Schluss



Bien cher lecteur, au milieu des trains à prendre, des voeux à écrire et des trad à finir, je crois qu'il est temps de mettre ce blog en mini-vacances pour quelques jours. Et je te propose, comme ça au débotté et sans raison particulière, de terminer l'année sur une note oulipo-alsaco-cinématographico-people (si si, j'te jure) photographiée l'aut'jour à un arrêt de tram du centre-ville de par chez moi.



Belles fêtes de fin d'année à toi si tu les fêtes et rendez-vous en 2012.


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Merry parties



Un client qui utilise Reverso pour traduire ses voeux de fin d'année et les envoyer à des traducteurs humains, c'est...

Comment dire...



Surprenant ?

Et je prouve ce que je dis, hein...



"Хорошие стороны (отпуск)", qui, retraduit, donne quand même "bons côtés (congés)".


Bon, OK, c'est le service comptable dudit client. On va dire qu'il ne sait pas qu'il existe des traducteurs humains et que c'est à eux qu'il fait des virements tous les mois.


Mais quand même...

Legen... (wait for it)... dary.


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(Premier épisode et rappel du principe.)



La séance se termine vers six heures et demie, retour au bunker dûment encadrés, dîner de poulet gras à la Vaillancourt, pas de clope en terrasse, pas le temps, c’est déjà la thérapie du soir. Dans l’autre grande salle on a aligné une trentaine de chaises et de tabourets. On nous passe un film sur un home cinéma. Le bruit a couru que ce soir on verrait Le Jour du vin et des roses avec Jack Lemmon et la belle Lee Remick où lui joue un pochetron, elle une jeune fille sage. Insidieusement, il la pousse à boire, elle tombe dans le piège et pochetronne à son tour alors que lui s’en sort. Vraiment pas mélo, tout à fait superbe, je l’ai déjà vu mais pour Lee Remick je veux bien le revoir une centaine de fois. Le bruit qui courait se révèle être faux, on projette un navet mexicain, un type ivre mort au volant d’une voiture renverse une jeune fille qui en sort estropiée, il veut l’épouser afin de réparer, elle refuse, elle a sa fierté, il noie son chagrin dans l’alcool et veut se flinguer, il se rate, elle comprend que le type l’aime vraiment et finit par dire oui au monsieur, il casse sa bouteille de mescal contre un mur et ils se marient, happy end, rédemption, l’assistance au complet écrase une petite larme. À la fin du film, débat sur les dangers de l’alcool au volant, tout le monde est d’accord, un peu parce que c’est vrai, beaucoup parce que là on en a vraiment marre, on voudrait s’en aller. Ils raccompagnent enfin le troupeau à sa bergerie, qui va comme un seul homme griller des cigarettes en regardant passer les voitures, moi je ne fume pas, je rentre dans mon box.


David McNeil, Tangage et roulis,
Gallimard, 2006



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Mox's book



Vous le connaissez, Mox. Si, si, forcément, vous le connaissez, ses strips en trois cases font le bonheur des traducteurs depuis 2009.

Réjouissez-vous, les amis : après Mox's blog, voici Mox's book, un cadeau idéal pour un Noël traductologique.




On y retrouve bon nombre de strips publiés sur le blog, mais un paquet d'inédits aussi - notamment autour de l'Anti-Translators Association, nouvel avatar du grand complot ourdi par les puissants de ce monde pour éliminer la gent traductrice (comment ? vous n'étiez pas au courant ?).





Des guest-stars ont écrit de chouettes textes pour accompagner le tout : Laurent de (Not Just) Another Translator ou encore Alex Eames, auteur d'une mine de bons conseils intitulée tranfree (un peu en suspens ces derniers temps, semble-t-il, à moins que la newsletter soit plus régulière que les publications sur le blog). Mon coup de coeur va à la contribution de Céline Graciet (de Naked Translations) intitulée "Evil Agencies", vraiment drôle et percutante.

Une bonne idée, en somme, et une publication qui tombe à pic pour les fêtes et les envies de petits cadeaux parce que zut, il n'y a pas que Noël dans la vie. Merci Mox !






Alejandro Moreno-Ramos, Mox - Illustrated Guide to Freelance Translation, publié chez Vita Brevis, 2011, 110 pages
À commander ici.



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Vous pensez qu'il est au courant, le Dalaï-Lama, pour les mandalas Hello Kitty ?






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De saison



L'opération bredele a eu lieu dans les temps, lecteur affamé de ce blog. Je sais que tu t'inquiétais, sois rassuré, tout va bien, les petits gâteaux sont faits et ils dorment dans leurs boîtes en métal, prêts à accueillir visiteurs de l'Avent et famille Les Piles.

