40, quarante, kaʀɑ̃t


Je m'en souviens comme si c'était hier, tiens. C'est 2006, je crois, qui fut l'année du Premier Grand Changement. L'année où, pour des milliards des millions des milliers un certain nombre d'auteurs de sous-titres, l'univers sembla soudain plus confortable, plus spacieux, plus respirable. L'année où les normes de sous-titrage de la Chaîne Kulturelle qui me faisait déjà vivre alors passèrent de 32 à 34 caractères par ligne.

Rappel historique : à l'époque, on recensa des manifestations de liesse dans tout le pays. Le champagne coula à flots pendant plusieurs jours. Des feux d'artifice illuminèrent le ciel des nuits durant. On rapporte que des danses aussi spontanées que débridées eurent lieu autour de brasiers allumés en l'honneur d'un hypothétique dieu du sous-titrage (rarement évoqué il est vrai dans la mythologie grecque, mais sait-on jamais).

J'exagère, vous trouvez ? Très peu, alors, vraiment à la marge. Parce que c'était drôlement chouette de passer de 32 caractères à 34. Mais qu'est-ce que ça changeait, concrètement, me direz-vous ?

Prenons l'exemple d'un très long sous-titre de cinq secondes. Théoriquement, la norme de lisibilité de la Chaîne Kulturelle autorise environ 15 caractères (espaces comprises) par seconde de sous-titre, ce qui nous fait, théoriquement toujours, dans le cas d'un sous-titre de cinq secondes, 15 x 5 = 75 caractères à pouvoir utiliser pour traduire. Sauf que la norme de lisibilité ne fait pas tout, il y a aussi un nombre limite de caractères par ligne. Et quand cette limite est fixée à 32 caractères, quelle que soit la durée du sous-titre, on n'aura jamais, jamais, droit à plus de 32 x 2 = 64 caractères. C'est-à-dire beaucoup moins que les 75 théoriquement permis. Toute augmentation de cette limite par ligne est donc très appréciable pour le sous-titreur.

Mais ce n'est pas tout. Rappelle-toi, lecteur à la mémoire qui flanche de ce blog, en sous-titrage, on est aussi très attaché à la non-division des unités de sens. Autrement dit, un auteur de sous-titres consciencieux veille normalement à toujours grouper un article avec son nom, une préposition avec son groupe nominal, un prénom avec son nom, un nom avec son adjectif, les différentes parties d'une expression idiomatique, les deux morceaux d'un nom composé, etc. Tout simplement parce que cela facilite énormément la lecture pour le spectateur. Et là aussi, le nombre de caractères autorisés par ligne joue un rôle très important : dès lors qu'un ensemble de mots doit rester solidaire, il faut trouver des solutions de traduction qui permettent à cet ensemble de mots de tenir sur l'une de ces lignes au nombre de caractères limité. Ce qui n'est souvent pas évident : un groupe nominal tout bête (mais clairement impossible à fractionner) tel que "mon meilleur ami", par exemple, occupe déjà la moitié d'une ligne de 32 caractères. Des termes relativement courants et parfois difficiles à contourner, tels que "social-démocratie", "grammaticalement", "électrocardiogramme" ou "internationalisation" squattent à eux seuls un très gros paquet de caractères, et plus encore pour peu qu'ils soient accompagnés d'un article et d'un adjectif. "Les partenaires sociaux", "les négociations commerciales", "les relations internationales", "le journalisme d'investigation" ou "une conférence de presse" sont autant d'assemblages de mots qui laissent peu de marge de manœuvre pour caser d'autres termes sur la même ligne. Et ne parlons pas de certains termes spécialisés des domaines scientifiques. Mine de rien, un verbe conjugué au passé composé, avec son auxiliaire et son participe, peut lui aussi prendre une place énorme ; et s'il s'agit d'un verbe pronominal avec un sujet au féminin pluriel, il se peut qu'il remplisse pratiquement la ligne.

Ce n'est (toujours) pas tout. Plus rarement, certes, il y a aussi des cas où l'auteur de sous-titres n'utilise à dessein qu'une seule des deux lignes auxquelles il a droit. Par exemple pour ne pas gâcher la beauté d'un plan dans un film, ou pour ne pas masquer un détail important qui se trouve dans la partie inférieure du cadre, ou encore par égard pour le chanteur d'opéra filmé d'en haut qui s'avance jusqu'au bord de la scène (donc tout en bas de l'écran) dans une captation. Dans ce cas, il faut ruser, faire des sous-titres plus hachés que dans une configuration classique sur deux lignes. Autant dire que là encore, on est bien content d'avoir 34 caractères au lieu de 32, histoire de fragmenter un peu moins la traduction des propos prononcés à l'écran.

