'en revient provisoirement en Europe... à bord d'un cargo qui accueille quelques passagers dans ses pérégrinations. Embarquement ce soir heure française pour un mois de voyage relativement coupé du monde, avec quelques escales exotiques au Brésil, au Sénégal et... à Hambourg (cherchez pas), avant une arrivée au Havre prévue début août (l'émission Envoyé spécial a consacré un sujet à ce genre de vacances il n'y a pas longtemps, par là).




Outre le côté hautement romanesque de la chose (reviens-nous au moins avec une nouvelle ou un scénario, C.-G. !), je l'envie de prendre le temps de prendre le temps. Le temps de la lenteur. Le temps de s'ennuyer. Ça pourrait être ça, finalement, mon ambition ultime en matière d'unpluggage.






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