Comme il faut bien renouveler un peu cet exercice somme tout assez répétitif (y compris pour toi, lecteur, qui as droit à un billet sur le sujet tous les ans en décembre - et je comprends ta douleur, sache-le), cette année le défi était de faire des petits gâteaux sans beurre - hahaha, la bonne blague, nanmais épikoi encore, des bredele sans beurre, c'est n'importe quoi, me diras-tu avec ta morgue coutumière, et d'ailleurs t'as vu comment s'intitulait le billet bredele de l'an dernier, hein ?

Je t'en prie, calme-toi, lecteur puriste et outré de ce blog. Des bredele sans beurre, donc, pour que Nièce A. ne se retrouve pas comme l'an dernier cantonnée à une seule sorte de petits gâteaux parce que sa tata chérie avait un peu zappé qu'elle ne pouvait pas manger de beurre et s'en était souvenue in extremis au moment de faire les Zimsterne d'usage, lesquelles sont fort heureusement de toute façon sans beurre.

Du coup, ça a un peu renouvelé les recettes habituelles. J'ai quand même fait une fournée de damiers que j'adoooore confectionner (et qui s'améliorent d'année en année, disons-le) et une autre de ces adorables petits gâteaux aux noisettes super faciles à faire qui déchirent leur race. Mais tant pis pour les spritz ultra-traditionnels (ça tombe bien, la poche à douille n'est pas mon amie) et pour quelques autres un peu trop beurrés.

Et pour une fois, j'ai même pris la peine de prendre une ou deux photos correctes, histoire de remplir une page d'un livre de recettes destiné à la petite choupette de Cousine A. et censé immortaliser les talents culinaires familiaux.

Donc, en partant du coin supérieur gauche et en tournant dans le sens des aiguilles d'une montre (soyons précis) : des so-called amaretti (qui n'ont donc rien d'alsacien et a priori pas grand-chose d'italien non plus parce que je n'ai jamais vu des amaretti comme ça ou alors je les ai ratés, ce qui n'est pas à exclure), brünsli (trop sucrés mais qu'est-ce qu'ils sont bons), bredele noisettes "à la fourchette", zimtsterne, bredele à l'anis loupés, je n'ai pas retrouvé la chouette recette d'il y a deux ans, petits coeurs à la noix de coco bizarres, avec leur vague consistance de chewing-gum, bredele noisettes-marrons-choco (bonne surprise), et last but not least, les damiers.





Je recommande :

Beau à la louche, pour les recettes des zimtsterne et des damiers, mais aussi des formidables brünsli, et plein d'autres bredele encore (blog signalé par une lectrice l'an dernier, merci encore !)

Les bredele noisettes écrasés à la fourchette, un bonheur vaguement régressif indispensable.

Vous n'avez plus qu'à passer prendre le thé, pour en profiter. Na d'abord.






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ImpÉcr #4
Spécial Stanley Donen




Dans la série "les sous-titres parlent de traduction", un billet spécial Stanley Donen, réalisateur cher à mon coeur...

Ça m'a frappée (paf !) l'aut'jour quand j'ai revu un bout d'Arabesque à la tivù : tout le film tourne autour d'une sorte de MacGuffin traductologique, en fait, un message secret rédigé en hiéroglyphes. Les sous-titres français parlent judicieusement de "décrypter" le message, mais dans la VO, il est littéralement question de le traduire.

Du coup je me suis souvenue que dans Charade, le personnage joué par Audrey Hepburn était une interprète français-anglais (même si elle est soi-disant "translator" en VO et "traductrice" dans les sous-titres).

Et pis c'est vrai qu'il y avait aussi cette scène de Chantons sous la pluie, où Gene Kelly se montre un peu sarcastique quand Debbie Reynolds lui explique qu'elle, elle joue dans des pièces de théâtre intellos, môssieur, pas dans de vulgaires films.

Avec tout ça, coco, tu as un billet ImpÉcr à thème.

Les voilà donc dans l'ordre chronologique :
Chantons sous la pluie (1952)
Charade (1963)
Arabesque (1966)

(J'adoooore le regard rassuré de Gregory Peck dans la dernière capture d'écran.)








Rien à voir avec rien, mais j'ai fait et refait mon addition mes savants calculs et la conclusion est restée obstinément la même : ceci est le 500e billet des Piles.



DADADADÂÂÂÂÂMMMMM...



J'en profite pour saluer celui qui a mérité le qualificatif de "visiteur de passage de l'année" (titre fort convoité, on le sait) : ce lecteur (ou cette lectrice, après tout) qui est arrivé ici le mois dernier en tapant Sophie Marceau without bra dans Google, MAIS qui a quand même passé 17 minutes sur le blog et consulté six pages.

Bref, merci, merci à toutes et à tous de lire mon bazar, du fond du coeur.



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Ça vient de loin, cette histoire



Meuh oui, ça vient de loin. Zavez remarqué comme tout le monde pouffe et râle de nos jours face aux traductions de modes d'emploi, sous prétexte qu'elles sont incompréhensibles et faites par n'importe qui mais manifestement pas des professionnels natifs de la langue cible considérée ? (ici ou , par exemple)

Comme si c'était une tendance récente, la dégradation de la qualité des traductions... Alors qu'en réalité, c'est vieux comme le monde, les modes d'emploi pourris - vieux comme le monde, ou en tout cas au moins vieux de 28 ans, comme en témoigne cette croquignolette double page découverte par votre blogueuse dévouée dans une machine à coudre jouet datant de 1983 (non, elle n'était pas à moi quand j'étais gamine).