Dans ce contexte, un gain de deux caractères en 2006, c'était donc déjà vachement bien, tout en restant inférieur à ce qui se pratiquait ailleurs (généralement entre 38 et 40 caractères pour les sous-titres DVD et cinéma). Car même comme ça, une formule aussi courante que "le ministère des Affaires étrangères" continuait à ne pas tenir dans une ligne de 34 caractères. Pas plus que le "supercalifragilisticexpidélilicieux" de Mary Poppins, héhé. Ce changement de norme ne modifiait pas tant que ça la quantité de texte à pouvoir mettre dans un sous-titre (sauf dans le cas des sous-titres très longs, vraiment pénalisés par cette limite de 32 caractères, on l'a vu), mais il assouplissait quelque peu l'agencement des mots à l'intérieur des sous-titres et c'était déjà pas mal.

Bref. Tout ça pour vous résumer un peu la Grande Liesse de 2006.

Et vous préparer à l'Exultation Universelle de 2014.

Parce qu'il paraît qu'en cette rentrée au demeurant tristounette, la norme de sous-titrage de la Chaîne Kulturelle passe, saute, bondit, à 40 caractères par ligne (le format HD permettant, semble-t-il, d'afficher des lignes plus longues).

40, quarante, kaʀɑ̃t.

40 !!!!!!!

De la place, de la marge de manœuvre, de quoi respirer dans nos sous-titres, quoi. Voyez-vous cet avenir radieux qui s'ouvre à nous, mes amis, ces chemins d'espérance qui nous tendent les bras, ces beaux lendemains sous-titrologiques qui nous attendent ?

I'm ecstatic.



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Vos extraits, vous les aimez comment ?


Remarque préalable technique : il y a plein de lecteurs audio dans ce billet (les petites choses vertes et grises, là). Si vous ne les voyez pas, c'est que votre navigateur ne veut pas les afficher - Firefox fait ça très bien, je dis ça je dis rien.


J'aime bien entendre la radio parler de cinéma, pas vous ? (Allez, dites oui, ça m'arrange.) D'ailleurs, d'une manière générale, j'aime bien entendre la radio parler de médias, de formes d'art, de phénomènes, etc. qui font fortement appel à l'image, parce que c'est casse-gueule et fascinant à la fois.

Fort heureusement, au cinéma, on n'a pas que les images, on a aussi du son. Pour diffuser un bout de dialogue d'un film de langue française, donc, pas de problème. Oui mais comment fait-on quand on veut passer un extrait de film étranger ? Ah. Nous y voilà. La radio a différentes façons de donner à entendre le 7e Art et on la sent parfois un peu gênée aux entournures pour diffuser des sonorités non françaises. Tentons une petite typologie en cinq points.


1. La VO incompréhensible pour la majorité du public, mais totalement assumée

C'est "La Dispute" d'Arnaud Laporte sur France Culture qui fait ce choix audacieux. J'aime beaucoup "La Dispute", notamment parce qu'elle prend le temps de faire écouter à ses auditeurs de longs extraits des pièces, films, albums, spectacles, etc. qu'elle critique (elle diffuse même les playlists élaborées pour certaines expos abordées dans l'émission, c'est fou). Voici à quoi ressemblait l'émission du 1er juillet dernier consacrée entre autres à Araf, quelque part entre deux (Yeşim Ustaoğlu, 2012, sorti cette année en France).

Vous me direz, Araf n'est vraisemblablement pas sorti en VF, le choix était donc restreint. Mais il va de soi que "La Dispute" ne s'arrête pas à ces basses considérations et diffuse aussi ses extraits en VO dans le cas de films bénéficiant d'une double version. Pour le plaisiiiiir, je vous colle ici un extrait de l'émission du 17 juin dernier qui examinait la superproduction Edge of Tomorrow (Doug Liman, 2014) en illustrant le débat par sa bande-annonce VO (dont il existe bien évidemment une VF).

2. La VF assumée

Choix fréquent et logique : rien d'étonnant à ce qu'on diffuse des versions françaises à la radio publique française. Tel est sans doute le raisonnement que fait Jean Lebrun dans "La Marche de l'Histoire" sur France Inter, qui diffuse fréquemment des extraits de films plus ou moins récents pour égayer ses émissions (historiques, donc). Il ne fait en général pas de commentaires sur les versions doublées qu'il diffuse, s'intéressant plutôt à la question de savoir si le film concerné et ses dialogues offrent un reflet plausible/fidèle/fantaisiste/... du thème abordé ce jour-là. Extrait ? Extrait. Une émission sur Marc Aurèle, diffusée il y a quelques jours, et qui cite La chute de l'empire romain (Anthony Mann, 1964). La mention même du fait qu'il s'agit d'une version doublée avant la diffusion de l'extrait est une rareté dans l'émission, me semble-t-il (j'écoute parfois d'une oreille distraite)(j'avoue).

3. La VF non assumée

Elle m'agace profondément, je te le dis sans ambages, lecteur choqué par tant de franchise de ce blog. Régulièrement, des présentateurs - au demeurant fort sympathiques, hein - s'excusent pratiquement de passer des extraits en VF. C'était le cas de Sonia Devillers il y a quelques jours dans un numéro du "Grand bain" consacré aux péplums. Grrrr.