"Fabriqué en RDA" annonce fièrement l'emballage, et je pense que l'on peut ajouter "Traduit en RDA" sans prendre trop de risques.



Alors la traduction n'est pas totalement incompréhensible, soyons honnêtes (l'intégrité reste, contre vents et marées, la marque de fabrique de ce blog, après tout). On sent qu'on n'en était qu'au début de ce lent déclin qui nous vaut aujourd'hui des absurdités comme "contient des écrous" (mais oui, "contains nuts", enfin !) sur certains emballages de poêlées surgelées (vous ne me croyez pas ? cliquez ici pour rigoler un coup).

Mais elle comporte tout de même de superbes calques de l'allemand - désolée pour les non germanistes, mais le titre devrait suffire à vous convaincre - de charmantes coquilles qui ne semblent gêner personne et des termes parfois improbables. Sans compter que le style est d'un naturel inimitable, idéal pour les enfants auxquels s'adresse, rappelons-le, ce jouet.

Une sorte de funeste préfiguration des dérives d'aujourd'hui, en somme (si si). Morceaux choisis.


"Instruc(k)tion de service", traduction littérale donc du "Dienstanleitung(en)" 100% deutsch que l'on aime parfois aussi (mais ce n'est qu'une humble proposition, et qui suis-je pour la faire, d'ailleurs) traduire par "mode d'emploi".



Seulement quant ? Ouais, seulement quant.
La joie de jouer ? Ouais, la joie de jouer.
Pfff... Etc., quoi.





"Mal marqueté", "mal marqueté", mais je vous en prie, restez poli avec les piles !




"L fil" ? Ça me rappelle un truc... Mais oui, la Prague-Berlin-Connection ressuscitée !






Bon, convaincus ?

Et pour de jolies perles de traduction contemporaines du même genre en français, suivez donc la jubilatoire chronique "Hein ?" sur ce site canadien consacré à la consommation. Des heures de bonheur...



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L'aut'jour, j'ai vu passer le nom de X sur la liste des inscrits à une soirée de traducteurs à laquelle je devais me rendre. Et j'ai pensé : "Aïe." (Mais en plus vulgaire.) J'espérais naïvement ne jamais recroiser X de toute ma vie et, dans les faits, cela faisait plus de six ans que j'avais réussi à l'éviter, donc on était en bonne voie.

X, c'était un traducteur qui travaillait pour A. quand j'y étais salariée (j'y ai relu des traductions et simulé des sous-titres à la chaîne pendant quelques mois en 2005). X travaillait beaucoup pour A., il adaptait pour eux entre deux et quatre programmes par mois dans des genres variés et pour différentes chaînes (de l'émission people au docu intello, en passant par la téléréalité).

Je ne l'ai vu en chair et en os qu'une fois : 1 m 90 au bas mot, une carrure d'armoire à glace, une roulée au bec (allumée, bien sûr) (oui, dans mon bureau) (en même temps, moi aussi je clopais dans mon bureau) (autres temps, autres mœurs) et une expression de poète maudit qui n'allait pas du tout avec son look de déménageur et sa chemise à carreaux. Les rares fois où je l'avais au téléphone, il m'expliquait que ce qu'on lui faisait traduire était de la merde et qu'il en avait marre d'adapter des programmes qui n'étaient rien d'autre que de la vilaine propagande capitalistico-américaine voyeuriste et démago destinée à enfumer les masses.

(Bon, objectivement, il n'avait pas complètement tort vu qu'il traduisait pas mal de programmes de ce genre-là, qui n'élevaient pas particulièrement le niveau en matière intellectuelle :



Mais en général, il n'est pas recommandé de répéter ça régulièrement à son client principal - surtout sur ce ton-là. On peut tout à fait se permettre une remarque un peu ironique et/ou amusée sur la nature de tel ou tel programme avec un client qu'on connaît bien, hein, mais cracher dans la soupe à ce point-là, ça me paraissait quand même limite. Quand on a un tel mépris pour la télé, on ne bosse pas dans l'audiovisuel, en somme, on change de crèmerie.)

Ça faisait peut-être deux mois que j'occupais mon poste quand je me suis rendu compte que je devais consacrer trois fois plus de temps aux traductions de X qu'à celles des autres free-lances. Déjà, pour une raison obscure, X traduisait ses voice-over de documentaires dans un logiciel de sous-titrage et faisait ensuite un export Word tout pourri et inutilisable tel quel qu'il retouchait à peine, ce qui m'obligeait à refaire la mise en page et à raccourcir les timecodes trop longs (si tu ne vois pas à quoi ressemble un export Word d'Ayadaube, lecteur bienveillant et intéressé mais pas traducteur de l'audiovisuel de ce blog, suffice it to say que la manœuvre était bien laborieuse et prenait vachement de temps inutilement).