(Au passage, l'émission diffusait aussi ce jour-là un extrait de Gladiator en VF, sans commentaire désobligeant cette fois. Pour ma part, j'ai souvenir d'avoir sursauté de façon répétée au fil des variations d'accents anglophones qui parsemaient le film, à l'époque fort lointaine où je l'ai vu en VO : il y aurait sans doute eu des choses à dire à ce sujet dans le cadre d'une programmation radiophonique culturelle de qualité, n'est-ce pas, mais ce n'était manifestement pas le propos.)

Et ce n'est pas un cas isolé, on ne compte plus les "on est désolés de vous faire entendre ça en VF", "ouhlàlà ça fait mal aux oreilles" et autres "évidemment, on précise tout de suite que c'est vachement mieux en VO", avec ton gêné et petits rires entendus crispés. Comme le 5 avril dernier, toujours dans "Le grand bain" (cette fois, émission sur le poker au cinéma).

Ben alors ? Pourquoi tant de haine ? Si on ne veut pas diffuser de VF par élitisme ou parce qu'on n'aime pas ça (c'est tout le problème du positionnement de France Inter, après tout, grand public en surface mais quand même destinée plutôt à un public consommateur de VOST), on opte pour la VO, boudiou ! Ou pour une des solutions mixtes que voici que voilà.


4. La superposition

Évidemment, il faut disposer d'une VO, d'une VF et d'un bon ingénieur du son. Une chronique quotidienne de la grille d'été de France Inter assurée par Florence Colombani, "La vie fait son cinéma", utilise parfois cette méthode. "Parfois", parce que c'est variable. Ainsi, quand l'émission nous parlait lundi de Monsieur Smith au Sénat (Frank Capra, 1939), elle diffusait sans problème un bout de VO brut de décoffrage (pas forcément évident à suivre, d'ailleurs, pour qui n'aurait qu'une maîtrise scolaire de l'anglais).

En revanche, vendredi dernier pour évoquer Tout sur ma mère (Pedro Almodovar, 1998), on avait droit à une curieuse superposition de la VO et de la VF.

Le résultat est une sorte de voice-over, ou plus précisément une version originale voice-overisée en français, en un mot, oui, une VOVOF ! (Rappel : on a déjà parlé ici de la VOVOP et de la VOVOR) On notera que la VO disparaît progressivement sous la VF, qui reste seule audible à la fin.


5. La pseudo-interprétation simultanée par lecture de sous-titres interposée

La grande championne de cette technique sur nos radios de service public est sans conteste Eva Bettan dans son ex-chronique cinéma hebdomadaire chez Pascale Clark. Elle aime visiblement bien passer des extraits, Eva Bettan, faire entendre un peu des films dont elle parle. Et quand il s'agit de langues plus ou moins exotiques, elle raconte ce qui se passe ou lit les sous-titres à voix haute. Voici deux petits extraits collés bout à bout, à propos de Bethléem (Yuval Adler, 2013) puis de L'Escale (Kaveh Bakhtiari, 2013).

Ça ne dure généralement pas très longtemps, mais ça fonctionne assez bien, trouvé-je, sa voix étant plus neutre que celles des comédiens de doublage dans la superposition VO/VF évoquée ci-dessus.


Bon, autrement dit : ne diffuser que le son d'un support audiovisuel est de toute façon un pis-aller, on a bien compris le principe de la radio. Mais des solutions existent si on ne veut pas diffuser de VO et qu'on méprise cordialement la VF par principe - le tout est d'assumer, finalement, non ?




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The "in my opinion" test


Un peu par hasard, je me suis plongée ces derniers temps dans The Good Wife, sympathique série d'avocats, et en suis à la saison 2. Comme toutes les séries de ce genre, on a un noyau de personnages récurrents présents à chaque épisode, la vaste masse des petits rôles qui n'apparaissent qu'une fois dans la série, et une catégorie intermédiaire constituée par des personnages que l'on voit resurgir périodiquement (et qu'on est content de retrouver, si-si). Tel est le cas de la juge Lessner, présente pour l'instant dans deux épisodes que j'ai vus. Sa particularité est d'exiger des avocats qui plaident devant elle qu'ils ajoutent la mention "in my opinion" à chaque certitude ou argument qu'ils avancent. C'est un point tout à fait anecdotique, l'occasion d'un effet rigolo ("souriant" plus qu'"hilarant", disons), un petit truc dont on se souvient.

Illustration ? Voici son apparition dans la première saison :



Et dans la deuxième :



Par ailleurs (mais ne crois pas que ça n'a rien à voir avec la choucroute, lecteur sceptique de ce blog), il se trouve que je relis beaucoup plus de traductions de voice-over que d'habitude, cet été : les relectrices et relecteurs habituels de mes clients ayant eu l'idée saugrenue de prendre des vacances en juillet et en août, je récupère temporairement un peu de leur travail.

Et je crois que je n'avais jamais autant fait attention aux "in my opinion" des traductions que je relis. Rappelons que le voice-over est le nom donné à la voix française qui se superpose aux propos d'un intervenant interviewé dans un documentaire : ce peut être un quidam à qui on demande son opinion, un expert d'un domaine quelconque, un témoin d'un événement, etc. La traduction de voice-over est un mélange étrange : il s'agit de respecter le fil de pensée de la personne interviewée, mais aussi d'extraire la substantifique moelle de ses propos quand elle s'égare un peu. De reproduire les réactions vives ou les élans d'enthousiasme qui marquent son intervention tout en gommant parfois ses petites hésitations non signifiantes pour donner une plus grande cohérence à ses propos, si elle se reprend ou commet par exemple des erreurs de syntaxe dans sa phrase. D'ajouter du liant là où on en manque un peu. On recherche une sorte d'artificialité naturelle ou de naturel artificiel, grosso modo (regardez bien, ce n'est pas complètement antithétique), on construit une forme de spontanéité (regardez bien... oh, vous avez compris). En outre, si le débit de l'intervenant doit être respecté au mieux dans la traduction, il faut tout de même que le comédien qui interprètera le texte puisse le dire sans s'étouffer, et la coutume veut de plus qu'on laisse entendre quelques secondes de l'interview d'origine avant le début de la traduction et quelques secondes à la fin, une fois que le comédien a terminé de parler.

En résumé, il faut adapter. Mais aussi couper parfois un peu dans le texte, pour peu que l'interview soit dense et rapide. Oh, pas des choses essentielles, bien sûr : des petits mots, des tics de langage, des broutilles. Des "in my opinion", notamment. Parce que quand un intervenant s'exprime, ses "à mon sens", "selon moi", "je crois que", "de mon point de vue", "je pense que", "à mon avis", "si vous me demandez ce que j'en pense" (duh!), "j'ai le sentiment que" sont bien souvent (pas toujours, hein, mais bien souvent) redondants avec sa position même d'interviewé, de consulté, de sondé. Surtout quand ils sont répétés au cours de l'interview.

Vous me direz, ça ne fait pas gagner grand-chose, un "je crois que" en moins. Non. Trois syllabes. Ou un "Selon moi". Non. Trois syllabes plus la mini-pause induite par la virgule qui suit.

Mais c'est un peu comme l'exercice du résumé de texte à nombre de mots maximal : tout est bon à prendre. Surtout quand la formule choisie par le traducteur introduit une subordonnée conjonctive dont on pourrait parfois se passer (a fortiori si elle est suivie dans la même phrase d'une seconde du même genre ou d'une relative). Parce que quand les "in my opinion" de tous les intervenants sont systématiquement traduits (et c'est un tic de langage assez répandu chez les intervenants allemands, en particulier), on se retrouve un peu dans la salle d'audience de la juge Lessner. Et là, à moins que l'effet comique soit recherché ou que l'interviewé ait une raison pour souligner de façon appuyée que son opinion est bien son opinion (par exemple pour la distinguer de faits objectifs qu'il rapporte), disons qu'un peu de légèreté ne fait pas de mal.




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J'avais complètement, mais complètement oublié ce film vu il y a des lustres (il date de 1996). C'est un entretien avec Arnaud Desplechin mis en ligne sur le site Hors-Série et entrecoupé de quelques extraits de films qui m'a rappelé que dans Comment je me suis disputé... (Ma vie sexuelle), l'un des nombreux personnages qu'on suit au fil de l'intrigue est une apprentie traductrice. Non ! Si ! Le temps de dégoter un DVD anglais de My Sex Life... or How I Got into an Argument et zou, voici un billet "ImpÉcr, les sous-titres parlent de traduction" sur les traces de cette consœur fictionnelle prénommée Esther (et jouée par Emmanuelle Devos) (que j'aime vraiment beaucoup) (du coup je suis d'autant plus étonnée d'avoir oublié ce personnage).

L'histoire est centrée sur Mathieu Amalric, qui interprète Paul, un thésard prof de philo affligé de problèmes terribles et existentiels : dois-je quitter ma copine avec qui je suis depuis 10 ans (Esther-Emmanuelle Devos, donc) ? Dois-je coucher avec Marianne Denicourt (qui vit avec un de mes meilleurs amis) ou avec Jeanne Balibar (qui a l'air un peu folle) ? Les deux, tant qu'à faire ? Arriverai-je à finir ma thèse ? Dois-je arrêter d'enseigner ? Que penser de Michel Vuillermoz, mon ancien pote qui réapparaît à la fac pour diriger le département d'épistémologie ? BREF, c'est un film français, vous l'aurez compris (la preuve, c'est qu'il y a aussi Denis Podalydès dedans).