J'ai écrit un petit mail poli à X pour lui faire remarquer que ça ne m'amusait pas particulièrement, ses fantaisies de mise en page. Il m'a répondu que lui, ça lui faisait grave gagner du temps. Je lui ai répondu que moi, ça m'en faisait grave perdre. Il n'a pas répondu. La traduction suivante était présentée exactement comme les précédentes.

Avant de poursuivre mon offensive, je me suis un peu renseignée sur la situation diplomatique à laquelle j'avais affaire (dans un secteur où le piston est un art de vivre, il faut toujours se renseigner sur la situation diplomatique à laquelle on a affaire). X avait commencé à bosser pour A. par le biais de la fille qui occupait mon poste avant moi, laquelle était partie fâchée avec la direction de la boîte. J'avais donc le champ libre en termes de susceptibilités à ménager chez mon employeur.

Parce qu'il faut dire qu'il n'y avait pas que la mise en page qui déconnait, chez X. Manifestement, il se relisait assez peu et n'activait même pas son correcteur d'orthographe, au vu des coquilles largement évitables qui traînaient dans ses fichiers. Ses phrases étaient souvent bancales, pas très fluides. Surtout, plus le temps passait, moins ses traductions étaient idiomatiques, et plus elles étaient calquées sur l'anglais, comme s'il se donnait de moins en moins de mal... Et plus il fallait passer de temps à les réécrire, du coup, ce qui commençait à me gaver sérieusement.

J'ai fait un petit récapitulatif de ce qui me chiffonnait avec quelques exemples aussi percutants qu'édifiants, j'ai envoyé le tout à X avec un mot d'accompagnement destiné à le ménager et lui ai proposé de m'appeler pour en discuter. Non, m'a-t-il répondu, pas besoin qu'on s'appelle. Il ne voyait pas bien de quoi je parlais. Et puis je l'emmerdais, en plus, avec mes histoires de présentation et il s'en foutait que les comédiens butent sur ses phrases.

La traduction suivante, j'ai dû la réécrire en entier. Opération qui prend encore plus de temps que de refaire une traduction de zéro, parce qu'on est influencé par les conneries du premier traducteur.

Re-petit mot, nettement plus énervé cette fois. X a bien voulu convenir de la médiocrité de sa prestation et m'a expliqué qu'il avait des soucis mais que la prochaine fois, promis promis, il allait pondre un truc super top moumoute.

Après concertation avec la chargée de postproduction qui distribuait les commandes et à qui j'avais parlé de mes mésaventures, on a décidé de laisser un bon délai à X pour traduire le documentaire suivant et de garder 10 jours de battement après, pour le cas où il faudrait à nouveau réécrire le texte. Sans jouer les alarmistes ni me montrer menaçante (au demeurant, qui pourrait prendre au sérieux des menaces émanant de ma personne, je vous le demande ?), j'ai quand même fait comprendre à X que cette nouvelle traduction avait un peu valeur de test. Et puis j'ai attendu.

Le jour du rendu de la traduction - c'était un lundi -, X m'a envoyé un mail : "Les Piles, j'ai eu un méga problème d'ordinateur ce week-end, j'ai dû refaire ma traduction dans la nuit. Je te l'envoie telle quelle en pièce jointe, mais je te préviens, ça ne sera peut-être pas fabuleux."

J'ai répondu dare-dare : "X, tu sais quoi ? Ça tombe super bien : en fait on a de la marge pour ce programme, donc je peux te laisser jusqu'à jeudi midi pour retravailler ton texte." Deux minutes plus tard, mon téléphone sonnait. Visiblement, X espérait être débarrassé de cette traduction, mais j'ai joué les idiotes (mon rôle de prédilection - j'y suis d'un naturel déconcertant), fait celle qui ne comprenait pas et qui était quand même super sympa de lui laisser quelques jours de plus pour revoir sa copie (et objectivement, c'était sympa, nanmais !). Il m'a répondu d'un ton un peu gêné que bon, d'accord, il allait se repencher sur la question, même s'il était très occupé à cause de ses soucis informatiques.

Le jeudi, son texte est arrivé. Manque de bol, j'avais soigneusement enregistré le premier fichier qu'il m'avait envoyé, et qui était effectivement très mauvais à vue de nez. Manque de soupière, je suis une adepte convaincue de la fonction "comparaison de documents" bien pratique sur Word. J'ai donc constaté en moins d'une minute qu'à part le paragraphe d'introduction qu'il avait remanié, il avait, littéralement, modifié cinq mots par rapport à son premier fichier. Cinq. Et même pas corrigé une coquille grosse comme une noix de coco sur la deuxième page. J'ai quand même bien épluché le fichier en le comparant visuellement à l'original, me disant que la fonction "comparaison de documents" avait peut-être du plomb dans l'aile. Mais non, il n'y avait rien de plus de changé.