Mais arrêtons là les moqueries stériles. Les personnages un peu développés de traductrices ou de traducteurs sont suffisamment rares au cinéma (voir les quelques cas recensés dans le dernier numéro de la revue Traduire de la SFT) pour qu'on s'arrête deux minutes sur celui-ci. Pour mémoire, un précédent (double) billet ImpÉcr portait sur un professeur et traducteur latiniste-helléniste à l'ancienne, celui de The Browning Version, mais je doute que beaucoup de lecteurs de ce blog puissent vraiment s'identifier à lui en tant que confrère traducteur. Le personnage d'Esther est intéressant parce qu'il mêle des choses très vraies et des choses très fantasmées façon Desplechin (plus quelques idées fausses qui m'ont fait un chouia soupirer, mais rien de très original). Au début du film, donc, Amalric est en couple avec Esther-Emmanuelle Devos, étudiante on ne sait pas trop en quoi désireuse d'intégrer "l'école de traduction de la Sorbonne", qui semble fort sélective (l'ESIT, donc, peut-on supposer). Et comme toute traductrice qui se respecte, elle finit ses traduction à la dernière minute et se relit à l'aube (oh, pas vous ?).



Voilà : le mâââle sachant et très légèrement paternaliste intervient. Bon, vous me direz, c'est gentil, non, de proposer de relire la traduction de sa dulcinée ? Moui, sauf qu'on apprend très vite qu'il n'est pas super compétent.



Mais tant pis, avec une farouche abnégation, malgré son ignorance avouée du sujet ET de l'anglais, monsieur va corriger consciencieusement tout plein de choses au milieu de la nuit.



Youpi, merci chéri.

Plus loin, Esther s'y prend un peu tard pour déposer son dossier de candidature à l'école de traduction. Elle remplit le formulaire à la va-vite, zut, il manque les photos d'identité, ça tombe mal, nous sommes à 30 minutes de l'heure limite de dépôt dudit dossier. Heureusement, le mâââle sachant est toujours à ses côtés pour lui dire qu'elle est mal fagotée et lui expliquer tout bien à quoi ça doit ressembler, une vraie traductrice. Ouf !



Bon, laissons-lui qu'il a l'air de penser qu'on ne devient pas traductrice par magie, c'est un bon point. Mais il faut dire aussi qu'il tient beaucoup à ce qu'Esther réussisse son école de traduction, ayant prévu de la quitter une fois qu'elle sera casée universitairement parlant (pas avant, ça le ferait culpabiliser) (ben tiens). D'ailleurs, ça ne loupe pas.



Plus tard, on verra que ce n'est pas si simple. Mais une chose est certaine, Esther a l'air catastrophée à la perspective de faire sa vie avec un autre traducteur (c'est sûr, le mâââle sachant est tellement plus sympathique).



Ce n'est pas tout, on assiste aussi aux premiers jours d'Esther en école de traduction. Ça commence plutôt bien (même si tout le monde n'a pas l'air très attentif, eh, vous, mademoiselle avec le vernis à ongles)...



... jusqu'au moment où l'école de traduction se transforme en une phrase en école d'interprétation.



Magie du cinéma, sans doute. Certes, l'ESIT prépare à la traduction et à l'interprétation, mais le glissement est tout de même étonnant en deux minutes de cours.

À part ça, les instantanés de la vie de la traductrice en herbe nous la montrent buvant du thé (check)...



... travaillant tard toute seulette devant son ordinateur sa machine à écrire avec des bouquins sur son bureau (check)...



... et relatant ses passionnants et nécessaires séjours à l'étranger (check).



Autant d'éléments plutôt bien observés, il faut l'avouer. Récapitulons : du bon, du moins bon, ensemble honorable. Mais le conjoint de la traductrice en herbe pourrait-il être un tout petit peu moins horripilant, la prochaine fois, hmm ?


Les sous-titres sont signés Andrew Litvack, dont on peut lire les propos et voir la photo dans un très chouette article récemment publié par le New York Times.




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(Épisode 1)


La règle ?

Évacuons peut-être, pour commencer, la question des comédies musicales dans lesquelles les chansons font partie intégrante de l’intrigue : problématique, me semble-t-il, de ne pas sous-titrer les parties chantées quand cela limite sérieusement la compréhension du film. Ainsi, voir Grease (Randal Kleiser, 1978 – on a des références ou on n’en a pas) dans une version où les chansons ne sont pas sous-titrées (ce qui fut longtemps mon cas, car la VF que j’avais en VHS dans les années nonante était comme ça), c’est par exemple passer un peu à côté du fait que dans le numéro Summer Nights, les deux protagonistes (interprétés par John Travolta et Olivia Newton-John, faut-il le rappeler ?) présentent deux points de vue très différents sur leur flirt estival commun. Les dernières diffusions VF et VOST du film sur lesquelles je suis tombée comportent désormais des sous-titres « forcés » sur les numéros chantés, comme en témoigne cet extrait (voir la différence de police entre les sous-titres des dialogues et la chanson) et c’est quand même plus clair sous cette forme (même s’il y aurait à redire sur certains choix de traduction, trouvé-je) :



Au chapitre "exportation de nos trésors nationaux", les éditions anglophones des Demoiselles de Rochefort, a fortiori des Parapluies de Cherbourg de Jacques Demy suivent la même logique :




Les exceptions


Pour autant, on trouve encore des DVD du commerce et des ressorties en salles de comédies musicales dénuées de sous-titres sur les parties chantées. Ainsi, M. me signale sur la page Facebook des Piles que les chansons ne sont pas sous-titrées dans l’édition DVD de Drôle de frimousse (Funny Face, Stanley Donen, 1957). La critique d’Oklahoma !, comédie musicale westernisante (Fred Zinnemann, 1955), publiée sur le fort sympathique site dvdclassik.com déplore pour sa part un choix étrange pour la réédition DVD du film par 20th Century Fox :

Seule la version originale sous-titrée est présente ; cela peut s'expliquer par le fait que le film étant quasiment intégralement chanté, il ne doit pas y avoir eu de version française ou bien alors elle aurait été bien inutile. La catastrophique image n'étant pas suffisante, l'éditeur n'a pas jugé bon non plus de sous-titrer les chansons qui constituent pourtant la majeure partie du film ! Comme celles-ci font intégralement partie de l'intrigue, les non-anglophiles risquent de louper pas mal de chose même si l'histoire est parfaitement compréhensible sans leur aide. (…) Des sous-titres façon karaoké permettront à tous ceux qui seront intéressés de chanter en même temps que les personnages du film.

(Cool, on peut chanter mais pas comprendre.)


Mais y a-t-il vraiment une règle ?

Ah ben oui, posons-nous la question. J'ai ressorti mon DVD Warner Bros. de Chantons sous la pluie (Donen, 1951), histoire de voir ce qu'il en était (sous-titrage non signé, multilingue). Vers le début du film, une interprétation de All I Do Is Dream of You par une troupe de danseuses-chanteuses en tenue rose n'est pas sous-titrée. De même, le tongue-twister Moses Supposes est laissé sans sous-titres, y compris quand les protagonistes le « disent » avant de le chanter. On supposera que dans le premier cas, la chanson ne faisant pas vraiment partie de l'histoire, il a été jugé superflu de la traduire, tandis que dans la seconde scène, le spectateur entendant aura compris que l'enjeu portait sur les sonorités des mots et non sur leur sens. Le reste est bien sûr pour l'essentiel sous-titré.




Et les films musicaux hybrides, alors ?


Mais oui, quid des films musicaux dans lesquels les chansons sont très présentes, sans pour autant faire avancer directement l’intrigue ? Il se trouve que je suis allée voir Jersey Boys il y a quelques semaines, le dernier Clint Eastwood consacré à la carrière de Frankie Valli et de son groupe, les Four Seasons, inspiré de la comédie musicale (le spectacle, je veux dire) du même nom. Il s’agit à l’origine d’un "jukebox musical", komondi, c’est-à-dire d’une comédie musicale s’appuyant sur des tubes préexistants. Est-il important, est-il pertinent, de sous-titrer Can’t Take My Eyes Off You ou Working My Way Back to You, qui sont interprétées sur scène dans le film ? Personnellement, je ne crois pas et c’est également le choix de l’auteur des sous-titres (toutes mes excuses à l’intéressé dont j’ai omis de noter le nom, ne pensant pas écrire un billet où il figurerait à ce moment-là) et/ou de son client. Ce qui compte en l’espèce, c’est le statut de tube de ces chansons (reconnaissables instantanément pour peu qu’on ait un tout petit peu de culture musicale) et non leurs paroles, me semble-t-il. Et même si leurs paroles étaient sous-titrées, cela n’apporterait sans doute pas grand-chose au spectateur (si ce n’est l’impression très nette que lesdites paroles sont d’une vacuité abyssale : c’est un autre problème en matière de sous-titrage de chansons, mais j’y reviendrai, ne mélangeons pas tout).

En revanche, ce choix peut poser, à certains endroits, des problèmes ponctuels. Une scène de Jersey Boys nous montre ainsi les membres du groupe regardant une diffusion à la télévision du Gouffre aux chimères de Billy Wilder. L’un des musiciens fait remarquer que l’actrice à l’écran (Jan Sterling) semble sur le point de pleurer, mais le manager du groupe répond : « No. Big girls don’t cry. » (sous-titré littéralement, quelque chose comme « Non, les grandes filles ne pleurent pas », de mémoire). Après un plan appuyé sur l’air inspiré du compositeur du groupe Bob Gaudio qui semble avoir alors une révélation (oui-oui), on passe sans transition à une scène montrant le groupe en train d’interpréter une nouvelle chanson intitulée, justement, Big Girls Don’t Cry. Évidemment, pour faire le lien entre les deux, il faut repérer que la réplique prononcée par le manager est devenue une chanson, ce qui ne va pas forcément de soi pour un spectateur ne comprenant pas l’anglais (je ne parle même pas de la version doublée, qui ne permet pas de faire ce lien à l’oreille). Et là, je trouve que oui, un sous-titre reprenant « Les grandes filles ne pleurent pas » sur les premières secondes de la chanson n’aurait pas été superflu, quitte à laisser la suite sans sous-titres (à un ou deux endroits dans le film, une bribe de chanson est ainsi sous-titrée pour permettre justement au spectateur non anglophone de comprendre les liens entre dialogues et chansons, il est dommage de ne pas avoir opté pour cette solution à cet endroit-là).