Comme ma patience et le foutage de gueule ont des limites, on a décidé de virer X de l'équipe de traducteurs d'A. Je dis "on", parce que la décision a été prise en accord avec la chargée de postprod et qu'on s'y est mises à deux pour se motiver : bibi et une collègue encore plus jeune que moi qui m'avait gentiment apporté du thé citron avant de partir, les soirs où j'avais dû rester au bureau pour réécrire la prose de X. La voix tremblante, on a fait ça par téléphone - bicoze courageuses, mais pas téméraires (une armoire à glace dépressive qui pète un plomb, on ne sait pas ce que ça peut faire comme dégâts dans un bureau feutré du 15ème arrondissement).

X n'a pas dit grand-chose au téléphone pendant qu'on lui expliquait diplomatiquement que ce n'était plus possible et qu'on allait arrêter de le faire travailler. Il y avait de bizarres bruits de bouteilles dans le fond qui rendaient la conversation un peu glauque.

Je ne sais pas ce qu'en a pensé ma collègue, mais moi, j'ai raccroché avec une énorme boule au ventre, tiraillée entre le dégoût d'avoir dû faire le sale boulot de virer un confrère, le cas de conscience de priver ledit confrère, vraisemblablement, d'une bonne partie de ses revenus, et le soulagement d'être débarrassée d'un type qui me pourrissait la vie. Il y avait le temps et l'énervement gâchés à réécrire les traductions de môssieur, bien sûr, mais aussi cette drôle d'impression, quand j'avais reçu son mail du lundi ("tiens, ça ne m'étonne qu'à moitié") et ce malaise quand il m'avait renvoyé son texte pratiquement pas corrigé. Franchement, comment avait-il pu penser que je ne verrais pas qu'il n'avait rien modifié dans son fichier ? J'hésitais entre le connard prétentieux puissance 10 et le dépressif autodestructeur (ou masochiste, au choix) qui voulait se faire virer (les bruits de bouteilles vides ne m'ayant pas fait une impression terrible) (oui, j'aime la psychologie de comptoir). Il y avait des traducteurs plus ou moins brillants dans l'équipe de free-lances de A., avec des caractères plus ou moins arrangeants, mais ce type-là était vraiment une énigme pour moi.

Quand on a recruté mon successeur chez A. quelques mois plus tard, on envoyait en guise de test de relecture aux candidats les trois premières pages de la dernière traduction de X. Avec le recul, je ne trouve pas ça très glorieux - il aurait été facile d'ajouter quelques erreurs et lourdeurs à une traduction normale, après tout. Mais ce qui est fait est fait.

J'ai très souvent repensé à X depuis cet épisode. Je ne l'ai jamais recroisé, ni chez d'autres clients, ni dans le cadre des associations ou autre organismes que je fréquente un peu. Et cette histoire n'a même pas de conclusion, lecteur tenu en haleine comme c'est pas permis de ce blog, parce que je n'ai finalement pas pu assister à cette soirée de traducteurs à laquelle il s'était inscrit - et j'ai appris qu'il n'y était pas non plus, du reste.

Mais tout ça pour dire que DRH, moi, j'aurais pas pu.


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Une décennie d'infinie mélancolie



Oui, cela va bientôt faire dix ans que W. G. "Max" Sebald s'est tué en voiture sur une route de l'East Anglia, le 14 décembre 2001. Dix ans - et même un peu plus - qu'il est aussi devenu la paisible mais tenace obsession littéraire de votre blogueuse dévouée.

Le seul aspect positif des anniversaires tristes à pleurer, c'est qu'on les voit venir. Et sans surprise, deux gros bouquins sont sortis récemment sur Max Sebald, deux ouvrages très différents qui se complètent assez bien.



Saturn's Moons - W. G. Sebald - A Handbook, d'abord, sous la direction de Jo Catling et Richard Hibbitt. Une somme, une bible, une biographie formidable par ceux qui ont connu Sebald, (notamment mais pas que) à l'University of East Anglia. Lourd paquet Amazon dans ma boîte aux lettres, il pèse son poids. Un goût de petite madeleine pour votre blogueuse dévouée - parmi ceux qui ont connu Sebald, il y a quelques noms qui me disent plus que quelque chose : Jo Catling, Clive Scott, tiens oui, je les revois bien dans les couloirs de l'université. Et Gordon Turner, auteur de l'article "At the University: W. G. Sebald in the Classroom", figure-toi qu'il fut mon très sarcastique mais très bon professeur de civi allemande en deuxième année. Et il a eu une bonne idée, Gordon Turner, de recueillir des témoignages d'anciens étudiants de Sebald pour dessiner en creux un portrait de l'écrivain-professeur que fut son ami Max. Je les trouve réconfortants, ces témoignages - très légèrement agaçants aussi, bien sûr, parce que la groupie voudrait toujours être la seule à grouper. Mais réconfortants surtout, parce que les quelques camarades étudiants qui suivaient comme moi les cours de Sebald en micro-comité en ces années 1998-2000 n'avaient pas l'air de comprendre à quel point nous avions devant nous un prof exceptionnel, une personnalité complètement à part, d'une humanité extraordinaire, d'une érudition et d'une intelligence hors du commun.