À film tangent, choix variable


Mais il y a aussi des films manifestement « tangents », pour lesquels les choix varient selon les éditions ou les modes de diffusion, ce qui témoigne là encore du fait qu’il n’y a pas vraiment de « règle » en la matière : prenons par exemple Victor, Victoria, la charmante comédie de Blake Edwards (1982). Les chansons - nombreuses - sont principalement des numéros chantés en scène par Julie Andrews et/ou par d’autres interprètes. Si certaines reflètent par moments l’état d’esprit ou les sentiments des personnages (mélancolie pour Crazy World, amitié pour You and Me), elles accompagnent le déroulement du film plus qu’elles ne le guident. Et certains numéros n’ont rien à voir du tout avec l’histoire proprement dite (bien qu'ils soient kitsch et réjouissants) et valent plus pour la performance vocale de Julie Andrews et/ou par les plans de coupe sur la réaction de certains spectateurs. Cas tangent, donc. Dans la version de l’œuvre diffusée périodiquement sur la chaîne TCM ainsi que sur Arte il y a quelques années, tout est sous-titré (y compris dans la version doublée, où ce sont donc des « sous-titres forcés », incrustés dans l’image, et non des sous-titres que l’on peut activer ou désactiver autant de fois que l'on veut), tandis que sur le DVD édité par Warner Bros., aucune chanson n’est sous-titrée (ni dans la VOST, ni dans la VF : les sous-titres forcés ont donc disparu de l’image). Quel est le choix le plus judicieux ? Les sous-titres « forcés » de la version télédiffusée étant plutôt bons, de mémoire, disons qu’il est sans doute préférable de les avoir. Mais il ne me semble pas choquant non plus de ne pas en disposer. Tangent, je vous dis.

Cela dit, il y a des cas tout aussi « tangents » où le sous-titrage n’est pas forcément une réussite : voir l’édition DVD de The Wall (Alan Parker, 1982), dont les sous-titres non signés (« TVS-Titra Film ») sont d’une littéralité... crasse, je crois que c’est la meilleure façon de le dire. Ci-dessous « I’ve become comfortably numb » devient « Je suis devenu agréablement engourdi » (l’expression « douce torpeur » n’a manifestement pas traversé l’esprit de l’adaptateur, c’est dommage) et tout est à l’avenant :




Histoires de subjectivités


Pour les cas tangents comme pour les autres, il reste la subjectivité du traducteur-spectateur confrontée à celle du spectateur tout court. J’ai été très surprise de tomber récemment sur ce billet d’humeur publié par Vincent Maraval en 2011. Passons sur le fait que le patron de Wild Bunch tape un peu sur le doublage (alors même que sa société de distribution fait réaliser de bons doublages avec ce qui ressemble tout de même pas mal à l’amour du travail bien fait, voir par ici ou par là pour s’en convaincre), mais il émet une remarque intéressante :

Il faut bien dire que si, au cinéma grand public, l’important est de comprendre ce qui se dit — souvent réduit à quelques jurons et onomatopées dans les films d’action — pour mieux suivre ce qui se passe, en pop, soul, rock, R’N’B et autres variétés internationales, ainsi que les nomment les rayons des disquaires, l’essentiel semble de pouvoir se griser de musique sans s’encombrer du sens des paroles. A tel point que certains distributeurs jugent inutiles de sous-titrer les chansons dans les films, même en version originale, ce qui m’avait mis dans une belle rage à la sortie de Shine a Light, le documentaire de Martin Scorsese sur deux concerts donnés à New York par les Rolling Stones. Dans ce film, on ne perdait pas un mot prononcé dans les chambres d’hôtel ou en coulisses mais on avait « omis » de sous-titrer les chansons — beaucoup, comme moi, se réjouissaient pourtant de pouvoir enfin comprendre vraiment les paroles du groupe légendaire — comme si cela, au fond, n’avait guère d’importance alors que les concerts représentaient 80% de la projection et que cela ruinait l’habile articulation qu’avait imaginée Scorsese entre le quotidien et la scène.