Deux articles parlent par ailleurs des rapports de Sebald avec ses traducteurs. Michael Hamburger n'est plus là pour témoigner, alors c'est Michael Hulse qui raconte "Englishing Max" - où l'on découvre que Sebald était un relecteur plus qu'attentif de ses traductions vers l'anglais, comme en témoignent les facsimilés des corrections plus ou moins radicales qu'il apportait aux textes de Michael Hulse. Leur collaboration semble s'être terminée sur une note un peu désagréable, le traducteur a le bon goût de ne pas s'étendre sur le sujet. Pas de tout repos, de traduire Sebald (cliquez pour agrandir et frémir).

Anthea Bell dans le chapitre suivant raconte "Translating W. G. Sebald - With and Without the Author" et j'aime les phrases qui ouvrent son article :

One of the attractions of a freelance translator's life is the sheer variety it offers. When the Preacher in Ecclesiastes said that time and chance happeneth to us all, he meant it in his usual mood of profound pessimism, but some chances are pleasant, and for me it was a happy if also rather alarming one to be asked to translate W. G. Sebald's Austerlitz.

Anthea Bell a pu traduire Austerlitz en étroite collaboration avec Sebald. La mort brutale de l'écrivain est survenue alors qu'elle travaillait à la version anglaise de Luftkrieg und Literatur (titre anglais : On the Natural History of Destruction, titre français : De la destruction comme élément de l'histoire naturelle) et de trois essais de l'auteur. Elle raconte comment elle a travaillé alors en faisant de son mieux pour "second-guess what Max Sebald himself would have said of a certain passage". J'aimerais vous y voir, à traduire avec un fantôme encore très présent qui regarde d'un oeil sévère ce que vous écrivez par-dessus votre épaule... Elle conclut ainsi :

Translating Campo Santo was, again, a farewell to a part of my professional life that I had especially appreciated. I would have liked to be able to talk or write to Max himself about it, as I kept doing in my mind; the literary translator is always, as it were, playing a part like an actor, trying his or her hardest to become the author of the original. That, of course, is impossible; in my view no perfect translation can ever be achieved, but we have at least to try to make the pretence convincing, and to walk what I think of as the tightrope of illusion.

Il y a encore de petites pépites, dans ce Saturn's Moons qui est loin d'être une simple biographie. Quatre poèmes à la mémoire de Max Sebald, des textes "rediscovered" publiés à l'origine dans la presse ou dans des revues spécialisées (on mentionne aussi une étude sur la littérature yiddish dont je garde la référence sous le coude), une esquisse scénaristique pour un film non réalisé et centré sur un personnage inspiré de Wittgenstein, des transcriptions d'entretiens avec l'écrivain, un recensement complet de ses oeuvres et des ouvrages ou thèses qui lui sont consacrés. Et puis une partie un peu aride mais très éclairante si on a le courage de s'y plonger : le détail de ce que contenaient ses bibliothèques, à l'University of East Anglia et chez lui. Sans oublier le détail des collections de la Sebald Sound Archive créée par le même Gordon Turner, "which locates and transcribes audio and video recordings either made by of featuring W. G. Sebald".





Second ouvrage du moment, Face à Sebald, publié en français par les Editions Inculte (un comble). Je disais plus haut (et tu ne l'as pas oublié, lecteur je le sens passionné et bientôt sebaldomaniaque de ce blog) qu'il complétait bien le bouquin anglais, parce qu'il est nettement plus axé sur l'écriture, le style et les thèmes de l'oeuvre de W. G. Sebald.

J'ai aimé le texte qui rapproche Sebald de Perec ("W ou la mémoire potentielle", Hélène Gaudy), aimé le titre de l'article d'Hadrien Laroche, "Dans le trolley avec W. G. Sebald" (et l'article aussi), aimé le côté très sebaldien de ces chapitres parfois fragments, fragmentés, fragmentaires, aimé retrouver la regrettée Susan Sontag en fin de volume (j'ignore de quand date son article, qui s'ouvre par ces phrases : "La grandeur est-elle encore possible en littérature ? Au vu de l'implacable dévolution de l'ambition littéraire et de l'ascension inexorable du tiède, du facile et de la cruauté absurde, (...) à quoi pourrait bien ressembler une noble entreprise littéraire ? Une des rares réponses réside dans le travail de W. G. Sebald."*), aimé surtout cet article au titre alambiqué de Johan Faerber : "Après la littérature ou la littérature hors de toute lettre dans l'oeuvre de W. G. Sebald".