C’est un point de vue argumenté et tout à fait respectable, mais il m’a surprise. Parce que personnellement, j’aime bien les Stones (sans passion cependant) et je n’ai jamais fait trop gaffe à leurs paroles, mais en tant que spectatrice de Shine a Light, je me fiche complètement qu’on me fournisse une traduction de leurs textes. Ça ne m’intéresse pas et je pense même que j’aurais trouvé ça gênant pour visionner le film (car oui, je fais partie de ces traducteurs-spectateurs qui n’arrivent pas à faire abstraction des sous-titres quand sous-titres il y a). Ce qui me plaît dans Shine a Light, c’est la magie, la puissance, la fièvre, l’impression d’immersion, la faculté qu’a la caméra de capter tel ou tel geste, les ravages du temps qui passe – mais faire l’exégèse traductologique de Start Me Up ou Brown Sugar ? Franchement, je m’en passe. En résumé, si je comprends la déception de Vincent Maraval, je comprends aussi le choix qui a été fait et à titre personnel, je m’y reconnais davantage dans le cas particulier de ce film. Histoire de subjectivité, donc.

Dans un autre genre, les chansons de Phantom of the Paradise (Brian De Palma, 1974) ne sont pas traduites dans les sous-titres de la sortie cinéma d’époque signés par un duo de traducteurs bien connu (Bernard Eisenschitz et Pierre Cottrell), ni dans les rééditions DVD et les ressorties en salles ultérieures. Interrogé à ce sujet, Bernard Eisenschitz me répond : « on ne s'est même pas posé la question, et je ne crois pas qu'on se la soit posée dans d'autres cas. En revanche, il allait de soi qu'on devait traduire les paroles dans le film fleuve de Bob Dylan, Renaldo et Clara. » Subjectivité encore.

Et puisqu’on a parlé des Stones, parlons d’un autre cas, toujours « tangent » et qui témoigne d'une approche différente : dans One + One/Sympathy for the Devil (1968), Godard filme entre autres choses la naissance de la chanson du même nom. Sur le DVD Carlotta, on trouve les sous-titres d’époque des époux Dutter, qui traduisent aussi le texte de ladite chanson :



(Pour être tout à fait honnête, je n’ai pas vu ce film en entier, seulement un assez long extrait projeté dans le cadre de l’exposition « Musique & cinéma » organisée par la Cité de la musique il y a quelques années ; il s’agissait des mêmes sous-titres, pour autant que je me souvienne.) Mais le cas de figure est un peu différent, n’est-il pas ? On nous montre ici un processus de création en train de se construire, normal donc que le texte de la chanson au cœur de la séquence ait été jugé suffisamment important pour être sous-titré.


L'abus de chansons sous-titrées nuit gravement à la santé


Reste le problème de l’excès de sous-titrage de chansons (on n'en parle pas assez). C’est un risque à envisager (oui, parlons de risques, nous vivons dangereusement), même dans un film musical. Bernard Eisenschitz me permet aimablement de le citer ici concernant un « cas » extrême de ce genre, je l'en remercie (le « on » désigne ici Robert Louit et lui-même) :

Quand la question [du sous-titrage des chansons] se posait, on en discutait avec les responsables techniques. Il n'y a jamais eu la moindre divergence, sauf un cas grotesque : De-Lovely d'Irwin Winkler, biopic de Cole Porter, qui passait je crois en ouverture de Cannes. Le sous-titrage était donc contrôlé depuis les Etats-Unis par la production. Ils ont commencé par nous prévenir qu'il n'était pas question que nous touchions des droits sur la traduction des chansons, puis nous nous sommes mis d'accord avec le très sympathique auteur du doublage pour utiliser le même texte (les trads existantes étant évidemment inutilisables, parce que beaucoup trop éloignées de l'original). Puis il y a eu des échanges à répétition de fax ou de mails où la production exigeait que tout soit traduit, absolument tout. Un de leurs représentants […] repérait les moindres secondes à l'intérieur d'un dialogue pour placer la traduction d'un vers. Le ou la directeur-trice technique côté français était aussi navré que nous, mais il fallait bien s'en moquer et faire ce qu'ils voulaient. Une fois passé à Cannes, je crois que rarement un film a été oublié aussi vite.


En résumé (provisoire) ? À l'exception de quelques cas où le sous-titrage paraît réellement incontournable sous peine de ne rien comprendre aux Parapluies de Cherbourg, il n'y a pas vraiment de règles, même pour les films musicaux. Les subjectivités de l'auteur des sous-titres, de son client et du spectateur ont donc de fortes chances d'entrer en conflit à un moment ou à un autre : ce que l'un trouvera utile paraîtra superflu à l'autre ; ce qui semblera à l'un surcharger bêtement une jolie séquence sera absolument essentiel aux yeux de l'autre. On en reparle ? Oh, allez oui. Les prochains billets seront moins longs, on parlera des numéros chantés dans les films non musicaux, des chansons à la radio, du statut de l'anglais et de l'inanité de certaines paroles une fois traduites. Hihi.


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