Sebald serait cet écrivain qui écrirait bien après la Littérature.

Ce serait cet écrivain qui arriverait bien après les livres, quand tout a déjà été écrit, quand l'écriture n'est plus nécessaire, au moment inouï et improbable que l'humanité ne pensait jamais connaître : ce moment où la Littérature a tourné depuis longtemps sa dernière page, où elle n'est plus, comme si Sebald écrivait après la mort de la Littérature. Car la Littérature est morte. Elle a fini par succomber, mourir sans bruit : elle a fini par ne plus savoir écrire, par ne plus s'écrire, par ne plus parvenir à écrire, comme si la Littérature pour Sebald était devenue lettre morte. De fait, des Émigrants jusqu'à Austerlitz en passant par Vertiges, l'oeuvre de Sebald se forge depuis ce constat tragique que la Littérature a été détruite, qu'elle répond au paradigme et à la nuit de la destruction infinie.

L'auteur y parle aussi longuement de mélancolie, "cette non-vie qui s'empare de celui qui veut écrire au moment où il ne sait pas encore ce qu'est écrire".

Mais il s'agit aussi de ce grand sentiment absent de la Littérature. La mélancolie n'y prend jamais sa part car, au contraire, dans un effort de contradiction qui dépasse celui qui écrit, l'écriture chemine comme l'antithèse de l'essor mélancolique même. Écrire, c'est produire le double inverse de toute mélancolie, c'est ouvrir le langage non plus au ressassement mais à l'espoir, une possibilité d'inespéré dans la langue comme si le récit avait pour visée seule de vivre hors de la mélancolie, de la convertir en force, comme si la mélancolie était le passé inaccessible du récit. Et, de fait, comme le démontre Austerlitz, le récit mélancolique n'existe pas.(...) Elle est là la grande leçon de Sebald qui déchire toutes ses narrations et les fait advenir à elles-mêmes dans une sauvagerie inouïe : il n'existe pas d'écriture mélancolique, expression antinomique par essence, mais une écriture de la mélancolie, qui en parle, qui raconte ces personnages engagés dans la mélancolie qui les laissent hagards et hors de toute oeuvre. Parce que pour Sebald, la mélancolie serait donc ce moment de non-écriture, toujours avant et après l'espoir de l'écriture.


En somme, ce sillon sebaldien que j'explore dans le coin de ma paisible mais tenace obsession littéraire depuis dix ans et même un peu plus, je ne m'en lasse pas. Sa singularité absolue continue de me couper le souffle et de me serrer le coeur (oui, les deux à la fois, ça fait beaucoup). Rien de ce que j'ai lu ces dix dernières années en littérature contemporaine ne m'a semblé arriver à la cheville de Sebald - malgré les défauts que je conçois qu'on puisse trouver à son écriture, cette austérité toute germanique, ces phrases dont les méandres multiples paraissent parfois bien anguleux, cette manie des digressions trompeuses et des documents iconographiques apparemment d'époque dont on ne sait jamais vraiment s'ils sont autobiographiques, autofictionnels ou purement fictionnels (mais en fin de compte, on s'en fout un peu, non ?), cette rugosité dans le propos, et j'en oublie sans doute.

Mais je le vois surtout comme un auteur intraitable qui ne cède jamais à la moindre facilité de style ou de langage. Son écriture à l'ancienne et (post-)moderne à la fois, ciselée mais sans aucun maniérisme, a de quoi vous réconcilier avec la littérature contemporaine. Son ton (mélancolique) (donc), ses errances, son perpétuel exil, tout cela me plaît infiniment. Et puis oui, forcément, j'ai le souvenir d'un homme en pull de laine et pantalon en velours côtelé, chaleureux, qui donnait ses cours avec simplicité autour d'un café, calmement, non sans une pointe de sarcasme à l'occasion, avec des connaissances encyclopédiques distillées lentement, juste à la bonne dose, et faisait passer, comme ça, l'air de ne pas y toucher, une certaine idée de la littérature et de l'écriture.

Longtemps - je dis "longtemps", mais dans les faits, cette illusion n'a pas pu durer plus de 18 mois très exactement, de juillet 2000 à décembre 2001 - longtemps dans ma tête, donc, j'ai eu la certitude que mon chemin de germaniste férue de littérature de qualité (si si) recroiserait au moins de loin celui de ce monsieur qui m'avait tant marquée - dans un salon du livre quelconque, devant un long entretien passionnant diffusé en direct un soir tard sur la Chaîne Kulturelle dont je ne savais pas à l'époque qu'elle me ferait vivre un jour, ou même devant une émission littéraire française quelconque (car il parlait fort bien français, aussi).


Quand j'ai appris sa mort fin 2001, je me suis souvenue amèrement que j'étais nulle en intuitions.



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Saturn's Moons - W. G. Sebald - A Handbook, edited by Jo Catling and Richard Hibbit, Legenda, 2011, 677 pages.

Face à Sebald, sous la direction de Mathieu Larnaudie et Oliver Rohe, Éditions Inculte, collection "Monographie", 2011, 400 pages


En vrac :

Un chouette article dans Télérama (eh oui), sur Face à Sebald.

Toujours, deux blogs de très haute volée sur Sebald :
"Norwich - Du temps et des lieux chez W. G. Sebald et quelques autres", tenu par Sébastien Chevalier
"Vertigo - Where literature and art intersect, with an emphasis on W.G. Sebald and novels with embedded photographs", par Terry Pitts

De bons articles sur Sebald chez "Stalker - Dissection du cadavre de la littérature", aussi.

Une publication pas mal en pdf que l'on doit à Actes Sud, son éditeur en France, et qui date de 2009.

Actes Sud où l'on trouvera bien sûr ses bouquins (romans et essais) excellemment traduits en français (essentiellement par Patrick Charbonneau, parfois avec Sibylle Muller), sur cette page.

Et pour le plaisir, revoici l'entretien avec Sebald diffusé dans le cadre de l'émission "Bookworm" sur la radio californienne KCRW quelques jours avant sa mort que j'ai déjà évoqué sur ce blog - mais je ne m'en lasse pas non plus.


tilidom.com


*Edit du petit matin : un gentil lecteur m'indique que cet essai de Susan Sontag peut être lu en VO ici - où l'on apprend donc qu'il date de 2000.


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Question de point de vue



Comme je n'ai guère le temps ces jours-ci (et que j'ai encore un train à prendre), voici juste une mini-réplique repérée en visionnant les doublages allemand, français, italien et espagnol du film de Tarantino Inglourious Basterds (quatre doublages ? ne me demandez pas pourquoi, c'est une longue histoire qui m'occupe déjà depuis un bail, liée à ceci et à cela, notamment).

Contexte : un général britannique souhaite qu'un de ses lieutenants se fasse passer pour un Allemand dans le cadre d'une mission d'espionnage. Il s'assure au préalable de ses compétences linguistiques en lui demandant :

(Gen. Fenech :)- It says here you speak German fluently?
(Lt. Hicox :) - Like a Katzenjammer Kid.

Katzenjammer Kid ? Un enfant de gueule de bois ? Que nenni, nous rappelle Wikipedia : inspirés de Max und Moritz (tiens !), les Katzenjammer Kids sont "une série de comic strips publiée dans le « New York Journal » de William Randolph Hearst, (...) scénarisée et illustrée par l'américain d'origine allemande Rudolph Dirks" (en français, c'est Pim, Pam, Poum - je n'avais jamais fait le rapprochement, quelqu'un m'en a parlé récemment et ça a fini par faire tilt (laborieusement) dans ma petite tête...).

Les Katzenjammer Kids, donc, pour le Britannique Hicox tel que le fait parler l'Américain Tarantino. Une famille qui parle anglais avec un fort accent allemand, c'est un peu bizarre s'il s'agit de juger du niveau d'allemand du personnage, mais soit, ne cherchons pas le réalisme dans ce film qui ne l'est pas franchement, réaliste.

Bon, mais alors, comment les différents doublages ont-ils traduit cette réponse du lieutenant Hicox ?

(Car je vois bien que tu trépignes, lecteur impatient de ce blog).

Version italienne : "Come il barone di Munchhausen."

Bien-bien, on visualise bien le truc...


Version espagnole : "Como Hansel y Gretel."


OK, ça reste du même ordre...


Version française : "Comme un vrai petit fritz."

Tout de suite moins sympa, non ? Certes, on peut penser à différents fritz...

... mais en l'occurrence, il s'agit vraisemblablement de ce genre de fritz :

(Source : cet excellent blog consacré aux cartes postales de 14-18)

Nettement plus négatif, donc (Munchhausen et Hansel & Gretel, c'était plutôt chou, quoique caricatural aussi), même si l'expression paraît assez naturelle et franchouillarde pour un film qui se passe dans les années 40 (Bob nous rappelle que le mot est apparu pendant la Première Guerre mondiale).


Last but not least:

Version allemande :
Question : "Hier steht, dass Sie ein wahrer Deutschlandexperte sind."
Réponse : "Land und Leute sind mir bestens vertaut."

(Littéralement :
- Je lis ici que vous êtes un véritable expert de l'Allemagne.
- Je connais parfaitement le pays et ses habitants.)

Ah ouais.

Petite déception, tout de même.

Evidemment, le lieutenant aurait l'air un peu con s'il répondait qu'il parle bien allemand alors que dans les faits, il parle de l'allemand de doublage depuis le début de la scène. Mais c'est quand même dommage, non ? En France, on manie sans problème le cliché de la baguette et du béret, par exemple, il y aurait peut-être eu moyen de trouver quelque chose de plus percutant et imagé...


Je te laisse à cette réflexion troublante (quoique dépitée) et te dis à la semaine prochaine, lecteur tarantinophile ou non de ce blog.


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